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Question écrite En attente de réponse commerce et artisanat

Nécessité d'adapter l'encadrement de l'électroépilation

Posée le 29/09/2026 · Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Lise Magnier Lise MagnierHOR Députée — Marne (4)

La question

Mme Lise Magnier attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la nécessité d'adapter l'encadrement de l'électroépilation et, plus particulièrement, de la thermolyse, aux évolutions technologiques de cette pratique. L'électroépilation regroupe en effet plusieurs techniques distinctes. L'électrolyse galvanique traditionnelle utilise un courant continu provoquant une réaction électrochimique au niveau du follicule pileux, tandis que la thermolyse utilise un courant alternatif à haute fréquence afin de provoquer un échauffement très localisé permettant d'affaiblir les cellules germinatives responsables de la repousse du poil. Les appareils modernes de thermolyse fonctionnent à des fréquences très élevées, permettant une action plus rapide et plus localisée. Or la doctrine administrative considère actuellement que l'introduction du filament utilisé pour l'électroépilation dans l'orifice pilo-sébacé constitue une effraction cutanée et réserve, sur ce fondement, la pratique aux médecins. Cette analyse semble toutefois contradictoire avec celle retenue par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Dans son rapport de 2016 consacré aux risques sanitaires liés aux appareils à visée esthétique, celle-ci distingue l'électrolyse, la thermolyse et les méthodes combinées et décrit la thermolyse comme une méthode non invasive dans laquelle une très fine aiguille est introduite dans l'orifice folliculaire jusqu'au bulbe sans le perforer. Cette distinction est d'autant plus importante que les technologies modernes utilisent des microfilaments très fins et souples destinés à suivre le canal pilaire préexistant sans traverser la peau. Dès lors, l'assimilation systématique de cette technique à une effraction cutanée mériterait d'être réexaminée à la lumière des caractéristiques des appareils aujourd'hui disponibles. Les données sanitaires disponibles invitent par ailleurs davantage à un encadrement de la pratique qu'au maintien d'un monopole médical. Dans les études relatives à l'électrolyse retenues par l'Anses, les effets indésirables observés sont principalement des inflammations, douleurs, croûtes ou troubles pigmentaires transitoires, sans effet indésirable important rapporté. L'agence souligne en revanche l'importance de la compétence de l'opérateur et recommande plus généralement la mise en place de formations validantes obligatoires pour les professionnels utilisant des appareils à visée esthétique. Cette approche est désormais celle retenue pour l'épilation au laser et à la lumière pulsée intense. Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 a ouvert ces pratiques aux professionnels qualifiés de l'esthétique, moyennant un encadrement comprenant notamment une formation obligatoire, la recherche des contre-indications, l'information des consommateurs et des obligations relatives à l'utilisation et à la maintenance des appareils. Il paraît dès lors difficilement compréhensible qu'un professionnel formé puisse pratiquer une épilation au laser, tout en demeurant dans l'impossibilité d'utiliser une technique de thermolyse correctement encadrée. D'autres États européens ont d'ailleurs retenu une approche différente. L'Italie classe notamment les électroépilateurs à aiguille, à pince ou à sonde parmi les appareils pouvant être utilisés dans le cadre de l'activité d'esthéticienne, sous réserve de prescriptions techniques précises. La thermolyse présente enfin une réelle complémentarité avec le laser et la lumière pulsée, puisqu'elle permet notamment de traiter certains poils blancs, blonds, roux ou très fins pour lesquels les technologies fondées sur l'absorption de la lumière sont peu ou pas efficaces. Elle lui demande donc comment le Gouvernement justifie le maintien de la qualification de la thermolyse comme technique impliquant nécessairement une effraction cutanée, alors que l'Anses l'a décrite comme une méthode non invasive et s'il entend engager une évolution réglementaire permettant aux professionnels qualifiés de l'esthétique de pratiquer la thermolyse à visée non thérapeutique sous réserve d'une formation spécifique, de protocoles d'hygiène et de sécurité et de prescriptions techniques adaptées.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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