Lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole
Proposée par Peio Dufau (SOC)
L'essentiel
Cette proposition de loi vise à freiner la disparition des terres agricoles et à renforcer la régulation des prix du foncier agricole, un sujet lié à l'accès au foncier pour les agriculteurs et à la transmission des exploitations. Le texte, composé notamment de quatre articles, a été examiné en première lecture à l'Assemblée nationale le 10 mars 2025.
Lors de cette séance, les articles ont été adoptés largement : l'article premier par 218 voix contre 1, l'article 2 par 183 voix contre 11, l'article 3 par 202 voix contre 2 et l'article 4 par 203 voix contre 3. Plusieurs amendements ont en revanche été rejetés, comme celui de Mme Grangier à l'article 3 (65 voix pour, 135 contre) ou celui de Mme Rouaux après l'article premier (100 voix pour, 113 contre). L'ensemble de la proposition de loi a été adopté par 203 voix pour, 3 contre et 4 abstentions. Le texte poursuit désormais son parcours parlementaire.
Qui a voté pour ou contre « Lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole » ?
L'Assemblée nationale a adopté le texte le 10 mars 2025 par 203 voix pour, 3 contre et 4 abstentions.
Ont majoritairement voté pour : RN, SOC, LFI-NFP, EPR, ECOS, HOR, DEM, DR, LIOT, UDDPLR, NI, NI.
Le détail du scrutin et les positions individuelles ↗Les rapports parlementaires sur ce texte
- Lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole Rapport législatif · 05/03/2025 texte disponible
À lire sur ce texte
Le parcours de la loi
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Assemblée nationale première lecturel'ensemble de la proposition de loi visant à lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole (première lecture).Adopté 203 pour · 4 abs · 3 contre · 2 non-votantsChargement du détail des votes…
Diagramme établi sur la composition actuelle de l'assemblée — les totaux officiels incluent les parlementaires remplacés depuis.
Répartition des amendements
Par statutAmendements (2)
Exposé des motifs
Amendement de repli.
Cet amendement rapport vise évaluer l'opportunité de renforcer le droit de préemption des Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural (SAFER) en l’adaptant aux nouvelles stratégies d’acquisition du foncier agricole par le biais de cessions partielles de parts sociales. Actuellement, la SAFER ne peut exercer son droit de préemption qu’en cas de cession totale des parts ou actions d’une société ayant pour objet principal l’exploitation ou la propriété agricole. Cette situation permet de contourner le dispositif de régulation en fragmentant les cessions, ce qui aboutit, de fait, à des transferts de contrôle du foncier agricole sans intervention de la SAFER.
Afin de pallier cette faille, il semblerait pertinent d'élargir le champ du droit de préemption en permettant à la SAFER d’intervenir non seulement en cas d’aliénation totale, mais aussi partielle des parts ou actions d’une société agricole. Ainsi, la SAFER pourrait exercer son droit de préemption dès lors que la cession a pour objet l’installation d’un agriculteur ou lorsqu’elle conduit à une concentration excessive du foncier agricole au-delà du seuil d’agrandissement significatif fixé par arrêté préfectoral.
Il conviendrait d'accompagner cet élargissement du champ du droit de préemption en introduisant une nouvelle garantie contre le contournement du droit de préemption en permettant à la SAFER d’intervenir également en cas de cumul d’opérations sur une période de 24 mois. Cela permettrait de capturer les stratégies de concentration foncière progressives qui ne franchissent pas immédiatement le seuil de contrôle, mais qui, par accumulation, aboutissent à une concentration excessive du foncier agricole.
Un tel dispositif empêcherait ainsi la spéculation foncière déguisée et le détournement des règles de régulation. Il garantirait une transparence accrue du marché foncier agricole en permettant à la SAFER d’intervenir efficacement face aux stratégies d’accumulation dissimulée de terres. Il contribuerait également à préserver l’équilibre du foncier agricole, en limitant la concentration excessive au profit de quelques acteurs et en favorisant l’installation et la consolidation d’exploitations agricoles viables.
C'est pourquoi cet amendement souhaite que le Gouvernement envisage pareille évolution du droit qui permettrait de s'inscrire dans la continuité des objectifs poursuivis par le législateur en matière de régulation du marché foncier agricole, ainsi que d'assurer que l’accès au foncier demeure encadré de manière équitable et conforme à l’intérêt général, tout en consolidant le rôle des SAFER dans la préservation du foncier agricole et le soutien à l’installation des agriculteurs.
Dispositif
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant l’opportunité d’élargir le droit de préemption des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural aux cessions partielles des parts ou actions d’une société ayant pour objet principal l’exploitation ou la propriété agricole.