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Question écrite ✓ Répondue le 29/09/2026 pollution

Pollution aux fibres de polypropylène à Saint-Sorlin-d'Arves

Posée le 22/09/2026 · Ministère interrogé : Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature

Jean-François Coulomme Jean-François CoulommeLFI-NFP Député — Savoie (4)

La question

M. Jean-François Coulomme appelle l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la pollution aux fibres de polypropylène constatée depuis le 4 août 2026 sur la commune de Saint-Sorlin-d'Arves et plusieurs autres communes de Maurienne, ainsi que sur l'absence de réponse administrative adaptée à l'ampleur de cette pollution. Ces fibres proviennent du concassage de béton dit « fibré » issu d'une plateforme de concassage installée à Saint-Julien-Montdenis, installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE). Les déchets de concassage ont été épandus, à titre gracieux, sur des cheminements piétons et des terrassements publics et privés par le maire de la commune, lequel exploite par ailleurs la plateforme de concassage, cumulant ainsi les qualités de maître d'ouvrage, d'exploitant de l'installation et de titulaire de la police spéciale des déchets sur sa commune. M. le député souligne qu'au regard de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement, ce béton concassé contenant des fibres destinées à être abandonnées dans la nature correspond à la définition légale du déchet et qu'aucune procédure de sortie du statut de déchet, au sens de l'article L. 541-4-3 du même code, n'a été portée à sa connaissance comme ayant été validée par l'autorité administrative compétente pour ces matériaux. Il relève qu'une partie de ces fibres a d'ores et déjà été entraînée vers la rivière de l'Arvan lors de fortes précipitations, laquelle rejoint l'Arc, puis l'Isère et le Rhône jusqu'à la mer Méditerranée, inscrivant ainsi cette pollution dans une dimension qui dépasse le seul cadre départemental de la Savoie et justifie une coordination interministérielle et interdépartementale. M. le député rappelle que deux signalements ont été adressés au procureur de la République de Chambéry au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, les 11 et 20 août 2026, et que la préfète de Savoie a également été saisie à plusieurs reprises depuis le 11 août 2026, sans qu'à ce jour aucune mesure concrète de récupération des fibres n'ait été mise en œuvre. Il a également alerté Mme la ministre par voie postale le 10 septembre 2026, sans davantage de réponse. Il note en outre que l'Office français de la biodiversité, saisi également, a indiqué ne pas engager d'action dans l'attente d'un avis du service compétent en matière de déchets et que des témoignages font état de mouvements d'engins sur le site un samedi précédant une visite annoncée de la DREAL, alors que l'arrêté d'enregistrement de l'installation interdit toute activité ce jour-là. En conséquence, il souhaite savoir quelles instructions elle entend donner aux services compétents (DREAL, OFB, préfectures concernées) afin, d'une part, de faire procéder sans délai à la récupération des fibres déjà répandues et, d'autre part, de faire vérifier l'existence et la validité d'une procédure de sortie du statut de déchet pour ces bétons fibrés concassés. Il souhaite également connaître les mesures envisagées pour assurer une coordination interdépartementale de la réponse de l'État, conformément au principe pollueur-payeur et au principe de réparation des dommages environnementaux énoncé à l'article 4 de la Charte de l'environnement.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 29/09/2026
Le Gouvernement suit avec attention la situation constatée dans la commune de Saint-Sorlin-d'Arves, liée à la présence de fibres de polypropylène issues de bétons concassés et aux risques de dispersion de ces matériaux dans l'environnement. Les services de l'Etat agissent en faveur d'une solution respectueuse des exigences environnementales, rapide et opérationnelle. La réutilisation d'environ 800 tonnes de béton fibré pour la réalisation de plusieurs aménagements dans la commune a été portée à la connaissance des services de l'État le 24 août. Ces matériaux avaient été traités par l'entreprise Baudray TP, autorisée par arrêté préfectoral du 4 mai 2026 à exploiter une installation de broyage, concassage et criblage ainsi qu'un site de transit de déchets et matériaux inertes. Dès qu'ils ont eu connaissance de cette situation, les services de l'État ont engagé les vérifications nécessaires. Le maire de Saint-Sorlin-d'Arves, par ailleurs exploitant de l'entreprise concernée, a été reçu par la sous-préfète de Saint-Jean-de-Maurienne le 26 août et une inspection de l'installation classée a été réalisée par la DREAL le 31 août. Ces vérifications ont permis de préciser les conditions dans lesquelles ces matériaux peuvent être réemployés. Le béton fibré est en effet un matériau couramment utilisé dans le secteur de la construction et sa valorisation est possible dans le cadre de la réglementation applicable aux déchets inertes. Cette démarche s'inscrit dans l'objectif de favoriser le réemploi des matériaux issus du BTP et de préserver nos ressources naturelles, dès lors que toutes les garanties environnementales sont apportées. Les fibres de polypropylène utilisées dans ces bétons sont chimiquement inertes et leur présence ne signifie pas, en elle-même, un risque pour l'environnement. Il convient de garantir des conditions de réemploi permettant d'éviter leur fragmentation et leur dissémination dans le milieu naturel. Les expertises techniques conduites établissent que les bétons fibrés peuvent demeurer sur place, sous réserve que soient apportées de solides garanties en matière de stabilité et d'étanchéité. Concrètement, ces garanties impliquent le recouvrement et le bitumage des zones concernées. Le maire de Saint-Sorlin-d'Arves a fait savoir à Madame la Préfète qu'il était disposé à engager rapidement ces travaux. Afin de finaliser cette opération dans les meilleures conditions, la direction générale de la prévention des risques poursuit son travail avec les services de la DREAL afin de sécuriser les modalités techniques de mise en oeuvre. L'exploitant doit également préciser les modalités techniques de traitement de ces matériaux dans un porter à connaissance, qui permettra aux services de l'État d'en apprécier la conformité. Sur cette base, la préfète de Savoie pourra prendre, le cas échéant, un arrêté préfectoral complémentaire permettant de formaliser les mesures à mettre en œuvre et d'assurer leur suivi. Le Gouvernement est soucieux de prévenir durablement toute dispersion de ces fibres dans l'environnement et de permettre, lorsqu'il peut être réalisé dans des conditions parfaitement maîtrisées, le réemploi de matériaux issus du secteur du bâtiment et des travaux publics.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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