Assassinat de Samuel Paty
P Philippe PemezecLes Républicains Sénateur — Hauts-de-SeineLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/10/2020M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Pemezec, si le constat peut nous rapprocher, nous avons des différences sur quelques-unes de vos solutions…
D'abord, vous faites un lien, que j'ai déjà entendu plusieurs fois, pas de la part de tous les représentants du groupe Les Républicains, mais de la part de quelques-uns, qui revient à dire : étranger égale islam, islam égale problème, problème égale terrorisme. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Jean Castex, Premier ministre. Eh oui !
M. Gérald Darmanin, ministre. Quand on dit qu'on arrête totalement l'immigration, c'est qu'on pense que, par principe, tout étranger qui vient sur le territoire national pourrait être un problème.
M. Jean Castex, Premier ministre. Absolument !
M. Gérald Darmanin, ministre. Or beaucoup de gens qui demandent le droit d'asile en France fuient des dictatures islamistes ; ce sont par exemple des femmes qui veulent avoir le droit de laisser leurs cheveux flotter au vent dans la rue.
Cette caricature n'honore ni la laïcité ni la vocation universelle de la France, y compris lorsque nous parlons d'immigration en provenance de pays arabes.
Ensuite, je ne pense pas qu'il y ait un procès à faire sur le thème des naturalisations ou alors il s'agit du procès de la majorité que nous soutenions, moi jeune militant, vous parlementaire… En effet, il y a eu 84 000 naturalisations par an entre 2007 et 2012 et 54 000 sous la présidence Macron. Vous faisiez donc peut-être votre propre procès…
M. Bruno Retailleau. C'est petit !
M. Gérald Darmanin, ministre. Si l'on regarde bien les choses, la famille du terroriste de Conflans-Sainte-Honorine est arrivée en France sous le Président Chirac, a eu ses papiers sous le Président Sarkozy, n'a pas été expulsée sous le Président Hollande et un attentat est commis sous le Président Macron !
Monsieur le sénateur, il est facile de poser des questions, plus difficile d'y apporter des réponses, et il faut beaucoup de courage pour réparer les erreurs du passé. C'est pour cette raison qu'être ministre de l'intérieur est un grand honneur. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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