Renforcement du protocole sanitaire dans les lycées
Thomas DossusGEST
Sénateur — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/11/2020M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Monsieur le sénateur Dossus, à écouter votre intervention, je me dis que nous pourrions tomber d'accord si nous étions dans un pays plus consensuel : nous partageons, en effet, les mêmes objectifs. Vous l'avez dit : vous êtes pour que les élèves aillent à l'école. Vous avez dit aussi que vous étiez pour des protocoles sanitaires stricts. Un jour, des historiens feront le bilan de tout ce qui a été dit, dans les hémicycles des deux chambres, sur ces sujets ; nous verrons, alors, où est la cohérence… (Oh ! sur des travées des groupes GEST, SER, CRCE et Les Républicains.)
Mme Pascale Gruny. Quelle agressivité !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Pour ce qui est du protocole sanitaire, il a été élaboré au mois de juillet. Il est public depuis lors. Sa logique est celle d'un curseur ; autrement dit, nous sommes capables d'en accentuer certains éléments ou, au contraire, de revenir en arrière en fonction de la situation épidémique. C'est ainsi qu'un « protocole sanitaire 1 » a été mis en œuvre en septembre et octobre. Ce protocole – je l'affirme – a été un succès. Il fait de nous l'un des rares pays qui ont réussi à faire revenir en classe tous leurs professeurs et tous leurs élèves. Regardez les courbes épidémiques récentes, y compris celles de Santé publique France : c'est pendant les périodes de vacances que la contamination est la plus forte. Et c'est justement en septembre et octobre que nous avons pu obtenir le succès dont je viens de parler, grâce au travail de tous – il ne s'agit pas de la personne du ministre : ce sont les un million de personnels de l'éducation nationale qui ont fait respecter le protocole sanitaire et ont permis ces résultats.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Tout va bien !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Avec l'accélération de la circulation du virus, nous prenons, à la rentrée, des mesures plus strictes encore. Dès la rentrée, j'ai dit que des assouplissements seraient possibles ; nous avons d'ailleurs mis en œuvre de tels assouplissements la semaine dernière.
Évidemment, ce genre de situations présente des inconvénients, qu'il est assez facile, pour une opposition, de souligner. Néanmoins, sur le terrain, nous avons réussi à ce que la plupart des écoles, des collèges et des lycées puissent continuer à fonctionner de façon aussi normale que possible.
Vous dites qu'il y a une contestation ? Il y a eu 8,38 % de grévistes la semaine dernière. Je sais bien que vous pensez que, en période de crise sanitaire, il faut créer davantage de conflictualité politique ;… (Protestations sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Christian Cambon. Ces propos sont de trop !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. … j'aimerais, moi, qu'il y en ait moins et que vous regardiez les performances de la France, qui sont, au contraire de ce que vous dites, bien meilleures que celles de la plupart des pays comparables. (Protestations sur des travées des groupes GEST, SER et Les Républicains. – Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Thomas Dossus, pour la réplique.
M. Thomas Dossus. Monsieur le ministre, les chiffres de Santé publique France sont bien supérieurs aux chiffres de votre ministère. Donnez-vous enfin les moyens budgétaires de faire appliquer les protocoles et d'assurer l'indispensable service public de l'éducation, « quoi qu'il en coûte » ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Source : senat.fr ↗
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