Interdiction des serres chauffantes
J Joël LabbéGEST Sénateur — MorbihanLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/07/2019Aujourd'hui, le débat est non pas de savoir si on doit ou non chauffer les serres, mais si on surtranspose ou non des directives européennes. Le Gouvernement n'est pas favorable à la surtransposition de directives européennes. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains et du groupe Union Centriste.) Je le dis très clairement.
Il est clair également qu'il n'est pas question que, en France, des légumes ou des fruits bio sortent de serres chauffées en janvier ou en février. Ce serait scandaleux. Il faut travailler sur la saisonnalité. L'éducation à la saisonnalité et au goût est absolument indispensable. (Applaudissements sur des travées du groupe Union Centriste.) Tel est le cadre que souhaite fixer le Gouvernement ; c'est dans ce cadre que les acteurs de la culture biologique devront se prononcer. C'est à eux de le faire, c'est très important.
J'ajoute cependant que, lorsqu'il gèle en avril ou en mai, ou lorsque de fortes pluies créent des problèmes, nous sommes bien contents d'avoir des serres chauffées. La question n'est donc pas d'être pour ou contre le chauffage des serres – même la Fédération nationale d'agriculture biologique n'y est pas opposée –, elle est de savoir dans quel cadre nous fixons les règles. C'est la ligne que j'ai fixée au Comité national de l'agriculture biologique, qui devra prendre une décision jeudi.
Nous ne sommes pas opposés au chauffage des serres. Nous sommes contre la surtransposition et la contre-saisonnalité des fruits et légumes. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche et du groupe Union Centriste.)
M. le président. La parole est à M. Joël Labbé, pour la réplique.
M. Joël Labbé. Certes, monsieur le ministre, c'est aux acteurs de prendre leurs responsabilités, mais la voix du Gouvernement, vous le savez bien, a une importance forte.
Le cahier des charges de l'agriculture bio, élément de notre patrimoine national, est exigeant et cohérent. Il est important d'en préserver la qualité.
Le bio – c'est son essence – doit être local. Il doit respecter la saisonnalité et le lien au sol. Ouvrir la voie à l'industrialisation de ce label est un non-sens, à la fois sur le plan environnemental, à l'heure de l'urgence écologique et climatique, et sur le plan économique, puisque c'est toute la filière bio qui risque d'être déstabilisée, décrédibilisée, banalisée.
Aujourd'hui, votre réponse ne me satisfait toujours pas. J'espère vivement qu'elle deviendra plus claire.
Source : senat.fr ↗
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