Dossier · Finances publiques

Le budget de l'Assemblée nationale, ligne par ligne

En 2025, l'Assemblée nationale a dépensé 629 261 450 € pour faire fonctionner la représentation nationale : 577 députés, leurs collaborateurs, 1 392 fonctionnaires et contractuels (effectifs 2024), un patrimoine immobilier au cœur de Paris. Voici d'où vient cet argent, où il va, et qui le contrôle.

607 650 000 €
Dotation votée en loi de finances pour 2025 – la recette principale
629 261 450 €
Dépenses réelles 2025 (fonctionnement + investissement)
9,2 €
Par habitant et par an, pour 68,4 millions d'habitants
Comptes certifiés par la Cour des comptes Données 2012 – 2025 Mise à jour : 30/07/2026 Jeu de données ouvert

Population de référence pour le coût par habitant : 68,4 millions d'habitants (INSEE, population de la France au 1er janvier 2025).

L'essentiel en cinq points
  • L'Assemblée ne lève pas d'impôt : elle vit d'une dotation votée dans le budget de l'État, 607 650 000 € en 2025, complétée par quelques ressources propres.
  • Cette dotation est restée gelée dix ans, de 2012 à 2021, avant d'augmenter de 17,3 % entre 2021 et 2024.
  • Les dépenses 2025 (629 261 450 €) dépassent la dotation de 21 611 450 € : l'écart est financé par les ressources propres et par un prélèvement sur les disponibilités de l'Assemblée.
  • Le premier poste n'est pas le train de vie mais la rémunération des personnes : indemnités des députés, crédits pour leurs collaborateurs, salaires des fonctionnaires.
  • L'indemnité d'un député est de 5 953,34 € net par mois. Les enveloppes de mandat, elles, ne sont pas un revenu.

L'explorateur : chercher un poste de dépense

Le budget de l'Assemblée est organisé comme une comptabilité publique classique : des titres (les grandes masses), découpés en chapitres, eux-mêmes découpés en articles. L'explorateur ci-dessous parcourt cette arborescence pour chaque exercice, avec le montant voté et le montant réellement dépensé. Le détail par chapitre et par article est disponible sur l'ensemble de la période pour les sections fonctionnement et recettes. Seule la section investissement voit son détail limité : ses composantes par chapitre et article ne couvrent que 2012 à 2017 ; à partir de 2019, seuls les totaux par titre d'investissement figurent dans les rapports des Questeurs.

