Politique sociale du Gouvernement et mesures d'accompagnement face à la crise
M Martine FilleulSER Sénatrice — NordLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/12/2020M. Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargé de l'enfance et des familles. Madame la sénatrice, vous avez raison : la crise de la covid-19 a déclaré la guerre aux classes populaires, qui sont plus exposées à la maladie, mais aussi à la récession, donc au chômage.
Nous avons un devoir de solidarité à l'égard de nos concitoyens. Cependant, le Gouvernement en a ressenti l'urgence non pas depuis cette crise sanitaire, mais dès 2017, sur les questions à la fois d'accès à la santé, d'accès à l'emploi et de solidarité.
Mesdames, messieurs les sénateurs, un certain nombre d'entre vous nous reprochent de ne pas avoir augmenté les minima sociaux.
Permettez-moi de vous rappeler que, dès 2017, nous avons augmenté un certain nombre d'allocations en faveur des plus fragiles. Je pense à l'allocation aux adultes handicapés, à l'allocation de solidarité aux personnes âgées, à la revalorisation de la prime d'activité, dont vous avez dû lire, dans le dernier rapport de l'Insee, qu'elle avait permis de diminuer le taux de pauvreté dans notre pays.
Je vous rappelle aussi que la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté consacre 8,5 milliards d'euros en faveur des personnes les plus précaires dans notre pays.
Nous assurons aussi l'accès à la santé pour tous, sans barrière financière : dès le 1er janvier 2021, sera effectif le dispositif « 100 % santé », avec un remboursement des frais d'optique, dentaires et auditifs. Le Ségur de la santé consacre 100 millions d'euros chaque année à la lutte contre les inégalités en santé, qui est une autre forme d'inégalité puissante dans notre pays.
Nous avons instauré la prise en charge à 100 % de tous les frais de santé liés à la covid-19, à laquelle, je le répète, les populations les plus précaires sont le plus exposées.
Enfin, nous protégeons les plus fragiles. Ainsi, nous avons reconduit, pendant la crise, l'ensemble des droits aux minima sociaux et nous avons mobilisé, au total, 3,5 milliards d'euros pour les aides directes, qui ont bénéficié à près de 8 millions de nos concitoyens.
Nous avons dégagé des dizaines de millions d'euros pour assurer la mise à l'abri, l'accès à l'alimentation et la mise à disposition de masques. Je me permets, à cet égard, de saluer le travail réalisé par les associations en ce sens.
Enfin, vous le savez, nous mobilisons 6,7 milliards d'euros pour le plan « 1 jeune, 1 solution ». (Mme Patricia Schillinger applaudit.)
Mme la présidente. La parole est à Mme Martine Filleul, pour la réplique.
Mme Martine Filleul. Je vous remercie, monsieur le secrétaire d'État, de votre réponse et de votre attention.
Néanmoins, je persiste à penser que cette crise aurait pu être l'occasion pour vous d'opérer un changement complet de logiciel, de mettre en place une véritable politique de l'emploi et de traiter véritablement la question sociale. Vous en avez décidé autrement.
Décidément, votre gouvernement reste celui des élites ! (Applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Martine Filleul
Conventionnement du chantier d'insertion des Restaurants du coeur
Non prise en charge des adultes handicapés dans le Nord
Situation de l'usine Vertbaudet
L'abandon des écoles d'art et de design par l'État