Situation des urgentistes
J Jean-Louis TourenneSER Sénateur — Ille-et-VilaineLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/06/2019En 2016, une loi de modernisation de notre système de santé a été votée et, à ma connaissance, elle n'a pas laissé les hôpitaux en meilleur état qu'ils ne l'étaient cinq ans auparavant. Tout le monde doit être humble aujourd'hui face aux difficultés à trouver des médecins, dans le contexte d'une démographie médicale catastrophique. Nous payons aujourd'hui les décisions prises voilà trente ans.
Avec humilité, j'essaye de trouver des solutions. J'ai proposé une réforme ambitieuse, dans laquelle je vais demander aux professionnels de ville de mieux s'organiser pour pouvoir partager les tâches et de mieux coopérer autour des patients chroniques, pour libérer du temps médical, pour que les médecins urgentistes puissent se focaliser sur les vraies urgences, et pas forcément les besoins de soins non programmés de nos concitoyens.
La réforme que je propose est financée. Je viens de dégager plus de 700 millions d'euros pour l'hôpital, avec une augmentation des tarifs pour 2019. J'ai demandé en outre qu'une partie de ce budget soit fléchée pour améliorer les conditions de travail dans les services d'urgences, notamment pour rénover les locaux. Beaucoup sont trop petits pour accueillir le nombre de passages, d'autres sont vétustes, ce qui accroît les difficultés des soignants. Certains me diront qu'il ne suffit pas de repeindre. Ils ont raison, mais je veillerai à ce que nos concitoyens bénéficient de conditions d'accueil plus dignes.
Par ailleurs, des mesures ont été proposées la semaine dernière devant le Congrès national des urgences. Elles visent à attribuer des rémunérations individuelles aux soignants qui sont soumis à des rythmes et des conditions de travail difficiles. La prime de risque sera harmonisée sur l'ensemble du territoire pour que tous les soignants des urgences puissent en bénéficier. D'autres mesures sont proposées, mais je reviendrai dans le détail sur leur mise en œuvre d'ici à la fin de la semaine. (Mme Françoise Gatel, MM. François Patriat, Jean-Claude Requier et Jean-Marie Janssens applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Louis Tourenne, pour la réplique.
M. Jean-Louis Tourenne. Madame la ministre, vous plastronniez lorsque le budget était en équilibre grâce aux efforts de la gauche pendant des années. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Maintenant qu'il est en équilibre, vous puisez à pleines mains dans les caisses de la sécurité sociale et vous n'avez plus de moyens pour satisfaire les besoins de l'hôpital ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain.)
Source : senat.fr ↗
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