Les grands postes de dépense et de recette en 2025

Chaque titre (ligne grisée) est déjà la somme de ses chapitres, listés en retrait juste en dessous : les lignes ne s'additionnent pas entre elles.
Code Libellé Section Budget voté Dépensé
79 DOTATION DE L'ÉTAT ressources 617 977 578 € 607 647 569 €
65 CHARGES PARLEMENTAIRES fonctionnement 351 207 652 € 345 867 106 €
653 CONTRIBUTIONS AUX FRAIS DE SECRÉTARIAT (chapitre du titre 65) 185 809 350 € 187 957 472 €
652 CHARGES SOCIALES (chapitre du titre 65) 79 406 670 € 77 839 151 €
651 INDEMNITÉS ET PRESTATIONS FAMILIALES (chapitre du titre 65) 53 827 432 € 53 495 470 €
658 AUTRES CHARGES LIÉES AU MANDAT (chapitre du titre 65) 18 844 500 € 15 052 269 €
654 DÉPLACEMENT DES DÉPUTÉS ET DES COLLABORATEURS (chapitre du titre 65) 7 798 500 € 7 593 292 €
656 CHARGES DE REPRÉSENTATION DE L'AN (chapitre du titre 65) 5 185 200 € 3 787 245 €
657 AUTRES ACTIVITÉS PARLEMENTAIRES (chapitre du titre 65) 186 000 € 87 541 €
655 OFFICES PARLEMENTAIRES (chapitre du titre 65) 150 000 € 54 665 €
64 CHARGES DE PERSONNEL fonctionnement 199 394 960 € 200 406 581 €
641 PERSONNEL STATUTAIRE (chapitre du titre 64) 93 008 363 € 91 831 205 €
645 CHARGES DE SÉCURITÉ SOCIALE ET DE PRÉVOYANCE (chapitre du titre 64) 72 248 269 € 72 443 732 €
642 PERSONNEL CONTRACTUEL (chapitre du titre 64) 29 815 028 € 32 314 541 €
643 PERSONNEL CONTRACTUEL DE LA PRÉSIDENCE (chapitre du titre 64) 1 348 750 € 1 263 981 €
648 AUTRES CHARGES DE PERSONNEL (chapitre du titre 64) 1 335 000 € 1 226 449 €
644 AUTRE PERSONNEL (chapitre du titre 64) 750 000 € 632 132 €
647 AUTRES CHARGES SOCIALES (chapitre du titre 64) 467 500 € 445 026 €
646 PRESTATIONS DIRECTES (chapitre du titre 64) 422 050 € 249 516 €
61 SERVICES EXTÉRIEURS fonctionnement 30 155 810 € 32 646 671 €
615 ENTRETIEN ET RÉPARATIONS COURANTES (chapitre du titre 61) 18 257 810 € 17 790 801 €
613 LOCATIONS (chapitre du titre 61) 5 792 000 € 8 153 835 €
618 SUBVENTIONS ET ASSIMILÉS (chapitre du titre 61) 2 810 000 € 3 276 146 €
617 ÉTUDES ET DOCUMENTATION (chapitre du titre 61) 2 041 000 € 2 102 655 €
611 BASES DE L'AN ET BASES EXTÉRIEURES (chapitre du titre 61) 730 000 € 792 893 €
616 PRIMES D'ASSURANCE (chapitre du titre 61) 525 000 € 530 340 €
28 SECTION D’INVESTISSEMENT investissement 37 139 278 € 29 670 761 €
62 AUTRES SERVICES EXTÉRIEURS fonctionnement 8 981 000 € 8 735 206 €
621 PERSONNEL EXTÉRIEUR À L'AN (chapitre du titre 62) 4 580 000 € 4 478 598 €
623 INFORMATIONS (chapitre du titre 62) 1 993 000 € 1 790 959 €
625 TRANSPORTS (chapitre du titre 62) 1 174 000 € 1 088 200 €
622 HONORAIRES (chapitre du titre 62) 465 000 € 686 429 €
626 FRAIS POSTAUX ET DE TÉLÉCOMMUNICATION (chapitre du titre 62) 328 000 € 301 449 €
624 IMPRESSIONS (chapitre du titre 62) 305 000 € 198 438 €
628 DIVERS (chapitre du titre 62) 130 000 € 188 199 €
629 RÉGIES DES DIRECTIONS DE L'AN (chapitre du titre 62) 6 000 € 2 934 €
60 ACHATS DE BIENS ET FOURNITURES fonctionnement 10 190 500 € 6 895 646 €
605 ACHATS DE FLUIDES (chapitre du titre 60) 6 820 000 € 3 875 092 €
604 ACHATS DE FOURNITURES (chapitre du titre 60) 1 373 500 € 1 128 085 €
601 ACHATS DE FOURNITURES D'ATELIERS (chapitre du titre 60) 973 000 € 1 099 486 €
602 ACHATS DE PETITS ÉQUIPEMENTS (chapitre du titre 60) 698 000 € 532 131 €
607 ACHATS DE MARCHANDISES (chapitre du titre 60) 326 000 € 260 852 €
75 AUTRES PRODUITS DE GESTION COURANTE ressources 1 674 800 € 5 253 169 €
755 REVERSEMENTS DU SÉNAT (chapitre du titre 75) 120 000 € 63 109 €
63 IMPÔTS, TAXES ET VERSEMENTS ASSIMILÉS fonctionnement 5 105 000 € 5 017 716 €
70 VENTES DE MARCHANDISES ET AUTRES PRODUITS ressources 358 000 € 280 586 €
708 AUTRES PRODUITS D'ACTIVITÉS ANNEXES (chapitre du titre 70) 210 000 € 202 568 €
707 VENTES DE MARCHANDISES (chapitre du titre 70) 148 000 € 78 018 €
77 PRODUITS EXCEPTIONNELS ressources 20 000 € 111 990 €
771 PRODUITS EXCEPTIONNELS SUR EXERCICE COURANT (chapitre du titre 77) 20 000 € 44 423 €
72 VENTES DE DOCUMENTS ET DE PUBLICATIONS ressources 80 000 € 70 610 €
722 VENTES DE PUBLICATIONS DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE (chapitre du titre 72) 50 000 € 40 711 €
721 VENTES DE DOCUMENTS PARLEMENTAIRES (chapitre du titre 72) 30 000 € 29 899 €
67 CHARGES EXCEPTIONNELLES fonctionnement 11 000 € 21 763 €
671 CHARGES EXCEPTIONNELLES SUR EXERCICES COURANTS (chapitre du titre 67) 11 000 € 21 763 €
674 AUTRES CHARGES EXCEPTIONNELLES SUR EXERCICES ANTÉRIEURS (chapitre du titre 67) 0 € 0 €
69 DÉPENSES IMPRÉVUES fonctionnement 1 000 000 € 0 €
699 DÉPENSES IMPRÉVUES (chapitre du titre 69) 1 000 000 € 0 €

