- Sénateur écologiste de l'Isère depuis le 24 septembre 2017, réélu en 2023 — son mandat court jusqu'en 2029. Né le 11 mars 1971 à Tours, 55 ans.
- Architecte de profession, diplômé de l'école d'architecture de Grenoble en 1997, installé depuis l'enfance au Percy, village du Trièves, au pied du Vercors.
- Maire du Percy de 2008 à 2017, il quitte la mairie en entrant au Sénat.
- Président du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires depuis le 29 septembre 2020, élu face à Esther Benbassa.
- Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
- Le 10 juillet 2026, il annonce qu'il quittera la présidence du groupe à la rentrée, après le renouvellement sénatorial du 27 septembre — qui ne concerne pas son siège.
« Je pars sur un record. J'ai été le président d'un groupe écologiste du Parlement français avec la plus grande longévité. » C'est par ces mots que Guillaume Gontard a annoncé, vendredi 10 juillet à Public Sénat, qu'il passerait la main à la rentrée, après six années à la tête du groupe écologiste du Sénat. Son siège de sénateur de l'Isère n'est pas en jeu au renouvellement du 27 septembre : c'est un choix. « J'ai le sentiment d'avoir accompli ma tâche », dit-il, en souhaitant qu'une femme lui succède. L'occasion de dresser le portrait en données de cet architecte de métier, maire de village devenu patron de groupe parlementaire.
« On a pu instaurer une parole écologiste qui compte au sein du Sénat »
Entretien à Public Sénat annonçant son départ de la présidence du groupe, 10 juillet 2026.
Six ans à faire exister un groupe de 16 sénateurs
Le fait d'armes de Guillaume Gontard n'est pas une loi qui porte son nom : c'est un groupe. Élu en 2017 sur une liste d'union de la gauche, il siège d'abord chez les communistes du CRCE, faute d'élus écologistes en nombre suffisant. En 2020, le renouvellement sénatorial permet de reconstituer un groupe écologiste — douze membres à l'époque — et Gontard en prend la présidence à l'issue d'un vote serré face à la sénatrice de Paris Esther Benbassa. Le groupe, rebaptisé « Écologiste – Solidarité et Territoires », compte aujourd'hui 16 sénateurs, et devrait survivre au renouvellement de septembre.
Dans une chambre dominée par la droite, l'influence d'un petit groupe d'opposition passe par des outils bien précis. Le « droit de tirage », d'abord, qui permet d'obtenir une commission d'enquête par an : sous sa présidence, le groupe l'a utilisé pour la rénovation énergétique des bâtiments — dont Gontard fut lui-même le rapporteur, avec 174 personnes auditionnées et un rapport remis en juillet 2023 —, puis pour TotalEnergies et les marges de la grande distribution. La tribune des questions d'actualité, ensuite, qu'il occupe treize fois. Et l'initiative transpartisane : c'est une sénatrice de son groupe, Mélanie Vogel, qui a déposé en 2022 la proposition de loi constitutionnelle sur l'IVG, aboutie en mars 2024 avec l'inscription de la liberté d'y recourir dans la Constitution. Il a aussi géré la crise la plus rude de l'histoire courte du groupe : l'exclusion d'Esther Benbassa, en 2021, après des accusations de harcèlement moral envers ses collaborateurs.
Son profil thématique surprend au premier regard : ce n'est pas l'environnement qui domine, mais le bloc travail, emploi et social — près d'un quart de son activité. L'effet est en partie mécanique : un président de groupe cosigne massivement les textes de ses collègues, et le spectre reflète autant la ligne « Solidarité et Territoires » du groupe que ses combats personnels. Ses dernières questions écrites en témoignent : salaires des fonctionnaires, matériel des apprentis, inspection du travail, accidents du travail.
L'élu du Trièves, de la montagne aux déserts médicaux
L'ancrage, chez Gontard, n'est pas un élément de langage. Il vit au Percy, village du Trièves dont il a été maire pendant neuf ans, et une partie de son activité récente se lit comme une carte de l'Isère rurale. Le 6 juillet, quand le Sénat examine la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine » venue de l'Assemblée, il dépose 16 amendements. Il conduit en parallèle une mission de contrôle sur la différenciation des lois littoral et montagne. Et ses questions écrites du printemps égrènent les dossiers du département : les déserts médicaux qui s'étendent en Isère, le chauffage des logements sociaux occupés par des personnes handicapées, la prévention des noyades de jeunes enfants.
« Le département de l'Isère est particulièrement exposé à ce phénomène qui compromet gravement l'efficacité du droit à la santé. »
Question écrite du 18 juin 2026 sur la multiplication des déserts médicaux en Isère. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Sur 872 votes où sa voix peut être comparée à celle de son groupe, Guillaume Gontard s'est aligné 871 fois sur la position majoritaire — un taux de loyauté de 99,9 %, un seul vote divergent en neuf ans. Le chiffre dit moins une obéissance qu'une évidence : président de groupe pendant six de ces neuf années, c'est lui qui contribuait à fixer la ligne.
Côté présence, il a pris part à 872 des 904 scrutins publics organisés depuis son arrivée, soit 96,5 % de participation. Une curiosité statistique : ce taux est très exactement la valeur médiane des 372 sénateurs de notre base — Gontard est, au sens propre, le sénateur médian, 182e sur 372. Sur les 90 derniers jours, sa participation monte à 99 %. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Jusqu'à ses dernières semaines de présidence, il aura occupé le terrain climatique — le 2 juillet, en pleine vague de chaleur, il interpellait le gouvernement en séance sur sa « gestion de la canicule » et déposait une question écrite sur l'état du bâti scolaire.
« Météo-France rappelle que ces vagues de chaleur sont désormais plus fréquentes, plus précoces et plus intenses. 845 établissements scolaires ont donc dû fermer totalement ou partiellement. »
Question écrite du 2 juillet 2026 sur les conditions d'enseignement durant les canicules. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Guillaume Gontard sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.