Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 énergie et carburants

Poids des certificats d'économie d'énergie dans le prix du carburant

Posée le 21/04/2026 • Ministère interrogé : Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle,

Sylvie Bonnet

Sylvie Bonnet DR

Députée — Loire (4)

La question

Mme Sylvie Bonnet appelle l'attention de Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministre déléguée, chargée de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, sur l'impact inflationniste majeur du dispositif des certificats d'économie d'énergie (CEE) sur le prix des carburants à la pompe. Depuis l'entrée dans la sixième période (P6) des CEE en janvier 2026, la charge financière pesant sur les distributeurs de carburant s'est considérablement alourdie et ces derniers répercutent la quasi-totalité de ce coût sur le consommateur final. On estime aujourd'hui que le poids des CEE représente environ 17 centimes d'euro par litre d'essence, soit une part non négligeable du prix payé par les Français, s'ajoutant à l'accise sur les produits énergétiques (anciennement TICPE) et à la TVA, constituant une pression fiscale et réglementaire devenue insoutenable pour de nombreux Français. Cette situation est particulièrement critique pour les habitants du département de la Loire. Dans ce département marqué par une topographie de moyenne montagne et une forte dispersion des bassins d'emploi, la voiture individuelle n'est pas un luxe mais une nécessité vitale. Que ce soit pour les travailleurs des monts du Forez rejoignant l'agglomération stéphanoise, ou pour les familles du Pilat, le carburant représente un poste de dépense contraint dont l'augmentation fragilise l'équilibre économique des foyers. Dans un contexte de tension persistante sur le pouvoir d'achat et du conflit au Moyen-Orient, cette « taxe invisible » devient insupportable. Si l'objectif de financement de la transition énergétique est louable, le mécanisme actuel pénalise de manière disproportionnée les citoyens les plus dépendants de leur véhicule thermique sans alternative immédiate. En conséquence, elle lui demande si le Gouvernement entend suspendre, ou à défaut plafonner drastiquement, l'obligation de CEE applicable aux carburants automobiles. Une telle mesure permettrait une baisse immédiate et visible des prix à la pompe, redonnant ainsi du souffle au budget des ménages français.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

Le dispositif des CEE constitue depuis 20 ans l'un des principaux instruments de la politique française de maîtrise de la demande énergétique, et donc un levier essentiel pour faire baisser durablement les factures d'énergie des Français, les protéger des fluctuations du prix des énergies fossiles liées aux risques géopolitiques dans un monde instable comme l'illustre le conflit récent au Moyen-Orient, et améliorer la souveraineté énergétique de notre pays qui importe plus de 60 milliards d'euros d'énergies fossiles par an. Il repose sur une obligation pour les fournisseurs d'énergie de financer des actions d'efficacité énergétique. En moyenne sur la 5ème période des CEE, les CEE ont représenté 7c€/TTC sur le litre de carburant. L'effet de l'obligation CEE sur les prix est suivi activement par le Gouvernement, qui demeurera particulièrement vigilant aux évolutions. Chaque année, il finance plus de 1 million d'opérations d'économies d'énergie dans les secteurs du bâtiment, des transports, de l'industrie, et de l'agriculture. Entre 2019 et 2024, il a par exemple permis de soutenir le remplacement de 15% à 17% des chaudières fioul du département de la Loire, au profit d'énergies renouvelables (essentiellement pompes à chaleur). Le dispositif des certificats d'économie d'énergie bénéficie grandement aux ménages : les primes CEE aident en effet les ménages à financer des investissements dans l'efficacité énergétique et dans l'électrification. Ces investissements permettent de réduire la facture énergétique des ménages et donc d'améliorer leur pouvoir d'achat de manière durable. Le dispositif présente l'avantage de mobiliser les fournisseurs d'énergie et leurs partenaires, s'appuyant sur l'agilité du secteur privé pour parcourir le dernier kilomètre jusqu'au consommateur, structurer des filières et stimuler les économies d'énergie dans tous les secteurs de l'économie, y compris dans les angles morts des dispositifs budgétaires.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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