Source : Rapport d'exécution des Questeurs, comptes 2025. La dotation apparaît trois fois avec trois montants proches : celui voté en loi de finances (607 650 000 €), celui inscrit au budget interne de l'Assemblée et celui constaté dans les comptes de l'exercice (ligne 79). Ces écarts tiennent aux conventions comptables propres à chacun de ces documents ; ils ne se cumulent pas.

Dix ans de gel, puis le dégel

De 2012 à 2021, la dotation de l'Assemblée nationale n'a pas bougé d'un euro : 517 890 000 € chaque année, dix exercices de suite. C'était un engagement politique tenu, régulièrement rappelé par les Questeurs successifs : l'institution s'appliquait à elle-même la rigueur qu'elle votait pour les autres. En euros constants, ce gel s'est traduit par une baisse continue des moyens réels, absorbée par des économies de fonctionnement et par un recours croissant aux réserves.

Le mouvement s'inverse à partir de 2022. La dotation passe à 552 490 000 €, puis 571 005 584 €, puis 607 650 000 € – un niveau reconduit en 2025. Soit une hausse de 17,3 % en trois ans, après une décennie d'immobilité. Plusieurs facteurs jouent dans le même sens sur cette période : l'inflation, qui renchérit l'énergie et les achats ; les revalorisations du point d'indice de la fonction publique, qui pèsent sur la masse salariale ; et le relèvement du crédit affecté aux collaborateurs parlementaires.

Dotation de l'État à l'Assemblée nationale, par exercice
ExerciceDotation
2012517 890 000 €
2013517 890 000 €
2014517 890 000 €
2015517 890 000 €
2016517 890 000 €
2017517 890 000 €
2018517 890 000 €
2019517 890 000 €
2020517 890 000 €
2021517 890 000 €
2022552 490 000 €
2023571 005 584 €
2024607 650 000 €
2025607 650 000 €

Dotation de l'État inscrite en loi de finances, exercices 2012 à 2025. La dotation votée pour 2018 est connue ; en revanche, les comptes de cet exercice ne figurent nulle part ailleurs dans cette page, le rapport correspondant étant inaccessible sur le site de l'Assemblée.

Ce que la dissolution de 2024 a coûté

Le 9 juin 2024, la dissolution de l'Assemblée nationale a déclenché une séquence budgétaire exceptionnelle. Une législature s'arrête au bout de deux ans, une campagne s'organise en trois semaines, une nouvelle Assemblée s'installe en juillet. Pour l'institution, la facture est double : les dépenses matérielles de l'élection et l'accompagnement financier des députés qui perdent leur mandat.

Le surcoût direct supporté par l'Assemblée au titre de la dissolution s'élève à 27,60 M€. S'y ajoute le crédit de fin de mandat, 28,58 M€ : cette aide, dégressive et plafonnée, est versée sous conditions de ressources aux anciens députés le temps qu'ils retrouvent une activité. Elle n'est pas un privilège discrétionnaire, mais elle constitue mécaniquement la principale dépense imprévue d'une année de dissolution.

27 600 000 €
Coût direct de la dissolution et des élections anticipées de 2024
28 580 000 €
Crédit de fin de mandat versé aux députés non réélus
9,2 %
Part de la dotation 2024 absorbée par ces deux postes

Source : Rapport d'exécution des Questeurs, comptes 2024.

La contractualisation silencieuse

Derrière les grandes masses budgétaires se joue une transformation discrète de l'administration de l'Assemblée. En 2020, elle employait 945 fonctionnaires statutaires pour 182 contractuels. En 2024, l'équilibre a basculé : 828 statutaires, mais 564 contractuels. Les personnels sous statut ont reculé de 117 postes en quatre ans, tandis que les contractuels étaient multipliés par plus de trois.

Mécaniquement, la part des contractuels dans les effectifs passe de 16,1 % à 40,5 %. Ce basculement s'est opéré par une succession de décisions de gestion plutôt que par une réforme affichée ; les départs non remplacés et le recours à des contrats pour des métiers en tension – informatique, communication, sécurité, accueil – y contribuent vraisemblablement. Il pose une question de fond pour une administration parlementaire dont l'indépendance repose historiquement sur le statut de ses agents.

