Conséquences des reculs de l'aide publique au développement sur la lutte contre la malnutrition
Bernard JomierSER
Sénateur — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Dans un contexte international marqué par la multiplication des crises alimentaires, climatiques et géopolitiques, ainsi que par la contraction de l'aide publique au développement (APD), la France maintient la lutte contre la malnutrition parmi les priorités de sa politique étrangère et de solidarité internationale. Cette politique s'inscrit dans les orientations définies par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) et repose sur une approche articulant aide humanitaire, sécurité alimentaire, nutrition, santé mondiale et résilience des systèmes agricoles et alimentaires.
La France a répondu et continuera de répondre présente face au défi de la malnutrition. Malgré un contexte de baisse des financements, elle a pris l'engagement ambitieux, lors du sommet Nutrition pour la Croissance (Paris, 27-28 mars 2025), de mobiliser 750 millions d'euros d'ici 2030 pour lutter contre la malnutrition. Ce sommet a par ailleurs permis une mobilisation inédite de la communauté internationale en faveur de la nutrition, avec plus de 580 engagements pris pour un montant de 30,5 milliards de dollars.
Pour concrétiser cet engagement, la France mobilise plusieurs instruments de financement bilatéraux et multilatéraux au premier rang desquels l'Initiative française pour la sécurité alimentaire et la nutrition (IFSAN) qui représente aujourd'hui l'outil central de la diplomatie française dans ce domaine, en apportant un soutien à court et moyen termes aux populations malnutries. En 2025, les financements de l'IFSAN ont permis à ses partenaires, ONG et organisations internationales, de donner accès à une alimentation saine et nutritive à plus de 2 millions de personnes dans plus de trente pays où la faim frappe le plus durement les populations, notamment au Soudan, à Gaza et en République Démocratique du Congo.
Ces financements se sont également articulés avec ceux de l'Agence française de développement (AFD), du Centre de crise et de soutien (CDCS) et les contributions aux agences des Nations unies.
En dépit de la réduction importante de ses crédits d'APD, dans un contexte de fortes contraintes sur les dépenses publiques, la France demeure un acteur de premier plan de l'aide humanitaire et reste attachée à une action à la fois efficace, ciblée et prévisible, en particulier dans les contextes de crise les plus aigus.
La France reste également pleinement mobilisée pour faire de la nutrition une priorité de l'agenda humanitaire et diplomatique international.
Dans ce contexte, les partenariats avec le secteur privé apparaissent plus que nécessaires. L'entreprise Nutriset est un acteur mondial de référence dans le traitement de la malnutrition grâce au développement du Plumpy'Nut, aliment thérapeutique prêt à l'emploi utilisé par les principales agences humanitaires internationales dans les pays vulnérables. En 2025, les financements de la France ont permis l'achat et l'acheminement de 1500 tonnes de produits Nutriset en Syrie, à Gaza et au Soudan, qui ont permis de sauver de nombreuses vies.
Face à la baisse des financements publics observée depuis 2024 dans un grand nombre de pays donateurs, la France et ses partenaires doivent désormais rechercher des solutions innovantes et pérennes de financement. Plusieurs pistes apparaissent particulièrement prometteuses : le renforcement des synergies entre bailleurs afin de réaliser des gains d'efficience, la mobilisation des philanthropies, ou encore le développement des co-financements avec d'autres bailleurs, publics comme privés.
La proposition relative à l'évolution de la fiscalité sur les boissons sucrées, dans une perspective de financement des actions nutritionnelles, s'inscrit dans une réflexion plus large sur la mobilisation de ressources innovantes et cohérentes avec les objectifs de santé publique. Elle appelle, à ce titre, un examen attentif, en tenant compte de l'ensemble des paramètres budgétaires, sanitaires et économiques.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Bernard Jomier
Situation préoccupante de la fondation Oeuvre de la Croix Saint-Simon
Hantavirus
Dérives tarifaires dans des centres de soins non programmés
Encadrement des pratiques marketing des opérateurs de paris sportifs