Clause de conscience et IVG
Bernard JomierGEST
Sénateur — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/10/2018Nul ne doute évidemment de ma volonté de faciliter l'accès à l'IVG pour toutes les femmes qui le souhaitent.
Je relève toutefois quelques erreurs dans vos propos, monsieur le sénateur. D'abord, les femmes qui se rendent aujourd'hui à l'étranger pour pratiquer l'IVG le font généralement parce qu'elles ne sont plus dans les délais légaux français.
Par ailleurs, depuis dix ans, le nombre d'IVG réalisées en France est totalement stable. Il n'y a donc pas de difficulté pour recourir à l'IVG, et l'on pourrait même souhaiter que ce nombre diminue, car ce serait le signe d'un accès facilité à la pilule du lendemain et à la contraception.
Cela relève aussi de ma responsabilité de ministre de la santé, et c'est pourquoi j'ai créé une consultation gratuite de prévention autour de la santé sexuelle pour les jeunes filles et, désormais, les jeunes garçons de 17 ans – la mesure est inscrite dans le PLFSS.
M. Didier Guillaume. Très bien !
Mme Agnès Buzyn, ministre. Selon vous, la difficulté d'accès en France justifierait que l'on supprime cette clause de conscience. Aujourd'hui, seul l'hôpital de Bailleul a connu des difficultés en raison de l'application de la clause de conscience. Nous avons trouvé immédiatement une solution et j'ai demandé à mes services de réfléchir à un moyen d'évaluer les difficultés d'accès potentiel qui pourraient survenir dans certains établissements. Ce travail est en cours avec les agences régionales de santé.
Vous pouvez compter sur mon plein et entier engagement en faveur de l'accès des femmes à l'IVG.
Par ailleurs, comme vous l'avez souligné, nul ne peut imposer un acte médical à un médecin lorsque celui-ci n'est pas vital, ce qui est le cas de l'IVG.
La clause de conscience protège aussi les femmes d'une discussion compliquée avec les médecins et sa suppression pourrait aboutir à ce que l'acte soit parfois pratiqué dans de mauvaises conditions de bienveillance, ce que nous ne souhaitons pas pour des femmes qui se trouvent en grande souffrance à ces moments-là. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche et sur quelques travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Bernard Jomier, pour la réplique.
M. Bernard Jomier. Madame la ministre, aucun droit sociétal ne devrait être limité par une clause spécifique.
Vous allez bientôt porter une loi sur l'extension de la PMA à toutes les femmes. Si vous maintenez cette clause pour l'IVG, comment l'empêcherez-vous pour la PMA, comment ferez-vous alors pour que l'on n'avance pas à reculons ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et sur des travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Bernard Jomier
Situation préoccupante de la fondation Oeuvre de la Croix Saint-Simon
Hantavirus
Conséquences des reculs de l'aide publique au développement sur la lutte contre la malnutrition
Dérives tarifaires dans des centres de soins non programmés