Suppression de l'« exit tax »
M Mireille JouveRDSE Sénatrice — Bouches-du-RhôneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/06/2018L'exit tax consiste à faire payer à un entrepreneur qui s'installe à l'étranger un impôt sur les plus-values qu'il pourrait faire, si jamais il vendait les parts de son entreprise une fois expatrié.
Quel est le résultat ? Depuis 2011, vous l'avez dit, cette taxe a rapporté en moyenne 25 millions d'euros. On pourrait se dire que c'est déjà bien, mais, vous le savez, à l'échelle de notre économie ce montant est relativement marginal.
M. Pierre-Yves Collombat. On vous le rappellera !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Et surtout l'exit tax n'a servi à rien. On pourrait même penser qu'elle a été incitative puisque trois fois plus de chefs d'entreprise se sont expatriés à l'étranger.
On peut donc aujourd'hui penser que c'est un dogme, un sujet politique. Mais la réalité, c'est de l'attractivité de la France. Je voudrais vous rassurer tout de suite : il n'y a aucune raison qu'une taxe qui a rapporté en moyenne 23 millions d'euros puisse faire perdre demain 6 milliards d'euros, comme l'illustreraient certains chiffres très fantaisistes qui ont pu être évoqués.
Cette taxe rapporte peu, mais combien coûte-t-elle en étant un frein à l'attractivité de notre économie nationale ? C'est cela qu'il faut avoir en tête.
Mme Marie-Noëlle Lienemann. Vous donnez de l'argent aux riches, mais ils ne viennent pas !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. On peut penser que taxer ceux qui pourraient éventuellement venir en France et leur annoncer cette nouvelle avant même leur arrivée dans notre pays constituera un élément d'attractivité… Pour ma part, je ne le crois pas.
Ce que je peux noter, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice, c'est que l'attractivité de la France a fait que, l'année dernière, nous avons progressé de 31 %, contre 6 % en Allemagne et 6 % au Royaume-Uni.
Ces 31 % correspondent à des projets concrets : ce sont 1 019 projets d'installations nouvelles, dont 323 dans l'industrie, 59 implantations de nouveaux sièges sociaux en France et 53 % d'augmentation des implantations de centres de recherche & développement.
Madame la sénatrice, et je sais que c'est aussi le sens de votre question et de votre démarche, valoriser la France et tout faire pour renforcer son attractivité, c'est conforter nos emplois, nos économies, nos prélèvements sociaux et nos prélèvements fiscaux pour conforter nos caisses ! (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – MM. Louis-Jean de Nicolaÿ et Philippe Dominati, ainsi que Mme Céline Boulay-Espéronnier applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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