Effectifs de l'Assemblée nationale par statut
ExerciceFonctionnaires statutairesAgents contractuels
2020945182
2024828564

Sources : Rapport d'exécution des Questeurs, comptes 2020 et Rapport d'exécution des Questeurs, comptes 2024.

L'immobilier, premier poste d'investissement

L'Assemblée est aussi un propriétaire immobilier : le Palais Bourbon, l'hôtel de Lassay, mais surtout un ensemble d'immeubles de bureaux acquis au fil des décennies dans le 7e arrondissement de Paris pour héberger les bureaux des députés, ceux de leurs collaborateurs et les services. Ce patrimoine, en partie classé, coûte cher à entretenir et impose des chantiers lourds de mise aux normes, de sécurité et de performance énergétique.

En 2024, la section d'investissement a consommé 31 759 889 €, dont 26 150 000 € pour l'immobilier et 5 010 000 € pour l'informatique. L'immobilier représente ainsi 82,3 % de l'effort d'investissement de l'institution – de loin le premier poste, même si le montant total varie d'un exercice à l'autre au gré du calendrier des chantiers. Trois d'entre eux concentrent l'essentiel des crédits ouverts : la restructuration de l'immeuble Colbert, la restauration de la Bibliothèque du Palais Bourbon et la réhabilitation de l'immeuble de Broglie.

1
Immeuble Colbert – 11,11 M€
Restructuration lourde du principal immeuble de bureaux, mise aux normes de sécurité et rénovation énergétique.
2
Bibliothèque – 4,96 M€
Restauration de la Bibliothèque du Palais Bourbon, décors classés compris, avec conservation des collections.
3
Immeuble de Broglie – 1,82 M€
Réhabilitation d'un bâtiment annexe accueillant des services et des bureaux de députés.
Σ
31 759 889 €
Section d'investissement 2024, dont immobilier (26,15 M€) et informatique (5,01 M€).

Montants des trois chantiers et totaux d'investissement : Rapport d'exécution des Questeurs, comptes 2024.

Un député, combien ça coûte – et combien ça gagne

C'est la question la plus posée, et la plus mal comprise. Il faut distinguer deux choses qui n'ont rien à voir : ce qu'un député gagne, c'est-à-dire son revenu personnel, et ce que son mandat coûte à l'institution, c'est-à-dire les moyens mis à sa disposition pour travailler. Confondre les deux revient à additionner le salaire d'un dirigeant de PME avec la masse salariale de ses employés et son loyer professionnel.

5 953,34 €
Indemnité nette par mois – le revenu personnel du député
7 637,39 €
Indemnité brute mensuelle, avant cotisations et prélèvements
7 238,04 €
Dotation de fonctionnement : des frais de mandat justifiés, pas un revenu
11 463 €
Crédit collaborateurs, versé aux salariés du député et non au député

L'indemnité parlementaire, seul véritable revenu, s'établit à 5 953,34 € net par mois, pour 7 637,39 € brut. Elle se décompose en une indemnité de base (5 931,95 €), une indemnité de résidence (177,96 €) et une indemnité de fonction (1 527,48 €). Elle est imposable et déclarée comme un salaire.

La confusion à éviter : la dotation de fonctionnement et le crédit collaborateurs ne sont pas des compléments de rémunération. La première couvre des dépenses de mandat soumises à justificatifs et au contrôle du déontologue ; le second est versé directement aux collaborateurs, sous forme de salaires et de charges. Les additionner à l'indemnité pour annoncer un revenu mirobolant est une erreur de lecture – la preuve fiscale est simple : seule l'indemnité est imposable.

Du point de vue de l'institution, en revanche, ces enveloppes sont bien des dépenses. Le crédit collaborateurs finance 2 130 collaborateurs parlementaires, pour une masse salariale d'environ 84 070 000 € par an. C'est ce que coûte le travail parlementaire au quotidien : préparer des amendements, instruire des dossiers, tenir une permanence, répondre aux administrés.

Ce montant ne se retrouve pas tel quel dans la table des grands postes : la ligne « Contributions aux frais de secrétariat », nettement plus élevée, recouvre un périmètre plus large que le seul crédit collaborateurs. Les documents publiés ne permettent pas d'en détailler la composition, et nous nous gardons de la reconstituer.

