Situation des étudiants
Alain HoupertLes Républicains
Sénateur — Côte-d'Or
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/02/2021M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le sénateur, vous me voyez dans la nécessité de répondre à cette question.
M. Julien Bargeton. C'est trop d'honneur !
M. Jean Castex, Premier ministre. Si j'étais provocateur – mais vous savez que je ne le suis pas –, je vous donnerais une information : nous traversons une crise sanitaire gravissime.
Pas une fois dans votre question vous n'avez cité les mots « covid », « virus » ou « crise sanitaire »,…
M. Julien Bargeton. C'est vrai !
M. Jean Castex, Premier ministre. … laissant à penser – mais personne ici ne l'a cru – que c'est le gouvernement de la République qui serait à l'origine de la situation actuelle.
Plusieurs sénateurs du groupe Les Républicains. Il n'a pas dit ça !
M. Jean Castex, Premier ministre. Je le concède, les conséquences de cette situation sont totalement dramatiques pour les étudiants et, en effet, pour bon nombre de nos compatriotes.
À l'heure où la circulation virale et le nombre de personnes hospitalisées et en service de réanimation sont extrêmement élevés, à l'heure où des variants se développent – vous connaissez tout cela par cœur, mesdames, messieurs les sénateurs –, à l'heure où la plupart des pays qui nous entourent ont également fermé ou significativement restreint l'accès à leurs établissements d'enseignement supérieur, que proposez-vous ? De les rouvrir massivement ? Ce serait totalement irresponsable ! Ce serait le pire des services à rendre aux étudiants de France ! (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Albéric de Montgolfier. Facile !
M. Jean Castex, Premier ministre. Bien sûr, nous nous occupons d'eux, et nous le faisons en responsabilité.
Leur donner deux repas à 1 euro par jour dans les Crous, c'est, dites-vous, leur faire l'aumône ? Moi, j'affirme que c'est un honneur ! Car les étudiants y vont, en profitent ; ils en ont besoin ! Ce n'est pas du tout dégradant !
S'occuper de leur santé, y compris de leur santé psychologique, essayer d'organiser, en lien avec la communauté universitaire, le retour extrêmement précautionneux et entouré de toutes les garanties sanitaires dans les conditions que la ministre de l'enseignement supérieur a rappelées, c'est ce qu'il fallait faire. C'est équilibré ! On ne peut pas faire n'importe quoi dans cette crise. Nous devons être prudents. Vous le savez toutes et tous.
Il est inutile de faire croire que le Gouvernement serait à l'origine de la situation. C'est une crise sanitaire ! Il faut tenir un langage de vérité et de responsabilité en même temps qu'un discours et des actions de la plus grande bienveillance à l'égard de la communauté étudiante ; c'est ce que nous faisons ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes INDEP, RDSE et UC.)
M. le président. La parole est à M. Alain Houpert, pour la réplique.
M. Alain Houpert. Monsieur le Premier ministre, je suis très heureux que ce soit vous qui ayez répondu à ma question. Je salue l'élu de terrain que vous êtes. Tous les deux, nous avons beaucoup d'humanité, comme tous ici.
Vous avez prononcé le mot « covid ». Dans la course aux vaccins qui a été choisie par votre gouvernement pour sortir de la pandémie, la France vient de déclarer forfait. Au pays de Pasteur, c'est un sacré revers ! (Exclamations sur les travées du groupe RDPI.) Les explications de ce fiasco sont nombreuses, mais, pour ma part, j'en retiens une : la faillite de notre excellence scientifique universitaire.
Le vaccin Pfizer a été développé avec l'université de Mayence (Marques d'impatience sur les travées du groupe RDPI.) et celui d'AstraZeneca avec l'université d'Oxford.
M. le président. Il faut conclure !
M. Alain Houpert. Un gouvernement qui sacrifie sa jeunesse n'a pas d'avenir ! (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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