Habitat insalubre
M Michel AmielLes Indépendants Sénateur — Bouches-du-RhôneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/11/2018Votre question précise appelle des réponses précises. Des voies et moyens existent déjà pour que les collectivités territoriales puissent recouvrer l'ensemble des frais engagés, y compris en matière de maîtrise d'ouvrage, à l'occasion des procédures de relogement ou de travaux, lorsque la commune doit se substituer à des propriétaires défaillants.
Pour aider les collectivités locales, l'État apporte un soutien financier important à ces opérations, notamment via l'Agence nationale de l'habitat, l'ANAH, qui subventionne les travaux d'office de remédiation réalisés par les communes au titre de diverses procédures, par exemple à la suite du non-respect d'un arrêté de péril ordinaire concernant un immeuble d'habitation. Cette subvention reste acquise à la commune, même après recouvrement complet des sommes engagées auprès du propriétaire ; c'était une demande ancienne des élus locaux.
Quand le problème concerne un immeuble en copropriété – situation toujours plus délicate –, l'ANAH est en mesure de subventionner les travaux d'office décidés par le maire en substitution des seuls copropriétaires défaillants qui ne paieraient pas leur quote-part de travaux.
Lorsque les communes se trouvent confrontées à des situations plus difficiles, par exemple quand des bâtiments placés durablement sous arrêté de péril ne font l'objet d'aucune action de la part des propriétaires, elles peuvent organiser, avec l'aide d'un opérateur spécialisé tel qu'un établissement public foncier, une opération de recyclage immobilier et foncier. Le déficit pourra être en partie financé par l'ANAH, qui a d'ailleurs prévu un budget de 15 millions d'euros au titre de 2019 pour ce type d'opérations.
Pour ce qui est de l'hébergement d'urgence, la commune peut demander l'aide du fonds d'aide au relogement d'urgence, le FARU, qui dépend du ministère de l'intérieur, de façon à assurer les dépenses urgentes.
La loi ÉLAN, qui vient d'être adoptée, offre de nouvelles solutions pour faciliter l'action des collectivités, ainsi que des moyens financiers supplémentaires pour mieux dépister ces situations par le transfert du bénéfice des astreintes imposées pour que les travaux soient réalisés.
Enfin, comme je le disais, il faut aussi travailler sur les délais, en prenant des mesures de simplification pour permettre à un maire qui veut aller vite de le faire. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à M. Michel Amiel, pour la réplique.
M. Michel Amiel. Je vous remercie, monsieur le ministre, de cette réponse assez précise. J'ajouterai que, pour reconquérir des quartiers où, bien souvent, l'espoir n'existe plus, il faut aussi faire reculer la pauvreté. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche. – Mmes Sophie Joissains et Françoise Laborde applaudissent également.)
Mme Samia Ghali. Bravo !
Source : senat.fr ↗
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