- Députée Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) de la 2e circonscription de La Réunion depuis septembre 2020, réélue en juillet 2024. Née au Port (Réunion) le 9 juin 1985 — 40 ans.
- Parcours atypique : étudiante en arts du spectacle à la Sorbonne Nouvelle, comédienne sur France Ô (série Cut!), puis professeure des écoles à son retour à La Réunion.
- Entrée en politique en 2015 via l'Union des Femmes Réunionnaises ; élue conseillère municipale de Saint-Paul en 2020 avec délégation à la petite enfance, à la parentalité et aux droits des femmes.
- Membre de la commission des affaires sociales. Siège au GDR depuis qu'elle a rejoint le groupe communiste et progressiste en remplacement d'Huguette Bello, démissionnaire pour prendre la présidence du Conseil régional.
- Figure centrale du combat pour la reconnaissance des « enfants de la Creuse » : 2 015 mineurs réunionnais arrachés à leur île et transplantés en France hexagonale entre 1962 et 1984.
- Sa proposition de loi a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en janvier 2026, puis par le Sénat le 16 juin 2026 — une loi historique, après vingt-cinq ans de combat associatif.
Mardi 16 juin 2026, la salle des séances du Sénat était inhabituelle : une centaine de vieillards et d'adultes d'âge mûr, venus de La Réunion ou de métropole, observaient depuis les tribunes les sénateurs adopter à l'unanimité la loi portant réparation des préjudices causés par la transplantation de mineurs réunionnais en France hexagonale de 1962 à 1984. L'Assemblée nationale avait voté le même texte en janvier, elle aussi sans une voix contre. Pour Karine Lebon, la députée GDR de Saint-Paul qui portait ce texte depuis le début de la législature, c'est l'aboutissement d'un engagement qui remonte bien avant son élection. L'occasion de dresser le portrait, en données, d'une élue que l'hémicycle retient moins pour ses discours que pour ses amendements.
La loi des 2 000, un combat de vingt-cinq ans
Entre 1962 et 1984, l'État français a organisé le transfert de 2 015 mineurs réunionnais vers des départements ruraux de métropole — la Creuse en premier lieu — officiellement pour « équilibrer » la démographie d'une île dont la population avait doublé en trente ans. Ces enfants, souvent séparés de leurs familles sans consentement, ont grandi loin de leur île, dans des conditions que plusieurs d'entre eux ont qualifiées de maltraitance. Une résolution de réparation avait été adoptée par le Parlement en 2014, mais sans effet contraignant ni indemnisation.
Karine Lebon a déposé sa proposition de loi portant réparation des préjudices dès 2022. Le texte crée une commission mémorielle nationale, institue une journée nationale de recueillement le 18 février et ouvre un droit à une allocation forfaitaire financée par un fonds d'État. L'Assemblée l'a votée à l'unanimité en janvier 2026. Le Sénat a fait de même le 16 juin.
Un deuxième texte complémentaire, un rapport sur les manquements du CNARM — le comité censé accompagner les Réunionnais en mobilité —, a été adopté en commission.
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L'Outre-mer comme boussole, le budget comme terrain de jeu
Avec 17 de ses 35 questions écrites consacrées à l'outre-mer, Karine Lebon ne perd jamais de vue sa circonscription. Elle interpelle le gouvernement sur le sous-financement de la ligne budgétaire unique du logement social à La Réunion (mai 2026), les épidémies de chikungunya et de mpox, les airbags Takata dont des modèles défectueux circulent encore sur l'île, ou encore le taux de TVA réduit sur la téléphonie.
Ses 4 840 amendements signés — un chiffre impressionnant qui la place parmi les dix plus actives en la matière — se concentrent d'abord sur les textes budgétaires : 85 amendements sur le PLFSS 2025, 84 sur celui de 2026, 72 sur le PLF 2025. Sa ligne : défense du financement des services publics ultramarins, des droits sociaux et de la protection des soignants. Elle a aussi déposé 90 amendements sur le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie — qui a finalement été rejeté.
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Discipline de groupe, présence contrainte
Sur les 1 182 scrutins où elle a exprimé un vote, Karine Lebon a voté 97,5 % du temps en accord avec la majorité du groupe GDR — une cohésion quasi totale, l'une des plus élevées de l'Assemblée. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure dans nos données.
Le revers : sa participation aux scrutins publics. Avec 15,9 % des 7 418 scrutins de la législature, elle se situe nettement sous la médiane des députés (24,1 %) — 440 de ses 602 collègues font mieux. Une donnée à lire avec le contexte géographique : La Réunion est à 9 650 kilomètres de Paris, et les élus ultramarins font régulièrement le choix de rester dans leur circonscription pour des raisons locales urgentes. Cela ne suffit pas à tout expliquer, mais cela relativise la comparaison.
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Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Karine Lebon sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.