Mieux prendre en compte les jeunes ultramarins dans les politiques publiques
Jérôme GuedjSOC
Député — Essonne (6)
La question
M. Jérôme Guedj attire l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur l'insuffisante prise en compte des jeunes ultramarins dans les politiques publiques de jeunesse. Les jeunes ultramarins font face à des difficultés spécifiques en matière d'accès à la formation, à l'emploi, au logement, à la mobilité, à la santé et aux droits. Ces obstacles nourrissent un sentiment d'éloignement vis-à-vis de la vie politique nationale, alors même que les politiques publiques de jeunesse devraient garantir l'égalité des chances sur l'ensemble du territoire de la République. Plusieurs travaux récents ont souligné la nécessité de mieux intégrer les réalités ultramarines dans l'élaboration des politiques nationales. Pourtant, les dispositifs restent encore trop souvent pensés depuis l'Hexagone, sans prise en compte suffisante des contraintes propres aux territoires ultramarins : éloignement géographique, coût de la mobilité, étroitesse des marchés de l'emploi, accès inégal aux services publics et manque de relais d'accompagnement. Il lui demande donc quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour mieux associer les jeunes ultramarins à l'élaboration des politiques publiques de jeunesse, adapter les dispositifs nationaux à leurs réalités territoriales et garantir une égalité effective d'accès à l'autonomie, à la formation et à l'insertion.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/10/2026Les jeunes ultramarins sont confrontés à des défis communs à l'ensemble des jeunes, auxquels s'ajoutent des spécificités liées à leur situation, en particulier à leur éloignement géographique. Parmi les aides et dispositifs ouverts aux jeunes ultramarins figure la politique publique de mentorat, dont le déploiement auprès des jeunes ultramarins constitue une priorité constante du plan « 1 Jeune 1 Mentor », lancé en 2021 par le Président de la République. Parmi les 69 associations subventionnées, 26 déclarent des jeunes ultramarins dans leur cible en 2025. Afin de favoriser l'accès aux droits des jeunes, le réseau Information Jeunesse (IJ) est également présent dans l'ensemble des territoires ultramarins : 4 centres régionaux Information Jeunesse, une cinquantaine de structures labellisées, plus de 75 000 jeunes accompagnés et plus de 750 actions collectives menées par an. Les jeunes des territoires ultramarins font aussi face à des défis spécifiques, qui appellent des réponses adaptées. Parmi ces enjeux, l'accès aux études supérieures occupe une place centrale. De ce fait, les étudiants ultramarins peuvent percevoir une bourse sur critères sociaux, y compris pendant la période estivale, afin de sécuriser leur parcours académique. L'enjeu de l'emploi est également prégnant. C'est pourquoi le Passeport pour la mobilité de la formation professionnelle offre aux demandeurs d'emploi ultramarins la possibilité de suivre en métropole une formation professionnelle qualifiante ou certifiante, indisponible ou saturée dans leur territoire d'origine. Ce dispositif prend notamment en charge l'intégralité des frais de transport aérien et terrestre (aller-retour) vers le lieu de formation. En 2025, 1 594 demandeurs d'emploi ont ainsi pu bénéficier de ce dispositif pour accéder à une formation en mobilité (source : Agence de l'outre-mer pour la mobilité [LADOM] ). LADOM joue un rôle central dans ces dispositifs, en tant qu'acteur spécialisé dans les enjeux propres aux territoires ultramarins. Sur le plan de la santé mentale, l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) a publié en 2025 un appel à projets intitulé « Agir en faveur de la santé mentale des jeunes ultramarins ». Porté par le Fonds d'expérimentation pour la jeunesse, en partenariat avec la direction générale des outre-mer et la direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, il vise à soutenir et expérimenter des dispositifs innovants destinés à promouvoir et renforcer la santé mentale des jeunes ultramarins. Les expérimentations débuteront en septembre 2026 pour une durée de trois ans, avec une enveloppe globale de 2,5 M€. Des aides locales peuvent également être mises en place avec les collectivités territoriales, au plus près des besoins des jeunes ultramarins. Pour aller plus loin dans l'intégration des enjeux ultramarins dans les politiques de jeunesse, le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative continue de travailler en étroite collaboration avec ses services déconcentrés présents dans les territoires ultramarins, ainsi qu'avec le ministère des outre-mer. Un comité interservices des politiques de jeunesse, organisé par le délégué interministériel à la jeunesse, a été mis en place afin de mieux coordonner ces politiques. À l'échelle territoriale, le ministère des outre-mer a lancé l'Année de la jeunesse, une initiative visant à mettre en lumière les projets et dynamiques locales. En Guyane, par exemple, la direction générale de la cohésion et des populations a élaboré, avec de nombreux partenaires institutionnels (ministère de l'éducation nationale, ministère de l'Intérieur, France Travail, missions locales, CAF, etc.), une programmation partenariale destinée à valoriser l'engagement citoyen et les parcours exemplaires des jeunes du territoire. Cette programmation s'est notamment traduite par l'organisation d'un Congrès de la jeunesse. Enfin, l'association des jeunes à l'élaboration des politiques publiques est également essentielle. Dans cette perspective, l'Association nationale Citoyenneté Enfance Jeunesse a officiellement lancé l'Instance jeunes outre-mer en 2024, dans le cadre du développement de son réseau outre-mer, engagé depuis plusieurs années, afin de prendre en compte la parole des jeunes. Par exemple, à La Réunion, le projet Kozemen est soutenu par la délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports et par la CAF, et animé par le comité régional des associations de jeunesse et d'éducation populaire. Il propose un dialogue structuré pour les 13-30 ans intitulé « Pour les jeunes de La Réunion qui sont bien décidés à se mêler de ce qui les regarde ! ». Lancé dès 2019, le dispositif des espaces Kozemen vise à créer un véritable espace de rencontre et de débat entre des jeunes issus d'une structure, d'un quartier ou de l'ensemble de la région, avec pour objectif principal « de promouvoir la parole des jeunes dans l'espace public ». Il s'agit aussi, à travers ces espaces, d'échanger, dans une dynamique de dialogue structuré, avec des élus et décideurs publics afin de porter les propositions formulées par les jeunes.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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