Jusqu'en 2017
Les frais de mandat sont couverts par l'IRFM, une indemnité représentative versée de façon forfaitaire et faiblement contrôlée.
2018 – 2025
L'IRFM est remplacée par l'avance de frais de mandat (AFM) : dépenses justifiées, contrôle du déontologue, restitution du reliquat.
Depuis le 1er janvier 2026
L'AFM et la dotation matérielle fusionnent dans la dotation de fonctionnement parlementaire (DFP), 7 238,04 € par mois, toujours soumise à justificatifs.

Pour le détail ligne à ligne de la feuille de paie d'un député, lire notre article « Combien gagne vraiment un député en 2026 ? ».

Source : Fiche de synthèse n°7, Assemblée nationale (janvier 2026).

Les caisses annexes : le budget dans le budget

Le budget général ne dit pas tout. L'Assemblée gère cinq organismes autonomes, dotés de leur propre comptabilité : deux caisses de retraite (celle des députés et celle du personnel), deux fonds de sécurité sociale, et le fonds d'assurance mutuelle des députés en fin de mandat. Ces caisses sont alimentées par des cotisations et par une subvention d'équilibre versée par l'Assemblée : elles n'apparaissent donc pas comme des lignes de dépense ordinaires, mais elles engagent des montants considérables.

En 2024, les deux caisses de retraite affichent des comptes à l'équilibre exact – conséquence directe du mécanisme de subvention d'équilibre, qui ajuste chaque année la contribution de l'institution au niveau nécessaire. Les fonds de sécurité sociale, en revanche, présentent des charges supérieures à leurs produits, un déficit couvert par leurs réserves.

Caisse ou fonds Produits Charges Solde
Caisse de pensions des anciens députés 76 563 522 € 76 563 522 € 0 €
Caisse de retraite du personnel 63 564 884 € 63 564 884 € 0 €
Fonds de sécurité sociale du personnel 14 566 577 € 15 392 308 € −825 731 €
Fonds de sécurité sociale des députés 13 173 034 € 13 736 707 € −563 673 €
Fonds d'assurance mutuelle des députés en fin de mandat 4 049 401 € 4 089 093 € −39 692 €

Source : Rapport d'exécution des Questeurs, comptes 2024, annexes relatives aux organismes gérés par l'Assemblée nationale.

Assemblée nationale et Sénat : la comparaison honnête

« L'Assemblée coûte plus cher que le Sénat » : la comparaison brute est exacte, mais elle n'a d'intérêt qu'une fois rapportée au nombre de parlementaires. En 2024, l'Assemblée a reçu une dotation de 607 650 000 € pour 577 sièges ; le Sénat, 353 470 000 € pour 348 sièges. Le Sénat compte 39,7 % de sièges de moins et reçoit 41,8 % de dotation de moins : les deux ordres de grandeur se répondent presque exactement.

Dotation et nombre de sièges des deux chambres en 2024
ChambreDotationSiègesDotation par siège
Assemblée nationale607 650 000 €5771 053 120 €
Sénat353 470 000 €3481 015 718 €
1 053 120 €
Dotation par siège à l'Assemblée nationale, 2024
1 015 718 €
Dotation par siège au Sénat, 2024
96,4 %
Coût d'un siège de sénateur rapporté à celui d'un siège de député

Rapporté au siège, l'écart s'efface donc presque : 1 053 120 € par député, 1 015 718 € par sénateur – un siège de sénateur revient à 96,4 % du coût d'un siège de député. La différence de coût global entre les deux chambres tient donc d'abord à leur taille, pas à un train de vie qui serait propre à l'une d'elles.

Cet écart résiduel doit se lire avec prudence : les périmètres ne sont pas strictement comparables. Le Sénat porte la charge d'un patrimoine ouvert au public – le palais et le jardin du Luxembourg – et se renouvelle par moitié tous les trois ans ; l'Assemblée, elle, a supporté en 2024 le coût d'une dissolution et d'élections anticipées. Les dépenses réelles du Sénat en 2024 se sont élevées à 357 230 000 €, contre 635 347 446 € à l'Assemblée la même année.

Source : Comptes du Sénat 2024 (rapport r24-603).

Qui contrôle ce budget

L'autonomie financière des assemblées est une garantie de la séparation des pouvoirs : le gouvernement ne peut pas asphyxier le Parlement en lui coupant les vivres, et aucune administration de Bercy ne vérifie les dépenses de l'Assemblée. Cette autonomie ne signifie pas l'absence de contrôle : elle en organise un, interne puis externe, en trois étages.

