Ligne à grande vitesse Perpignan-Montpellier
R Roland CourteauSER Sénateur — AudeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/12/2019Au cours des trente dernières années, nous sommes passés par le chaud et par le froid : optimisme, après la venue de la mission Querrien en 1990 qui nous promettait la réalisation de la ligne dans les dix années à venir ; pessimisme, après le sommet d'Athènes ; optimisme, de nouveau, après celui de Corfou et les études d'avant-projet sommaire (APS) ; optimisme volontaire en 1997, alors que, en ma qualité de rapporteur du projet de loi autorisant la ratification de l'accord franco-espagnol pour la réalisation de la ligne à grande vitesse transpyrénéenne Perpignan-Figueras, je recommandais la réalisation concomitante du tronçon Montpellier-Perpignan.
Au fil des années, le projet est arrêté, relancé puis reporté. « Vieux serpent de mer », écrivait la presse. Moi, je dirais plutôt qu'on nous promène ! Cela va-t-il continuer, madame la secrétaire d'État ?
Je suis suffisamment intervenu sur le caractère structurant de ce projet, sur le potentiel de trafic, sur l'encombrement des axes et sur la vulnérabilité de la ligne actuelle pour ne pas, une énième fois, en rajouter. Qu'allez-vous me répondre ?
Mme Borne a annoncé cet été un financement de 2,5 millions d'euros pour des acquisitions foncières. Pouvez-vous m'en dire plus ? L'Europe a indiqué que le projet était éligible à ses financements. Les collectivités sont prêtes. L'État détient la clé du lancement du projet.
Madame la secrétaire d'État, sans langue de bois, s'il vous plaît, veuillez préciser le calendrier et les intentions du Gouvernement.
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire. Monsieur le sénateur, vous avez appelé l'attention du secrétaire d'État aux transports sur la réalisation de la ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan, notamment à la suite des épisodes climatiques dramatiques que nous avons connus dans les départements de l'Aude et de l'Hérault.
La ligne existante qui relie Sète à Narbonne a été endommagée en plusieurs points en raison des précipitations exceptionnelles survenues mardi 22 et mercredi 23 octobre. Je peux vous assurer que SNCF Réseau met tout en œuvre pour assurer une réouverture complète de la ligne, attendue pour le tout début du mois de décembre.
M. Roland Courteau. Ce n'est pas ma question !
Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État. Le principe de la ligne nouvelle ne fait pas débat et ce type d'événement exceptionnel conforte sa nécessité.
Je peux vous confirmer l'engagement de l'État sur l'axe ferroviaire méditerranéen, que ce soit aux côtés de l'Espagne, dans la réalisation de la liaison internationale Perpignan-Figueras, ou pour le projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan.
L'État a sécurisé l'ensemble du tracé de l'opération en renouvelant la déclaration de projet d'intérêt général en 2018.
L'exposé des motifs du projet de loi d'orientation des mobilités affiche un calendrier de réalisation de cette ligne tenable à ce jour, sur les plans opérationnel et budgétaire, avec un engagement des travaux de la section Montpellier-Béziers à un horizon de dix ans et de vingt ans pour la section Béziers-Perpignan. (M. Roland Courteau s'exclame.)
Sur le volet du financement, l'État privilégie le scénario 2 du Conseil d'orientation des infrastructures. C'est sur cette base que la réalisation des infrastructures se fera et que le budget de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) sera construit au cours des prochaines années.
Il conviendra de réunir rapidement les cofinanceurs en vue de relancer les études préalables à l'enquête publique et d'avoir un accord de principe sur le financement des études ex ante, ainsi que sur les travaux de la ligne nouvelle. Cet accord devra prendre en compte une participation européenne.
Mme la présidente. La parole est à M. Roland Courteau, pour la réplique.
M. Roland Courteau. Madame la secrétaire d'État, vous annoncez dix ans de délai pour Montpellier-Béziers et vingt ans pour Béziers-Perpignan. Oh là là ! Mais cela fait trente ans que nous attendons ! Nous aurons donc attendu cinquante ans cette ligne nouvelle Perpignan-Montpellier !
La mobilisation de la presse régionale n'a jamais été aussi forte et déterminée. La colère monte, je vous préviens. Les années passant, il y a de quoi ! Peut-être devrons-nous nous adresser plus haut…
Source : senat.fr ↗
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