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Question écrite ✓ Répondue le 15/09/2026 politique extérieure

Conséquences de l'élection présidentielle en Colombie

Posée le 30/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères

Emmanuel Duplessy Emmanuel DuplessyECOS Député — Loiret (2)

La question

M. Emmanuel Duplessy alerte M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conséquences de l'élection présidentielle en Colombie pour les défenseurs des droits humains, les minorités et les opposants politiques. L'élection à la présidence de la République de Colombie de M. Abelardo de la Espriella, figure de l'extrême droite colombienne, suscite de nombreuses inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains et une partie de la société civile colombienne. Au cours de sa campagne, le président élu a multiplié les déclarations particulièrement agressives à l'égard de ses opposants politiques, des organisations progressistes et de plusieurs minorités. Il a notamment été critiqué pour des propos misogynes et homophobes, pour sa proximité avec certaines figures de l'extrême droite internationale, ainsi que pour son soutien à des politiques sécuritaires extrêmement répressives inspirées notamment du modèle salvadorien. Ces inquiétudes s'inscrivent dans un contexte déjà marqué par une forte dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions colombiennes. Les organisations internationales documentent régulièrement les menaces, intimidations et assassinats visant des responsables syndicaux, des journalistes, des défenseurs des droits humains, des responsables communautaires, des élus locaux ainsi que des militants écologistes et autochtones. Dans ce contexte, il souhaiterait connaître l'analyse du Gouvernement sur les conséquences de cette alternance politique pour l'État de droit, les libertés publiques et la protection des droits fondamentaux en Colombie. Il lui demande également quelles initiatives diplomatiques la France entend porter, en lien avec ses partenaires européens, afin de soutenir les défenseurs des droits humains, les organisations de la société civile et les populations vulnérables susceptibles d'être exposées à des discriminations ou à des persécutions. Enfin, il souhaite savoir si le Gouvernement envisage de renforcer les dispositifs permettant d'accueillir ou de protéger les ressortissants colombiens qui feraient l'objet de menaces graves en raison de leur engagement associatif, syndical, politique ou de leur appartenance à une minorité particulièrement exposée.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 15/09/2026
Le 21 juin dernier, le peuple colombien a élu Monsieur Abelardo de la Espriella à la présidence de la République de Colombie. La régularité et la transparence du processus électoral qui s'est achevé témoigne de la solidité des institutions démocratiques du pays. La France poursuivra avec le gouvernement issu des urnes le dialogue fructueux qui l'unit à la Colombie dans de nombreux domaines d'intérêt partagé. En effet, les relations franco-colombiennes sont anciennes et denses : elles se fondent sur des valeurs communes, au premier rang desquelles l'attachement à l'État de droit, à la démocratie, au respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. La France continuera de suivre avec attention la situation des droits de l'Homme en Colombie. Elle poursuivra sa coopération sur le terrain avec la société civile colombienne, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les responsables communautaires. La France est notamment engagée pour la protection des défenseurs des droits humains à travers l'Initiative Marianne, qui a récompensé plusieurs défenseurs colombiens ces dernières années. Sur le plan européen, nous travaillons par ailleurs en « équipe Europe » – aux côtés de l'Union européenne et des autres États membres – à des initiatives dans le domaine des droits de l'Homme, notamment sur la question de l'intégration socio-économique des migrants, ou de la lutte contre les violences fondées sur le genre. La France poursuivra également sa mobilisation en faveur de la mise en œuvre intégrale de l'Accord de paix de 2016, placé sous l'égide des Nations unies. En tant que « pays accompagnateur » du premier chapitre de cet Accord, la France est très attachée à la consolidation d'une paix juste, durable et inclusive en Colombie, par et pour le peuple colombien. À ce titre, elle continuera de soutenir la mise en œuvre de cet Accord et de rappeler que le respect des droits fondamentaux est une condition de la stabilité et du développement du pays. S'agissant de la protection des personnes susceptibles d'être exposées à des menaces graves, la France continuera de se mobiliser en appliquant les dispositifs prévus par le droit national, le droit de l'Union européenne et les conventions régionales et internationales qui lui sont applicables. Il s'agit d'un engagement constant de la France, réaffirmé à l'occasion du 75e anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'Homme organisé à Paris le 10 décembre 2023.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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