Coronavirus
J Jérôme BascherLes Républicains Sénateur — OiseLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/03/2020M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur. Monsieur Bascher, je vais répondre très précisément à la question sur les élections municipales, mais, tout d'abord, je ne puis évidemment pas vous laisser parler d'une « impréparation » à la crise que nous vivons avec cette épidémie !
J'ai d'ailleurs moi-même appelé, dès la sortie du conseil de défense, la plupart des élus de l'Oise pour leur expliquer les mesures que nous avions prises dans la plus grande transparence. Jamais peut-être une crise n'aura été gérée dans une telle transparence.
Je crois qu'il ne faut pas rompre le consensus sur un sujet qui intéresse la Nation tout entière. Or vous prenez la responsabilité de le rompre, monsieur le sénateur. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM, ainsi que sur des travées du groupe UC.)
M. François Patriat. Très bien !
M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Et Olivier Véran ne fait pas l'objet d'un confinement ! (Sourires.)
M. Laurent Nunez, secrétaire d'État. Concernant les élections municipales, il y a d'abord l'état du droit.
Vous le savez, la date des élections municipales est fixée par un décret pris en application du code électoral. C'est généralement en mars. Le report par décret n'est possible que dans les limites du mois de mars ; au-delà, il faudrait une loi.
M. Ladislas Poniatowski. Ou un décret sanitaire !
M. Laurent Nunez, secrétaire d'État. Ce qui nous importe, c'est la situation sanitaire.
Est-ce qu'il y a un risque sanitaire à se rendre dans un bureau de vote ? En l'état de nos connaissances sur le virus, il n'y a pas de risque identifié à ce stade, les votants étant assez éloignés les uns des autres – il y a généralement des espaces d'un mètre dans une file.
Aussi, il n'est évidemment pas envisagé de reporter les élections municipales. Cette décision n'est absolument pas à l'ordre du jour. (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Ladislas Poniatowski. Cela reste possible !
M. Laurent Nunez, secrétaire d'État. Évidemment, nous aurons des discussions avec les associations d'élus pour savoir quelles mesures prophylactiques il convient éventuellement d'envisager pour que les élections se déroulent tout à fait normalement, ce qui est le souhait du Gouvernement.
Pour conclure, je vous confirme le maintien des élections, monsieur le sénateur, tout en déplorant de nouveau les propos que vous avez tenus et qui m'apparaissent indignes au regard de l'engagement dans notre pays de l'ensemble du système sanitaire, de l'appareil administratif et du Gouvernement. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM. – Protestations sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Jérôme Bascher, pour la réplique.
M. Jérôme Bascher. Monsieur le secrétaire d'État, ne parlons pas d'indignité ! Nous sommes sur le terrain comme vous. Le préfet fait son travail. Il est d'ailleurs contaminé, preuve que l'on n'en a pas fait assez pour les « premiers de cordée ». (Exclamations sur les travées des groupes LaREM, Les Indépendants et UC.)
Je vous remercie de votre réponse, mais sachez que nous sommes aussi attentifs que vous à la démocratie, monsieur le secrétaire d'État. Quant à la crise, ne vous inquiétez pas, le Parlement contrôlera ce qui se sera passé via une commission d'enquête. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Jérôme Bascher
Vidéo-verbalisation des poids lourds
Situation des résidences gérées au regard de la déclaration de biens immobiliers
Accompagnement scolaire et médical des mineurs handicapés
Évolution des actes d'état civil