Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 élections et référendums

Représentation parlementaire des départements ruraux à faible densité

Posée le 24/06/2025 • Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur

Sophie Pantel

Sophie Pantel SOC

Députée — Lozère (1)

La question

Mme Sophie Pantel attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les difficultés de représentation parlementaire dans les départements ruraux à faible densité, tels que la Lozère. La Lozère couvre près de 5 000 km2, regroupe 152 communes et se caractérise par un relief montagneux, des routes sinueuses et des temps de trajet particulièrement longs - parfois plus de deux heures pour rejoindre la préfecture et plus de trois heures d'un bout à l'autre du territoire. Depuis 2009, ce département ne compte plus qu'un seul député. Cette stricte application de la logique démographique pénalise lourdement les territoires ruraux. Un seul député ne peut matériellement assurer la même proximité avec les habitants que dans un territoire urbain. Pour les citoyens, cela engendre un éloignement croissant des institutions démocratiques et un fort sentiment d'abandon. Par ailleurs, cette configuration nuit gravement au pluralisme politique. Une seule circonscription signifie un seul élu : des pans entiers de l'électorat, parfois plusieurs dizaines de pourcents, ne sont alors jamais représentés à l' Assemblée nationale. Aussi, elle lui demande si le Gouvernement envisage, à l'occasion d'une future réforme constitutionnelle, de rétablir un minimum de deux députés par département, afin de garantir à tous les territoires - y compris les plus ruraux - une représentation parlementaire plus juste, accessible et pluraliste.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

Le découpage actuel des circonscriptions législatives est issu de l'ordonnance du 29 juillet 2009 portant répartition des sièges et délimitation des circonscriptions pour l'élection des députés et ratifiée par la loi du 23 février 2010. Ce découpage attribue un seul siège, contre deux auparavant, à deux départements de France métropolitaine : la Creuse et la Lozère. Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ainsi que Wallis-et-Futuna, comptent également un unique siège de député. Tel n'était pas le cas du projet initial du Gouvernement qui prévoyait que : « le nombre de députés ne peut être inférieur à deux pour chaque département et à un pour chaque collectivité d'outre-mer régie par l'article 74 de la Constitution et la Nouvelle-Calédonie ». Toutefois, ces dispositions ont été censurées par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2008-573 DC du 8 janvier 2009. Le Conseil constitutionnel a alors considéré, en raison des dynamiques démographiques intervenues depuis 1986, année du dernier redécoupage législatif, « que le maintien d'un minimum de deux députés pour chaque département n'[était] plus justifié par un impératif d'intérêt général susceptible d'atténuer la portée de la règle fondamentale selon laquelle l'Assemblée nationale doit être élue sur des bases essentiellement démographiques ».  Dès lors, le rétablissement de deux circonscriptions législatives pour le département de la Lozère ne peut être établi, au risque d'une censure constitutionnelle.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

← Retour à la fiche de Sophie Pantel