1
Le collège des Questeurs
Trois députés élus, dont un d'opposition par tradition, exécutent le budget, signent les marchés et rendent compte de la gestion dans un rapport annuel.
2
La commission spéciale d'apurement
Composée de députés, elle vérifie et arrête les comptes de l'exercice écoulé – le contrôle des élus sur leur propre institution.
3
La Cour des comptes
Elle certifie chaque année les états financiers de l'Assemblée et publie son acte de certification : un regard extérieur et public sur leur régularité et leur sincérité.

C'est cette architecture qui rend possible une page comme celle-ci. Les montants publiés ne sont ni des estimations ni des fuites : ce sont des comptes arrêtés, contrôlés par des députés et certifiés par un juge financier, puis publiés. Le débat sur le coût de la démocratie peut ainsi se tenir sur des chiffres partagés.

Actes de certification : Cour des comptes, certification des comptes de l'Assemblée nationale.

Méthode et limites

Ce que cette page peut dire, et ce qu'elle ne peut pas dire.
  • Le détail par chapitre et par article est complet pour les sections fonctionnement et recettes sur toute la période 2012–2025. Seule la section investissement connaît une limitation : les années 2012 à 2017 sont détaillées par chapitre et article, mais à partir de 2019, seuls les totaux par titre d'investissement figurent dans les rapports des Questeurs.
  • Les ressources de 2025 ne sont détaillées que partiellement dans le document source ; les postes de recette autres que la dotation sont donc incomplets.
  • L'exercice 2018 est absent : le rapport du collège des Questeurs est inaccessible sur le site de l'Assemblée nationale (boucle de redirection côté serveur). Aucune donnée n'a été reconstituée par estimation.
  • La dotation apparaît sous trois montants proches selon le document : loi de finances, budget interne de l'Assemblée, comptes de l'exercice. Il s'agit de conventions comptables différentes portant sur la même ressource, pas de trois recettes distinctes.
  • Les montants sont repris tels que publiés, sans retraitement ni actualisation en euros constants. Les écarts d'arrondi entre un total et la somme de ses composantes proviennent des documents sources.

Tous les documents sources

Données du Sénat : Comptes du Sénat 2024 (rapport r24-603). Situation matérielle du député : Fiche de synthèse n°7, Assemblée nationale (janvier 2026). Jeu de données complet réutilisable : /api/budget-an.

Questions fréquentes

Quel est le budget de l'Assemblée nationale ?

L'Assemblée nationale a reçu une dotation de l'État de 607 650 000 € en 2025 et dépensé 629 261 450 € au total, fonctionnement et investissement réunis. Rapporté à la population, cela représente environ 9,2 € par habitant et par an.

Combien gagne un député ?

Son revenu personnel est l'indemnité parlementaire : 5 953,34 € net par mois, pour 7 637,39 € brut. La dotation de fonctionnement (7 238,04 € par mois) et le crédit collaborateurs (11 463 € par mois) n'en font pas partie : ce sont des moyens du mandat, justifiés et contrôlés.

Qui contrôle les comptes de l'Assemblée ?

Trois niveaux : le collège des Questeurs exécute le budget et en rend compte, une commission spéciale de députés apure les comptes, et la Cour des comptes certifie chaque année les états financiers.

Qu'a coûté la dissolution de 2024 ?

Le surcoût direct supporté par l'Assemblée s'élève à 27,60 M€. S'y ajoute un crédit de fin de mandat de 28,58 M€ versé, sous conditions de ressources, aux députés non réélus.

L'Assemblée coûte-t-elle plus cher que le Sénat ?

En valeur absolue, oui : 607 650 000 € de dotation en 2024 contre 353 470 000 € pour le Sénat. Rapporté au nombre de sièges, l'écart s'efface presque : 1 053 120 € par député contre 1 015 718 € par sénateur, soit 96,4 % du coût d'un siège de député.

D'où viennent ces chiffres ?

Des données budgétaires ouvertes de l'Assemblée nationale pour 2012 à 2017 et des rapports d'exécution du collège des Questeurs pour les exercices suivants, tous listés plus haut. L'exercice 2018 manque, le rapport correspondant étant inaccessible sur le site de l'Assemblée. Le jeu de données est réutilisable librement via l'adresse /api/budget-an.

Page mise à jour le 30/07/2026. Pour suivre l'activité de votre élu, consultez sa fiche sur la liste des députés ou celle des sénateurs.