- Sénateur RDPI (Renaissance) de la Côte-d'Or depuis 2008, réélu en 2014 et 2020. Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois — 83 ans. Vice-doyen du Sénat.
- Docteur vétérinaire diplômé de l'ENVA en 1968. Une carrière de terrain — les bêtes avant les tribunes — avant d'adhérer au Parti socialiste en 1974.
- Quinze ans à l'Assemblée nationale (1981–2000) puis la présidence du Conseil régional de Bourgogne (2004–2015) avant de rejoindre le Sénat. Trois mandats, deux chambres, une région.
- Présent le 6 avril 2016 à Amiens le jour de la fondation d'En Marche — parmi les tout premiers élus à prendre le risque Macron. En 2017, il fédère les sénateurs ralliés et crée le groupe RDPI, dont il est président depuis l'origine.
- Membre de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport. 839 amendements déposés depuis 2017, dont 261 adoptés (31 %).
- Le 23 juin 2026, il annonce qu'il ne se représentera pas aux sénatoriales du 27 septembre. Fin de 33 ans de mandat parlementaire. Son successeur potentiel à la tête du groupe : Xavier Iacovelli ou Jean-Baptiste Lemoyne.
Trente-trois ans de Parlement. Le 23 juin 2026, François Patriat a mis un point final à l'une des plus longues fidélités de la vie politique française : après quinze ans à l'Assemblée nationale, onze ans à la tête du Conseil régional de Bourgogne et dix-huit ans au Sénat, le sénateur de la Côte-d'Or a annoncé qu'il ne briguerait pas un quatrième mandat lors des élections sénatoriales du 27 septembre prochain. À 83 ans, il est le vice-doyen de la Haute assemblée. En partant, il laisse vacant non seulement son siège, mais la présidence du groupe RDPI — cette structure qu'il a lui-même montée de toutes pièces en 2017, neuf mois après avoir pris le pari Macron dans une cathédrale d'Amiens. C'est cette trajectoire-là que les données éclairent.
L'architecte du Sénat macroniste
La biographie politique de Patriat est celle d'un homme qui a su changer de camp au bon moment — et qui s'en est ensuite rendu indispensable. Ancien socialiste, élu à l'Assemblée nationale dès 1981, il cultive pendant quinze ans un profil de militant de terrain en Côte-d'Or, avant de prendre la tête de la région Bourgogne en 2004. C'est là qu'il rencontre Emmanuel Macron, alors haut fonctionnaire de la direction du Trésor.
Le pari d'Amiens, le 6 avril 2016, est risqué pour un élu de son âge et de son enracinement. En Marche n'est alors qu'une idée et Macron n'a pas encore annoncé sa candidature. Patriat rallie quand même, convainc d'autres sénateurs, et dès les élections de 2017, monte le groupe RDPI — Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants — pour accueillir les sénateurs proches de la nouvelle majorité. Il en prend la présidence, qu'il occupera sans interruption jusqu'à son départ en septembre 2026.
Son rôle n'est pas celui d'un législateur de premier plan mais d'un stratège de coalition : maintenir la cohésion d'un groupe composite, négocier les textes avec la majorité sénatoriale de droite, porter la parole du gouvernement dans la Haute assemblée quand les ministres ne peuvent pas s'y rendre. C'est ce mandat discret que ses statistiques d'activité reflètent.
« Entre la rigueur aveugle et la démagogie complaisante, il existe un chemin : celui de la responsabilité éclairée. La parole de la France ne se marchande pas. Elle ne se négocie pas. Elle ne se brade pas. »
Question au gouvernement, Sénat, 30 octobre 2025 — sur le budget 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses thèmes à la tribune
Comme président de groupe, Patriat ne dépose pas de questions à titre individuel : il prend la parole au nom du RDPI lors des questions au gouvernement. Ses six interventions enregistrées depuis 2023 couvrent des sujets différents à chaque fois — une façon de montrer que le groupe suit l'actualité nationale sur tous les fronts plutôt que de creuser une niche.
De la Bourgogne au monde
Vétérinaire de formation et élu rural pendant vingt ans, Patriat n'a jamais perdu le fil de l'ancrage territorial. Sa question au gouvernement de février 2024 sur la crise agricole est emblématique de ce double registre : il y cite l'hyperadministration et les surtranspositions réglementaires — le vocabulaire du terrain — avant d'appeler à une réponse politique nationale. Il revendique cinquante années de présence au Salon de l'Agriculture, un record qu'aucun autre sénateur ne revendique publiquement.
Sur le plan législatif, ses amendements au budget 2026 (dix-neuf en séance) et à la loi sur la lutte contre la vie chère dans les outre-mer illustrent deux priorités : le cadrage macroéconomique — fidèle au gouvernement — et la protection du pouvoir d'achat des territoires ultramarins. Ses deux amendements sur les droits voisins des éditeurs et agences de presse, texte adopté en 2025, défendent le modèle économique de la presse française face aux grandes plateformes numériques.
« Les États-Unis sont-ils toujours nos alliés ? Pendant que la loi du plus fort tente de s'imposer, notre continent fait face à une menace existentielle. Alors que l'Europe se doit de garantir la paix à ses frontières, elle peine, aujourd'hui, à exister dans la résolution de la guerre. »
Question au gouvernement, Sénat, 20 février 2025 — sur la situation internationale et le désengagement américain en Ukraine. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Les données de vote de Patriat disent l'essentiel de son rôle au Sénat : il ne diverge presque jamais. Sur 882 votes communs avec la majorité du groupe RDPI, il s'est aligné 878 fois — soit un taux de loyauté de 99,5 %. Les 4 votes divergents ne révèlent aucune ligne de rupture identifiable.
Sa participation aux votes est tout aussi remarquable : 882 votes sur 889 scrutins enregistrés, soit un taux de 99,2 % — 2,8 points au-dessus de la médiane sénatoriale (96,4 %). Il figure au 124e rang sur 372 sénateurs actifs. À 83 ans, l'assiduité reste totale.
Sur les sanctions : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
« Le mécontentement du monde agricole vient de loin. Les causes en sont multiples : le niveau des charges bien entendu, mais aussi les revenus, l'hyperadministration, les surtranspositions. C'est une profonde incompréhension entre l'État et le terrain. »
Question au gouvernement, Sénat, 29 février 2024 — sur la crise agricole française. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, scrutins : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de François Patriat sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.