Risque de tsunami et alerte descendante
R Roland CourteauSER Sénateur — AudeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/05/2019L'alerte « montante » vers les autorités chargées de la sécurité civile fonctionne bien, j'ai pu le vérifier. Cependant, des insuffisances demeurent s'agissant d'une alerte « descendante » performante vers les populations, les communes et les préfectures, compte tenu de la nécessité de respecter des temps de réaction très courts.
Plusieurs faiblesses sont apparues à ce niveau. Outre des délais de transmission de l'alerte trop longs, avec une multiplication des intermédiaires aggravant la situation, la sensibilisation et la préparation des populations en cas d'alerte se révèlent insuffisantes. Par quels moyens alerte-t-on ? Haut-parleurs, panneaux lumineux ? La ville de Cannes s'est équipée en ce sens. C'est d'ailleurs, à ma connaissance, un cas unique sur notre littoral. Comment améliorer l'articulation entre alerte « montante » et alerte « descendante » ? Le Cogic ne manquerait-il pas d'effectifs ?
L'État, m'a-t-on dit, peut disposer de 5 000 sirènes pour couvrir les plages de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la côte Languedoc-Roussillon de l'Occitanie. Pourquoi attendre ?
Par ailleurs, les Antilles, La Réunion et Mayotte apparaissent démunies en matière de dispositifs d'alerte. Je suggère donc que le Cenalt puisse couvrir ces zones, ce qui représenterait une dépense, non pas de millions, mais de quelques milliers d'euros seulement.
Tenant sur le sujet un rapport à votre disposition, monsieur le secrétaire d'État, je rappelle que l'opinion publique accepte de moins en moins de voir les populations non protégées, alors même que des dispositifs d'alerte peuvent être instaurés pour sauver des vies humaines.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État.
M. Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur. Exposée au risque tsunami, la France a mis en place des mécanismes d'alerte et d'anticipation qu'il convient d'améliorer constamment.
La cinétique très rapide du phénomène tsunami nécessite une réaction tout aussi rapide de la chaîne d'alerte, impliquant le Centre d'alerte aux tsunamis, le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises, les services déconcentrés de l'État, les services d'incendie et de secours, ainsi que les collectivités territoriales.
Pour tester et améliorer l'efficacité de nos procédures, des exercices sont régulièrement organisés : il y en a eu quinze depuis le mois de mars 2017.
La totalité des messages d'alerte émis par le Cenalt a été relayée par le Cogic en moins de dix minutes, à la seule exception de l'exercice du 5 novembre 2018, au cours duquel l'envoi du message d'alerte est intervenu trente minutes après.
M. Roland Courteau. Eh oui ! C'est ça qui est grave !
M. Laurent Nunez, secrétaire d'État. La récurrence de ces exercices doit précisément permettre d'identifier les points de procédure à améliorer.
Il semble néanmoins nécessaire de raccourcir encore le délai entre l'alerte « montante » du Cenalt vers le Cogic et l'alerte « descendante » vers tous les acteurs. À cet effet, une réflexion collective est engagée afin d'optimiser cette alerte « descendante ». Ainsi, l'extension des missions du Cenalt, afin d'englober cette dernière, est inscrite à l'ordre du jour du prochain comité de pilotage du Centre, prévu ce mois-ci.
S'agissant des moyens d'alerte des populations, au 5 avril 2019, 1 865 sirènes ont été installées et raccordées au logiciel de déclenchement, soit près de 75 % du contingent cible de 2 500 sirènes fixé au titre de la première phase de déploiement qui s'achèvera en 2021.
L'alerte est multicanal et fait intervenir les médias, les collectivités territoriales, les partenaires et, à l'avenir, la téléphonie mobile.
Nous développons également des mesures de sensibilisation et d'information des populations : un guide pédagogique, relatif à l'alerte et aux mesures de protection en cas de tsunami, a ainsi été diffusé aux préfectures concernées le 22 février 2019.
Enfin, s'agissant de l'opportunité d'étendre les missions du Cenalt à l'outre-mer, notamment aux départements que vous avez cités, monsieur le sénateur Courteau, je tiens à préciser que la mission d'alerte aux tsunamis outre-mer est déjà assurée par des systèmes d'alerte internationaux.
M. le président. La parole est à M. Roland Courteau, pour la réplique.
M. Roland Courteau. Nos dix millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive, répartis sur tous les océans, soulignent notre vulnérabilité face au risque de tsunami. Mon intervention de ce jour, monsieur le secrétaire d'État, ne vise qu'à vous demander d'améliorer le dispositif existant en matière d'alerte « descendante ».
Vous indiquez que certaines réflexions sont en cours, que des décisions pourraient être mises en œuvre… Je prends note de votre réponse, dont je ferai part à l'Opecst pour suite à donner. Mais je précise une fois de plus qu'il est question, ici, de protéger des vies humaines, car si le phénomène est rare et imprévisible, il n'en est pas moins dévastateur. On peut parier sur sa rareté, mais gare si une catastrophe arrive ! Les responsabilités de chacun seront alors engagées !
Source : senat.fr ↗
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