Tweet du ministre de l'action et des comptes publics
J Jérôme BascherLes Républicains Sénateur — OiseLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/11/2018M. Bruno Sido. À peine…
M. Gérald Darmanin, ministre. Il y a le fond et il y a la forme. Permettez-moi d'abord de revenir sur ce qui est sans doute le plus important, en tout cas quand on aime la littérature : le style.
Est-ce que, pour ma part, j'aurais dû être au Sénat vendredi ?
M. Bruno Sido. Oui !
M. Gérald Darmanin, ministre. Même si Olivier Dussopt me représente dignement, sans doute aurais-je dû être à ma place au banc ; j'aurais sans doute donné la même réponse sur le fond, qui est négative. Où étais-je ? Dans ma commune, c'est vrai, à accueillir deux ministres pour parler d'un grand projet de rénovation urbaine. (Vives exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Je le dis bien volontiers, monsieur le président, j'aurais dû être au Sénat, mais il est vrai que, de temps en temps, j'ai un petit remords, parce que je suis aussi, comme vous, élu ; j'ai été maire. (Mêmes mouvements sur les mêmes travées.)
M. Martial Bourquin. Vous devez être ministre à plein temps !
M. Vincent Éblé. Il faut arrêter le cumul !
M. Gérald Darmanin, ministre. Je fais d'ailleurs partie du corps électoral qui élit les sénateurs, et je comprends vos questions, monsieur Bascher. J'ai apprécié, comme beaucoup ici, la teneur de nos relations, et vous avez raison, au lieu d'écrire des tweets, il vaut mieux dire les choses en face. C'est d'autant plus vrai que je n'ai pas voulu, monsieur Dallier, – cela aurait été tout à fait inconvenant ; or je suis respectueux des institutions, et je suis à la disposition des assemblées parlementaires en tant que membre du Gouvernement –, lire les très nombreux tweets d'attaques personnelles auxquels j'ai eu droit, non pas avant-hier, mais depuis un an et demi. (Nouvelles exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Je ne l'ai pas fait, parce que, vous avez raison, il faut élever le débat.
Sur le fond, monsieur le sénateur, y a-t-il un problème de rémunération, notamment de fiscalité depuis 2007, concernant les élus des petites communes – et non pas des « petits élus » comme j'ai pu le lire ici ou là ? La réponse est oui.
M. Philippe Dallier. Il fallait le dire !
M. Gérald Darmanin, ministre. Cet amendement correspondait-il à l'objet que vous avez présenté ? L'honnêteté nous pousse à dire que la réponse est non.
Lors de la seconde délibération que le Sénat va demander, le Gouvernement sera-t-il favorable au fait de rétrécir, comme l'a demandé M. le Premier ministre, l'incitation fiscale des 1 500 euros d'abattement, jusqu'à 18 000 euros ? La réponse est oui, pour les communes les plus petites. (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mais il ne nous paraissait pas raisonnable, reconnaissez-le avec moi, que les présidents de région, les présidents de département et les maires de grandes villes, dont j'ai été, bénéficient des mêmes avantages fiscaux que les maires des communes les plus petites. Il y va de l'égalité républicaine. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à M. Jérôme Bascher, pour la réplique.
M. Jérôme Bascher. Monsieur le ministre, nous ne voulons plus de double discours ni de double langage. Les Français parlent un langage clair, eux ; ils ont raison, et les élus attendent, aujourd'hui ! (Voilà ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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