Agriculture dans les zones défavorisées
François BonhommeLes Républicains
Sénateur — Tarn-et-Garonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/02/2018Comme je l'ai souligné tout à l'heure, ce zonage a plus de quarante ans, et il faut le revoir. Dès mon arrivée aux responsabilités, soyez sûr que nous avons bataillé à Bruxelles pour obtenir un délai complémentaire afin de retravailler cette cartographie, notamment avec l'ensemble des éleveurs et des acteurs du monde agricole, et la finaliser dans les meilleurs délais. Ce travail est conduit en totale concertation avec les représentants professionnels, et les discussions sont engagées depuis 2016.
Monsieur le sénateur, je ne peux pas laisser dire que nous souhaiterions mettre un terme à l'élevage et aux activités agricoles sur ces territoires. Bien évidemment, je sais que la survie de ces agriculteurs peut dépendre de l'indemnité compensatoire de handicaps naturels, l'ICHN, qu'ils perçoivent.
Ce travail a été engagé par les services du ministère pour pouvoir intégrer de nouvelles communes. Cependant, comme dans chaque révision de zonage après quarante ans, il y aura de nombreux entrants, mais aussi des sortants. Si certains critères sont objectifs, il en est d'autres que nous ne pouvons conserver et il est de ma responsabilité, comme ministre de l'agriculture, de penser à la suite.
Je le répète, je recevrai des représentants demain pour faire un point précis de la situation avec eux. Nous étudierons les mesures d'accompagnement à mettre en place dans le souci de l'efficacité de nos politiques publiques. Nous devons collectivement nous tourner vers l'avenir.
Monsieur le sénateur, je compte sur vous pour accompagner les agriculteurs des communes qui, c'est inévitable, sortiront de ce dispositif. L'État sera présent et prendra toute sa part dans cet accompagnement, je peux témoigner de cette volonté.
Le Gouvernement a bien pour objectif de parvenir le plus rapidement possible à un accord, c'est-à-dire à une carte équitable et budgétairement soutenable, qui préserve au mieux les zones d'élevage extensif en plaine.
M. le président. Veuillez conclure, monsieur le ministre !
M. Stéphane Travert, ministre. Nous veillerons à prévoir, ensemble, les mesures d'accompagnement, avant de transmettre à la Commission européenne ces mesures pour approbation. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à M. François Bonhomme, pour la réplique.
M. François Bonhomme. Monsieur le ministre, votre réponse est technique, mais, en fin de compte, elle est dilatoire.
Je sais bien que vous avez hérité d'une situation difficile avec le projet de carte de votre prédécesseur Le Foll, qui est parti en rase campagne. (Sourires sur les travées du groupe Les Républicains.) Il n'en reste pas moins que, aujourd'hui, les 5 000 euros ou 7 000 euros d'aide que perçoivent ces agriculteurs constituent leur reste à vivre ! Si vous les leur retirez, vous les condamnez.
Le critère ultime qui doit prévaloir pour l'élaboration de cette carte, c'est tout de même le maintien de ces aides, dont la suppression se révélerait mortelle pour les agriculteurs.
Ce week-end, j'ai vu la préfète de Loire-Atlantique aller à la rencontre de zadistes victorieux après le renoncement du Gouvernement de poursuivre le projet de Notre-Dame-des-Landes. Le comité d'accueil qui l'attendait, goguenard, a donné lieu à un tableau assez ironique, des zadistes se déculottant sur son passage. Voilà un aveu d'impuissance de l'État !
Puisqu'il est question de l'État et de sa responsabilité, faites-en sorte, monsieur le ministre, eu égard à nos éleveurs qui ne veulent pas mourir, que l'État – passez-moi l'expression – préfère le cul des vaches à celui des zadistes. Défendez vos agriculteurs ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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