Situation critique du service de réanimation pédiatrique du centre hospitalier du Mans
N Nadine Grelet-CertenaisSER Sénatrice — SartheLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/03/2020Mme Nadine Grelet-Certenais. Le 20 février dernier, nous avons reçu une bonne nouvelle concernant le maintien de la cellule de néonatalogie du centre hospitalier du Mans (CHM), malgré la fermeture début janvier de quatre lits en raison du manque de médecins. Grâce aux efforts conjugués des équipes du pôle Femme Mère Enfant du CHM, des pédiatres de la clinique du Tertre Rouge, des pédiatres quittant le CHM ou encore des CHU d'Angers et de Nantes, le planning médical est aujourd'hui sécurisé jusqu'en novembre prochain. La maternité du Mans a donc, pour le moment, préservé son niveau 3, qui lui permet d'accueillir les nouveau-nés et leur mère venus des départements voisins.
Je tiens ici à saluer la solidarité des médecins et la coopération régionale qu'a su faciliter le directeur général du CHM, M. Olivier Bossard, ainsi que ses équipes. Cette solidarité interdépartementale est sans doute une des réponses à apporter pour endiguer la désertification médicale, même si elle ne peut être suffisante en soi. En effet, l'équilibre demeure fragile, et le risque de déclassement du CHM n'est pas encore totalement écarté. C'est pourquoi je souhaite que le ministère et l'agence régionale de santé accordent une attention particulière à cet établissement de santé, si fondamental pour le département de la Sarthe.
Cet exemple démontre bien la déliquescence de notre système de santé et les difficultés auxquelles font face les personnels de l'hôpital public. Le 14 février dernier, les chefs de service vous ont appelé à une révision profonde du mode de financement, afin d'inciter à la pertinence des soins, plutôt qu'au développement des seules activités rentables pour l'établissement.
Même si une dynamique positive est lancée pour le maintien d'un service de néonatologie performant au Mans, je souhaite connaître l'accompagnement dont bénéficiera le CHM pour assurer la pérennité des activités du pôle Femme Mère Enfant et sécuriser des services aussi vitaux que ceux qui sont liés à la naissance et la réanimation pédiatrique.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État.
M. Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités et de la santé. Comme vous l'avez précisé, madame la sénatrice Nadine Grelet-Certenais, le centre hospitalier du Mans a fait l'objet d'une attention particulière de la part du ministère et de l'agence régionale de santé, attention qui sera maintenue à l'avenir.
Le service de réanimation pédiatrique et néonatale de ce centre hospitalier a été confronté à de nombreuses difficultés ces dernières semaines.
Les responsables du centre ont pris toute une série de mesures touchant à l'organisation interne et aux activités du service : recherche active de praticiens avec le soutien de l'agence régionale de santé ; fermeture des quatre lits de réanimation pédiatrique pour sauvegarder la réanimation néonatale, représentant 400 séjours par an, les soins intensifs de néonatologie et la néonatologie. L'objectif était de préserver vingt-huit lits afin de satisfaire aux besoins prioritaires de la maternité, qui assure 3 600 naissances par an.
Les conditions de sécurité et les protocoles de prises en charge sont assurés en liaison très étroite avec le CHU d'Angers et tous les autres établissements concernés.
Une coopération a été établie entre le centre hospitalier du Mans et la clinique du Tertre Rouge, cette dernière disposant d'une autorisation de soins intensifs. Les réanimateurs pédiatres de cet établissement viendront assurer des gardes au centre hospitalier afin de compléter l'équipe.
Une réorganisation a été mise en œuvre pour permettre à l'équipe restante de se concentrer sur les prises en charge intensives.
L'ARS a réuni les différents acteurs – CHU de Tours, Angers, Nantes et la clinique du Tertre Rouge au Mans – à plusieurs reprises. Les CHU de Tours et d'Angers se sont ainsi engagés à mettre en place, dès le mois de novembre, des postes d'assistants partagés avec le centre hospitalier du Mans.
Les appuis trouvés au sein de l'équipe de pédiatrie du Mans, avec les pédiatres de la clinique du Tertre Rouge, avec les CHU d'Angers et de Nantes permettent de consolider le tableau de gardes jusqu'en novembre 2020 et de maintenir les activités, hormis la réanimation pédiatrique.
Le centre hospitalier du Mans poursuit sa recherche de médecins pédiatres afin de stabiliser son équipe médicale et peut compter, pour ce faire, sur le soutien de l'ARS. Cette dernière, en concertation avec les élus, les professionnels de santé et tous les acteurs du territoire, proposera à l'issue du premier semestre un pacte santé en faveur de la Sarthe pour la période 2020-2022, qui permettra de valoriser et d'amplifier les projets existants, de prolonger l'accompagnement en vue d'améliorer l'accès aux soins dans ce département.
M. le président. La parole est à Mme Nadine Grelet-Certenais, pour la réplique.
Mme Nadine Grelet-Certenais. J'accueille avec beaucoup de satisfaction ce pacte santé en faveur de la Sarthe.
Le service dont nous parlons, monsieur le secrétaire d'État, doit absolument survivre au-delà du mois de novembre. Parce qu'on sait que les autres services venus prêter main-forte pour pouvoir le maintenir sont eux-mêmes saturés en termes d'accueil, c'est un service absolument primordial pour la Sarthe, comme pour les départements voisins.
J'ai été alertée à de nombreuses reprises par les syndicats et professionnels médicaux. Ceux-ci dénoncent des conditions d'exercice déjà très tendues et indiquent qu'il faudrait trouver beaucoup plus de professionnels que ceux que l'on trouve actuellement pour pouvoir offrir des conditions de travail satisfaisantes. Or, actuellement, ce sont bien les conditions de travail tendues qui expliquent que les professionnels repartent au bout d'un moment.
Je sais que la problématique, d'envergure nationale, n'est pas proprement liée au département de la Sarthe, mais je souhaitais néanmoins appeler votre attention sur cette situation particulière.
Source : senat.fr ↗
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