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Question écrite ✓ Répondue le 05/12/2019 #11#

Chiffres des démissionnaires stagiaires et titulaires des premier et second degrés

Posée le 16/05/2019 · Ministère interrogé : Éducation nationale et jeunesse

Marie-Noëlle LienemannCRCE Sénatrice — Paris

La question

Mme Marie-Noëlle Lienemann attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur les démissions de stagiaires dans l'enseignement des premier et second degrés. Entre les années scolaires 2012-2013 et 2015-2016, le taux de démissionnaires stagiaires a augmenté de 2,10 % pour le premier degré et de 1,34 % dans le second degré. Dans le même temps, le nombre de démissions de titulaires s'élevait à 240 pour les premiers et à 225 pour les seconds. Depuis 2016 et l'avis budgétaire n° 144 (Sénat, 2016-2017) sur l'enseignement scolaire, aucun chiffre n'a été communiqué. Le rapport de la Cour des comptes de mai 2018, sur le recours croissant aux personnels contractuels, indique une hausse des effectifs enseignants non titulaires de plus de 15 % entre 2014-et 2016-2017 ; les besoins de remplacement sont supérieur aux effectifs d'enseignants titulaires remplaçants. Le rapport précise que ce besoin augmente en raison des difficultés à pourvoir les postes ouverts à la rentrée : « Depuis 2014, ce phénomène affecte de façon progressive le premier degré jusqu'alors épargné (2 400 postes en 2017) et le second degré connaît des tensions significatives et persistantes (15 % des postes non pourvus au certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES), dont 21 % en mathématiques en 2016) ». Elle lui demande donc de fournir les chiffres des démissionnaires stagiaires des premier et second degrés ainsi que le taux de démissionnaires titulaires du premier et du second degré.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 05/12/2019
L'objectif du ministère est de construire l'école de la confiance, qui passe notamment par une meilleure gestion des ressources humaines et des enseignants particulièrement. Si le ministère fait face à des démissions régulières, les constats des départs des personnels enseignants font apparaître une augmentation des démissions depuis 2013, qui est à relativiser au regard, d'une part, de la proportion des effectifs enseignants qu'elle représente (0,2 % primaire et secondaire), et d'autre part, de l'évolution à la hausse des recrutements de ces dernières années. Les tableaux suivants présentent l'évolution du nombre de démissions depuis l'année scolaire 2012-2013, tous motifs confondus.     Évolution des démissions des stagiaires
Année scolaire
Enseignants du premier degré
Enseignants du second degré
Volume de recrutements
Nombre de démissions
Volume de recrutements
Nombre de démissions
Stagiaires
Taux de démission des stagiaires
Stagiaires
Taux de démission des stagiaires
2017-2018
13 001
506
3,9%
13 600
358
2,6%
2016-2017
12 911
498
3,9%
13 600
303
2,2%
2015-2016
11 920
417
3,5%
13 009
262
2,0%
2014-2015
17 000
323
1,9%
21 550
265
1,2%
2013-2014
8 600
122
1,4%
11 000
133
1,2%
2012-2013
5 000
68
1,4%
8 600
78
0,9% Données exprimées en personnes physiques Période d'observation : démissions entre le 1er octobre de l'année N-1 et le 30 septembre de l'année N Champ : enseignants du secteur public uniquement Pour le premier degré : concours externes, seconds internes et 3e concours ; Pour le second degré : concours externes et 3e concours S'agissant des démissions de stagiaires, on constate une évolution à la hausse sur les trois dernières années. Toutefois, le volume des démissions est à rapprocher du volume des postes proposés aux concours chaque année. On constate ainsi que la part des démissions n'excède pas 2,6 % des recrutements dans le second degré en 2017-2018 (contre 1,2 % en 2013-2014). Ce taux est un peu plus élevé dans le premier degré avec 3,9 % en 2017-2018 (contre 1,4 % en 2013-2014). La hausse constatée sur 2016 peut, pour partie, être mise au regard de la double session de recrutement qui a eu lieu en 2014 (43 550 postes ouverts dans l'enseignement public toutes voies de recrutement confondues). Concernant les motifs de démissions invoqués par les stagiaires, il s'agit pour la plupart des situations, d'un décalage entre la représentation du métier d'enseignant et la réalité professionnelle. Est également invoquée la charge de travail liée aux productions croisées des préparations de classes et de réalisation du mémoire de recherche. En outre, concernant les stagiaires du premier degré, l'affectation dans un autre département que celui souhaité dans le cadre du concours académique est également invoquée par les démissionnaires. Ainsi, le ministère a engagé plusieurs actions de nature à améliorer la situation. Ainsi, dès la rentrée 2019, un parcours de préprofessionnalisation de trois ans sera proposé aux étudiants à partir de la licence. Il permettra une entrée progressive dans le métier de professeur avec un accompagnement et une prise de responsabilité adaptés. Par ailleurs, le déplacement du concours en fin de deuxième année de master allégera la charge de travail des étudiants car l'année de stage se déroulera après l'obtention du master.  Évolution des démissions des titulaires
Année scolaire
Enseignants du premier degré
Enseignants du second degré
Nombre de démissions
Nombre de démissions
Effectifs titulaires
démissions titulaires
Taux de démissions des titulaires
Effectifs titulaires
démissions titulaires
Taux de démissions des titulaires
2017-2018
338 897
861
0,25%
380 938
538
0,14%
2016-2017
335 036
694
0,21%
379 475
527
0,14%
2015-2016
335 638
532
0,16%
375 755
441
0,12%
2014-2015
331 385
461
0,14%
372 187
351
0,09%
2013-2014
325 891
384
0,12%
367 126
385
0,10%
2012-2013
326 708
289
0,09%
367 635
348
0,09% Données exprimées en personnes physiques Période d'observation : démissions entre le 1er octobre de l'année N-1 et le 30 septembre de l'année N Champ : enseignants du secteur public uniquement S'agissant des titulaires, on constate une évolution en légère hausse entre 2015 et 2018. Jusqu'en 2015, il a été observé une augmentation du nombre de démissions pour les motifs « création d'entreprise » et « projet personnel », en lien avec la mise en œuvre du décret portant création de l'indemnité de départ volontaire (IDV) en 2008. La modification du décret intervenue en 2014, qui supprime le bénéfice de l'IDV dans le cadre d'un départ pour projet personnel, a provoqué une diminution des démissions avec IDV à partir de l'année suivante. Pour autant, hors IDV, la part des démissions de titulaires reste peu significative au regard des effectifs enseignants (0,22 % dans le 1er degré et 0,12 % dans le second degré 2018). La crise de vocation n'est pas la raison invoquée par la grande majorité des enseignants titulaires qui démissionnent. C'est bien souvent le souhait de s'investir dans un nouveau projet d'ordre professionnel ou privé, comme créer une entreprise, qui les conduit à rompre de leur propre initiative le lien qui les unit à l'administration.

Source : senat.fr ↗

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