Relations entre l'éducation nationale et les géants d'internet
Catherine Morin-DesaillyUCI
Sénatrice — Seine-Maritime
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/04/2018Votre question comporte plusieurs volets, auxquels je tenterai de répondre.
Concernant, tout d'abord, la question du départ de notre directeur du numérique, je vous confirme ce départ, qui fait en effet l'objet d'un examen par la commission de déontologie, dont j'attends la réponse. Nous verrons alors ce qu'il en est, et je ne me prononcerai donc pas à ce stade. Je tiens simplement à souligner que l'éducation nationale n'a aujourd'hui aucune relation contractuelle avec Amazon.
Concernant les GAFA – Google, Apple, Facebook et Amazon –, vous avez soulevé un véritable problème. Nous le savons bien, les données sont aujourd'hui considérées comme le nouvel or, un nouveau trésor.
Oui, vous avez raison, bien évidemment, l'école, le collège et le lycée ne sauraient être considérés comme des lieux d'entrée et de sortie en la matière, avec la possibilité de puiser dans les données ; je serai extrêmement vigilant sur ce point. Il est possible que des situations de fragilité aient été causées dans le passé, mais je serai le premier gardien d'une solidité à l'avenir, avec le futur directeur du numérique.
Les visites dont vous avez parlé me donnent l'occasion de dire que les sorties scolaires sont extrêmement importantes et que, de plus en plus, dans le futur, nous allons les encourager avec les collectivités locales. Oui, vous avez totalement raison, il vaut mieux aller au musée, dans la forêt ou à la bibliothèque que dans une boutique Apple. Je pense que ceux qui ont organisé cette visite étaient animés d'une certaine bonne volonté ; ils ont fait une erreur, je le leur ai dit, et cela ne doit plus se reproduire à l'avenir.
Quoi qu'il en soit, il importe que les sorties scolaires soient intéressantes pour nos élèves et que l'école reste évidemment le lieu de la République protégé des influences, mais aussi ouvert sur l'avenir. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
M. le président. La parole est à Mme Catherine Morin-Desailly, pour la réplique.
Mme Catherine Morin-Desailly. Je vous remercie de cette réponse, monsieur le ministre.
Plus largement, je veux souligner que, au moment même où Marc Zuckerberg est auditionné par le Congrès américain, il nous faut absolument renoncer à cette complaisance naïve que nous avons entretenue jusqu'à maintenant dans nos relations avec ces entreprises, qui ont leur propre agenda, leurs propres objectifs à atteindre. Cela ne veut pas dire qu'il faut se fermer à la technologie, au développement et au progrès, mais cela signifie tout simplement qu'il faut être lucide pour la construction d'un avenir…
M. le président. Je vous demande de conclure, ma chère collègue !
Mme Catherine Morin-Desailly. … fondé sur nos valeurs, les libertés fondamentales chères à l'Europe. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste, du groupe Les Républicains, du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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