Rentrée scolaire 2018-2019
Jean Pierre VogelLes Républicains
Sénateur — Sarthe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/05/2018Ainsi, dans le département de la Sarthe, le dédoublement en réseau d'éducation prioritaire va entraîner la suppression de 38 postes d'enseignants dans les écoles rurales. Ces postes vont être redirigés vers des écoles de quartiers prioritaires. Les fermetures de classes rurales vont donc permettre de pourvoir les emplois nécessaires aux dédoublements des classes de la métropole mancelle.
Les territoires ruraux sont donc bien les variables d'ajustement de votre politique éducative !
Le Gouvernement doit comprendre que nos campagnes doivent être traitées de la même manière que les zones urbaines défavorisées.
Ainsi, le seuil de fermeture des classes devrait être divisé par deux en milieu rural, comme il est divisé par deux dans les zones urbaines d'éducation prioritaire. De nombreuses communes rurales de la Sarthe ont été classées en zone de revitalisation rurale, ou ZRR, ce qui revient à reconnaître leur statut de territoire défavorisé. Tous les enfants habitant des zones défavorisées doivent être traités avec la même attention, qu'ils soient scolarisés en ville ou à la campagne.
Le Président de la République a fait de l'école l'un des enjeux phares de sa campagne électorale. Il l'a d'ailleurs réaffirmé, lors de l'entretien qu'il a accordé au journal de 13 heures de TF1, le 12 avril dernier : « La base de notre pays, c'est l'école, c'est la première des batailles que j'avais définies. » Encore faudrait-il se donner les moyens de la remporter sans que l'effort se fasse au détriment des élèves des campagnes !
Monsieur le ministre, que comptez-vous faire pour apaiser la colère des écoles rurales ?
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation.
M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Monsieur le sénateur Vogel, tout d'abord, je vous prie d'excuser Jean-Michel Blanquer, qui m'a chargé de répondre, à sa place, à votre question.
La préparation de la rentrée 2018 est marquée par un soutien budgétaire incontestable en faveur du premier degré.
À ce titre, je vous rappelle quelques données générales. À la prochaine rentrée, il y aura, dans le premier degré, 32 657 élèves de moins et 3 881 emplois de professeurs supplémentaires. À l'inverse, si l'on avait strictement suivi la baisse démographique, 1 438 postes auraient été supprimés.
Les efforts budgétaires consentis se traduisent par un meilleur taux d'encadrement sur l'ensemble du territoire dans le premier degré. Ainsi, le ratio du nombre de professeurs pour 100 élèves sera de 5,55 à la rentrée 2018, contre 5,46 à la rentrée 2017. Pour mémoire, il s'élevait à 5,20 à la rentrée 2012.
Dans chaque département, il y aura donc davantage de professeurs par élève à la rentrée 2018 dans le premier degré.
J'en viens au département qui vous concerne tout particulièrement.
Dans la Sarthe, à la rentrée 2018, il y aura 750 élèves en moins dans le premier degré, selon les premières prévisions. Toutefois, aucun poste n'est supprimé dans ce département. Or, si la baisse démographique avait été répercutée de manière automatique, quarante postes auraient été supprimés.
Le ratio du nombre de postes d'enseignants en équivalents temps plein pour 100 élèves progressera donc à la rentrée 2018 : il passera à 5,44, contre 5,22 en 2017.
Le nombre d'élèves par classe en milieu rural restera inférieur au nombre d'élèves par classe en milieu urbain, hors éducation prioritaire.
Enfin, aucune fermeture d'école n'est prévue dans ce département pour la rentrée 2018.
Bien entendu, les services de l'éducation nationale sont très sensibilisés à la situation de l'école en milieu rural. La carte scolaire prévisionnelle du département de la Sarthe en est la parfaite illustration.
Il va sans dire que tous les services du ministère se tiennent à votre disposition pour poursuivre ce dialogue singulier et régulier que vous consacrez, comme tous les élus de la République, à l'école de la République.
M. le président. La parole est à M. Jean Pierre Vogel.
M. Jean Pierre Vogel. Monsieur le ministre, je vous remercie de votre réponse. Je la transmettrai aux maires qui, dans le département dont je suis l'élu, subissent des fermetures de classe.
En effet, même si, dans la Sarthe, il n'y aura pas de fermeture d'école en 2018, un certain nombre d'écoles seront fragilisées par des fermetures de classe.
Les chiffres sont têtus : à la rentrée prochaine, mon département connaîtra 38 fermetures de classe en milieu rural et 38 dédoublements en milieu urbain. Les élus ruraux concernés analyseront la situation !
Source : senat.fr ↗
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