Réforme des retraites
P Philippe PemezecLes Républicains Sénateur — Hauts-de-SeineLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 31/10/2019M. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites, délégué auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, je vous remercie de me demander de préciser.
Il ne vous a pas échappé que, depuis deux ans – le temps de l'élaboration du rapport –, le cap est resté strictement identique, à savoir mettre en place un système universel des retraites, avec des principes extrêmement clairs : mêmes règles pour tous ; à carrières identiques, cotisations identiques et retraites identiques ; mise en place d'un régime universel, dont le but est de supprimer la totalité des régimes spéciaux – c'est écrit –, en acceptant quelques dérogations et spécificités… (Exclamations sur les travées des groupes Les Républicains et SOCR.)
M. Rachid Temal. Universel, dites-vous ?…
M. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire. Attendez, n'allez pas si vite ! Certaines demandes de spécificités sont celles que vous soutenez. Je pense notamment aux militaires, aux fonctions régaliennes, mais aussi aux indépendants et aux commerçants, pour qui l'application stricte de ces règles créerait un déséquilibre économique. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
Les choses sont donc extrêmement claires. (Marques d'ironie sur les travées du groupe Les Républicains.)
Par ailleurs, le calendrier a été très clairement fixé par le Premier ministre devant le Conseil économique, social et environnemental.
M. François Bonhomme. Ce calendrier, il est mouvant !
M. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire. Aujourd'hui, dans le cadre des 350 réunions organisées avec l'ensemble des ministres concernés, nous sommes en train d'examiner très concrètement comment garantir ce principe universel que notre société soutient.
En effet, nos concitoyens veulent les mêmes règles pour tous ; ils veulent des règles d'équité ; ils veulent que leur retraite soit calculée comme celle de leurs voisins ; et en même temps ils veulent que l'on examine très concrètement les conséquences, catégorie professionnelle par catégorie professionnelle.
Je le répète, 350 réunions sont programmées. En même temps (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.), nous ouvrons un certain nombre de débats.
Permettez-moi de vous corriger, monsieur le sénateur : nous ne supprimons pas la répartition au profit du point, puisque l'élévation à trois plafonds représente le niveau de répartition le plus élevé des pays développés. C'est là le cœur de la solidarité intergénérationnelle à laquelle, je le sais, vous êtes profondément attaché. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Pemezec, pour la réplique.
M. Philippe Pemezec. Tout cela reste tout de même extrêmement flou… C'est un peu l'impression que nous laisse ce nouveau monde : un va-et-vient permanent et anxiogène, monsieur le haut-commissaire. La seule chose qui apparaisse évidente, c'est que les pensions vont baisser en 2020, puisque c'est inscrit dans le projet de loi de finances.
Le véritable courage aurait sans doute été d'admettre que, pour maintenir le niveau des pensions, il faut augmenter le temps de cotisation, comme l'ont fait d'ailleurs tous les pays voisins.
Le Président de la République affirme qu'il veut aller jusqu'au bout de cette réforme… Mais de quelle réforme s'agit-il ?
Source : senat.fr ↗
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