Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales
P Philippe AdnotNI Sénateur — AubeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/11/2017Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur. Comme vous l'avez rappelé, monsieur le sénateur Philippe Adnot, le FPIC a été créé par une loi de 2012. C'est le premier mécanisme de péréquation horizontale. Il me paraît important de rappeler le contexte dans lequel il a été instauré : on venait de supprimer la taxe professionnelle.
Un bilan du FPIC est présenté chaque année au Parlement ; le prochain le sera en novembre. Nous en tirons plusieurs constatations.
Premièrement, s'agissant des effets de la refonte de la carte intercommunale sur le FPIC, qui était quand même une grande interrogation, il est apparu que la situation est restée à peu près inchangée entre 2016 et 2017. En effet, pour 93 % des ensembles intercommunaux, la situation demeure identique. (M. Pierre-Yves Collombat fait un signe de protestation.)
Deuxièmement, en 2017, 59 % des territoires – contre 53 % en 2016 – sont bénéficiaires du FPIC ; je le précise, ils sont bénéficiaires nets !
Troisièmement, pour les calculs faits sur la base de ressources consolidées d'effet anti-péréquateur, nous avons aménagé des mécanismes qui permettent de traiter la question des communes riches dans un ensemble intercommunal pauvre et vice versa.
Quatrièmement, il arrive de plus en plus souvent que les élus utilisent les mesures dérogatoires (M. le secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement et Mme Françoise Gatel opinent.) et décident, à la majorité qualifiée, à l'intérieur d'une intercommunalité, de modifier la répartition du FPIC.
Cinquièmement, enfin, l'analyse de la répartition montre que le FPIC favorise globalement les ensembles intercommunaux de petite taille, c'est-à-dire ruraux, et met globalement à contribution les intercommunalités urbaines.
M. Pierre-Yves Collombat. Ce n'est pas vrai !
Mme Jacqueline Gourault, ministre. C'est la raison pour laquelle le Gouvernement, dans un souci de lisibilité et de solidarité, a décidé, dans le projet de loi de finances pour 2018, de maintenir le FPIC à hauteur de 1 milliard d'euros. (M. Arnaud de Belenet applaudit. – M. Pierre-Yves Collombat s'exclame.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Adnot, pour la réplique.
M. Philippe Adnot. Madame la ministre, vous venez de terminer votre propos sur une chose totalement inexacte. Je connais les chiffres, j'ai lu le rapport et je peux vous dire que, avec ce coefficient de 1 à 2, lorsque la population est nombreuse, les ressources qui sont regardées sont divisées par deux.
M. Michel Savin. Eh oui !
M. Philippe Adnot. Vous ne pouvez pas nous dire ensuite que les petites communes rurales sont bénéficiaires…
M. Michel Savin. Effectivement !
M. Philippe Adnot. … par rapport au monde urbain. C'est totalement faux ! Je vous demande de publier les chiffres pour que tout le monde y voie clair sur ce sujet ! (M. Michel Savin opine.)
Mais nous en reparlerons, parce que la situation est totalement injuste et que les choses ne pourront pas rester en l'état ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et du groupe Union Centriste. – Pierre-Yves Collombat applaudit également.)
M. Michel Savin. Bravo !
Source : senat.fr ↗
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