Suspendre le regroupement familial et la réunification familiale des étrangers bénéficiaires de la protection subsidiaire
Amendements (2)
Art. ART. PREMIER
• 10/06/2026
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l'article 1 de la présente proposition de loi, qui vise à la suspension générale du regroupement familial et de la réunification familiale des bénéficiaires de la protection subsidiaire. Cet article constitue une atteinte disproportionnée au droit de mener une vie familiale normale, protégé tant par la Constitution que par les engagements européens et internationaux de la France.
L'auteur de cette proposition de loi ne démontre nullement en quoi une suspension de ces droits serait nécessaire ou proportionnée à l'objectif poursuivi de menace sur la sécurité nationale, mais propose une loi de circonstance se basant sur un fait divers tragique. Le texte repose essentiellement sur la théorie de « l'appel d'air », pourtant largement contestée par de très nombreux travaux de recherche. Par ailleurs, cette mesure remet en cause la finalité même de la protection subsidiaire. Accorder une protection à une personne exposée à des risques graves tout en l'empêchant durablement de vivre avec sa famille revient à fragiliser l'effectivité de cette protection et à compromettre les conditions de son inclusion sur le territoire.
Cette proposition s'inscrit ainsi dans une logique de restriction progressive du droit au regroupement familial davantage fondée sur des considérations idéologiques xenophobes que sur des éléments objectifs ou documentés.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 2
• 10/06/2026
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l'article 2, qui prévoit la remise par le Gouvernement d'un rapport dressant le bilan de la suspension du regroupement familial et de la réunification familiale, tout en lui demandant explicitement de formuler des propositions en vue de sa pérennisation. Présentée comme une mesure exceptionnelle et temporaire, la suspension envisagée est en réalité conçue dès son adoption comme une première étape vers une remise en cause durable du droit à la vie familiale des bénéficiaires de la protection subsidiaire.
La suspension du regroupement et de la réunification familiale n’apparaît donc pas comme une réponse ponctuelle à une situation exceptionnelle, mais comme une nouvelle étape dans la remise en cause progressive des droits des personnes étrangères protégées par la France vers une logique toujours plus hostile et sécuritaire.
Dispositif
Supprimer cet article.
Scrutins (0)
Aucun scrutin lié à ce texte.