Suspendre le regroupement familial et la réunification familiale des étrangers bénéficiaires de la protection subsidiaire
Amendements (5)
Art. APRÈS ART. 2
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
La présente proposition de loi vise à suspendre le regroupement familial pour une catégorie spécifique de bénéficiaires de la protection internationale, à savoir les personnes bénéficiant de la protection subsidiaire.
Toutefois, l’impact réel de cette mesure sur les flux globaux de regroupement familial n’est, à ce stade, ni objectivé ni mis en perspective.
En effet, en l’absence de données consolidées sur la part que représentent ces bénéficiaires dans l’ensemble des procédures, il demeure difficile d’apprécier la portée effective de la mesure proposée au regard des objectifs poursuivis en matière de maîtrise des flux migratoires.
Dès lors, le risque est celui d’un décalage entre l’effet attendu de la mesure et son impact réel, en ciblant un segment dont la contribution aux volumes globaux pourrait s’avérer limitée.
Le présent amendement vise ainsi à objectiver la place réelle des bénéficiaires de la protection subsidiaire dans les dispositifs de regroupement et de réunification familiale, ainsi que l’effet concret de leur exclusion, afin d’éclairer utilement le Parlement.
Il s’inscrit dans une démarche de sincérité et d’efficacité de l’action publique, consistant à fonder les choix législatifs sur une appréciation précise des ordres de grandeur et des leviers réellement opérants.
Dispositif
Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport évaluant l’impact de la suspension du regroupement familial et de la réunification familiale pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire sur le nombre total de bénéficiaires du regroupement familial en France.
Ce rapport précise notamment la part que représentent les bénéficiaires de la protection subsidiaire dans l’ensemble des procédures de regroupement familial et de réunification familiale, ainsi que l’effet attendu de la présente loi sur les volumes globaux.
Art. APRÈS ART. 2
• 22/06/2026
EN_TRAITEMENT
Exposé des motifs
La présente proposition de loi repose en partie sur l’idée selon laquelle le bénéfice de la protection subsidiaire pourrait constituer un facteur d’attractivité ou d’appel d’air.
Or, l’octroi de cette protection est strictement encadré par le droit et maîtrisé par l'État. Il repose sur des critères précis, définis au niveau européen, et fait l’objet d’un examen individuel approfondi par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, le cas échéant sous le contrôle de la Cour nationale du droit d’asile.
Si des données statistiques sont d’ores et déjà publiées par l’OFPRA, celles-ci ne permettent pas, à elles seules, d’apprécier de manière globale et qualitative le degré de rigueur des conditions d’octroi de la protection subsidiaire, ni de répondre pleinement aux interprétations qui en sont faites dans le débat public.
Dans ce contexte, le présent amendement vise à objectiver le fonctionnement réel de la protection subsidiaire, en mettant en lumière les critères, les procédures et les contrôles qui en assurent la rigueur.
Il s’agit ainsi de rappeler que la France dispose déjà des outils juridiques et administratifs lui permettant de maîtriser l’octroi de cette protection, et que le débat public doit pouvoir s’appuyer sur des éléments étayés plutôt que sur des perceptions inexactes.
Dispositif
Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport détaillant les conditions d’octroi de la protection subsidiaire en France.
Ce rapport précise notamment les critères juridiques applicables, les modalités d’examen individuel des demandes par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides et, le cas échéant, par la Cour nationale du droit d’asile, ainsi que les taux d’accord et de rejet.
Il analyse également les garanties entourant l’instruction des demandes et les voies de recours existantes, afin d’apprécier le degré de rigueur et de contrôle du dispositif.
Art. ART. 2
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Le présent article tire les conséquences de la restriction introduite à l’article 1er.
Toutefois, dans la mesure où cette restriction repose sur un ciblage dont l’impact réel sur les flux migratoires n’est pas établi, ses modalités d’application apparaissent elles-mêmes peu utiles.
En déclinant une mesure dont l’efficacité et la cohérence sont incertaines, le présent article participe d’une logique d’affichage, sans apporter de réponse concrète aux enjeux migratoires.
Plus largement, cette approche ciblée ne permet pas de traiter ces enjeux de manière globale et efficace.
Il convient dès lors de supprimer cet article.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. PREMIER
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Le présent article vise à suspendre le regroupement familial pour les personnes bénéficiant de la protection subsidiaire.
Si l’objectif de maîtrise des flux migratoires est pleinement légitime, le dispositif proposé repose sur un ciblage partiel dont la portée réelle interroge.
En se concentrant sur une catégorie spécifique de bénéficiaires de la protection internationale, le texte donne l’apparence d’une action déterminée, sans que son impact sur les flux globaux soit démontré. Une telle approche, fragmentée et symbolique, relève davantage d’une logique d’affichage que d’une politique migratoire réellement efficace.
Ce choix de ciblage soulève en outre une difficulté de cohérence. Il distingue entre des publics placés dans des situations de vulnérabilité comparables, sans lien direct avec l’objectif poursuivi, et conduit à fragiliser inutilement le droit à une vie familiale normale.
À l’inverse, la maîtrise des flux migratoires suppose une approche globale, pragmatique et lisible. Elle implique d’assumer des choix structurants, notamment en matière d’immigration de travail, d’intégration et de pilotage des entrées, à l’image des modèles fondés sur des critères objectifs et transparents.
C’est dans cet esprit de responsabilité et d’efficacité, défendu notamment par Gabriel Attal, que la politique migratoire doit être conduite : non par des mesures ciblées à faible portée, mais par des réformes d’ensemble, à la fois fermes, opérationnelles et respectueuses de nos principes.
Par ailleurs, la disposition proposée est susceptible de soulever des difficultés au regard des engagements européens et internationaux de la France.
Dans ces conditions, il apparaît préférable de supprimer cet article, au bénéfice d’une approche plus cohérente, plus efficace et pleinement assumée de la politique migratoire.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. APRÈS ART. 2
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Le présent amendement vise à éclairer le Parlement sur l’un des principaux fondements avancés à l’appui de la proposition de loi, à savoir l’existence supposée d’un « effet de report » des flux migratoires vers la France du fait des restrictions adoptées en Allemagne en matière de regroupement familial.
Une telle affirmation ne repose à ce stade sur aucun élément objectivé ni sur une évaluation documentée. Elle tend à présenter les dynamiques migratoires comme relevant de mécanismes automatiques de réorientation entre États membres, ce qui ne correspond pas à la réalité observée.
En outre, les éléments disponibles relatifs à l’expérience allemande invitent à nuancer cette hypothèse. La suspension du regroupement familial y a principalement produit un report dans le temps des demandes, avec des effets de rattrapage à l’issue de la période de suspension, plutôt qu’un déplacement significatif des flux vers d’autres pays européens.
Dès lors, l’idée d’un afflux accru vers la France apparaît largement spéculative. À l’inverse, les effets constatés soulignent le risque de désorganisation administrative lié à la concentration différée des demandes.
Dans ces conditions, il apparaît indispensable de disposer d’une évaluation rigoureuse permettant d’apprécier la réalité d’un éventuel report vers la France, ainsi que les conséquences concrètes des mesures mises en œuvre en Allemagne, afin d’éclairer utilement le Parlement.
Dispositif
Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport évaluant la réalité et l’ampleur d’un éventuel effet de report des demandes d’asile vers la France, consécutif aux évolutions récentes de la législation allemande en matière de regroupement familial.
Ce rapport analyse également les conséquences potentielles d’un tel report sur les capacités d’accueil et de traitement des autorités compétentes, ainsi que sur la gestion globale de l’immigration.
Scrutins (0)
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