Conséquences pour les patients atteints du cancer du déremboursement du Zoladex
Édouard BénardGDR
Député — Seine-Maritime (3)
La question
M. Édouard Bénard interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les conséquences du déremboursement du Zoladex, un implant à base de goséréline, prescrit dans le traitement de certains cancers du sein et de la prostate hormonodépendants. Produit par la société pharmaceutique AstraZeneca, le Zoladex a été prescrit à près de 8 400 patients sur le territoire français en 2025. Ce médicament est disponible sous deux posologies, une de 3,6 mg et une autre de 10,8 mg. Par un arrêté du 30 juin 2026, le ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées a décidé de radier, le 15 décembre 2026, cette spécialité pharmaceutique des médicaments remboursables aux assurés sociaux. L'apport thérapeutique de ce médicament n'est aucunement remis en cause ; celui-ci restera disponible à la vente en pharmacie sous prescription médicale, avec un tarif fixé librement par le laboratoire et l'officine. Le déremboursement en question a été demandé par le laboratoire AstraZeneca, qui indique que le prix de vente réglementé négocié avec l'assurance maladie n'est plus suffisamment rentable. De fait, la solution à 3,6 mg est actuellement vendue en France à 86,03 euros contre 256,66 euros pour la formule à 10,8 mg. Le même médicament est vendu respectivement 122,11 euros et 297,11 euros en Belgique ; 116,40 euros et 295,62 euros aux Pays-Bas ; 106,31 euros et 380,93 euros en Espagne ; 185,31 euros et 562,73 euros en Italie ; 248,60 euros et 655,37 euros en Allemagne. Si le ministère doit bien évidemment veiller à négocier au mieux les tarifs facturés par les laboratoires, il se doit également d'assurer l'accès des patients aux molécules les plus adaptées à leur pathologie. L'empressement du Gouvernement à répondre favorablement à la demande de déremboursement du Zoladex, au lieu de négocier un nouveau tarif qui aurait permis d'assurer sa prise en charge par l'assurance maladie, n'est pas sans soulever d'interrogations. Au 1er décembre 2026, le prix payé au comptoir des pharmacies pourra varier, notamment en fonction des marges appliquées dans le circuit de distribution. Pour des patients engagés dans une hormonothérapie qui peut s'inscrire dans la durée, la question financière est donc loin d'être anecdotique. Le déremboursement pose aussi la question de la tolérance au traitement de substitution. Comme les autres hormonothérapies de sa famille, le Zoladex est susceptible de provoquer des effets indésirables liés à la forte diminution des hormones sexuelles, chez les femmes comme chez les hommes. La tolérance peut varier d'un patient à l'autre et d'un médicament à l'autre. Pour une personne stabilisée sous Zoladex et qui le supporte bien, la perspective de changer d'hormonothérapie peut soulever des interrogations, même lorsqu'existent des alternatives remboursées, telles que les traitements à base de leuproréline, comme l'Enantone, ou de triptoréline, comme le Décapeptyl. En effet, ceux-ci ne sont pas interchangeables à l'aveugle. Leur autorisation, leur dosage, leur rythme et leur mode d'administration peuvent différer selon le type de cancer et la situation du patient. Dans le cancer du sein notamment, l'Institut national du cancer rappelle que les indications réglementaires de la goséréline, de la leuproréline et de la triptoréline ne sont pas strictement identiques. Le choix d'une alternative doit donc se faire avec l'oncologue ou l'équipe qui suit le patient, qui doit statuer en fonction de la maladie, des autres traitements reçus et de la tolérance individuelle. Bien que le brevet de la goséréline soit tombé dans le domaine public, aucun laboratoire pharmaceutique n'a jusqu'à présent daigné produire et commercialiser un générique du Zoladex en France, rappelant ainsi tout l'intérêt qu'il y aurait à créer sur le territoire national un pôle public du médicament chargé notamment de produire des médicaments génériques, les ruptures d'approvisionnement étant fréquentes. Dans l'attente d'une éventuelle production publique future et dans l'intérêt des patients, il lui demande si le Gouvernement entend ouvrir de nouvelles négociations avec le laboratoire AstraZeneca, qui produit le Zoladex, afin de maintenir son remboursement par l'assurance maladie après le 15 décembre 2026.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
Autres questions de Édouard Bénard
Suppression de l'exonération du ticket modérateur pour les patients en ALD
Devenir des dispositifs d'insertion par l'activité économique et des TZCLD
Baisse des remboursements des soins bucco-dentaires par l'assurance maladie
Projet Bromo de fusion des activités spatiales de Thales, Airbus et Leonardo