Centrale biomasse de Gardanne
Guy BenarrocheGEST
Sénateur — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 18/02/2021Mme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique. Monsieur le sénateur Benarroche, comme vous le signalez, le Président de la République s'est engagé à fermer les dernières centrales à charbon d'ici à 2022. C'est un pas important sur le plan écologique : nous économiserons ainsi l'équivalent des rejets de CO2 de 4 millions de véhicules.
Bien sûr, la fermeture des centrales implique de donner aux territoires concernés de nouvelles perspectives de développement. Nous le faisons, main dans la main, avec les collectivités, les partenaires sociaux et les associations, à travers les pactes territoriaux.
Vous citez la centrale de Gardanne. Vous n'ignorez pas que cette décision de politique énergétique, que vous soutenez, n'est pas aisée à mettre en œuvre. Disons-le : des emplois sont supprimés sur le site de la centrale, comme auprès des sous-traitants et sur le grand port de Marseille-Fos. C'est une difficulté supplémentaire sur le territoire de Gardanne.
C'est pourquoi nous avons apporté des solutions complémentaires, à travers des crédits supplémentaires de l'État et un accompagnement social renforcé des salariés.
Enfin, nous n'avons pas souhaité ajouter de la difficulté aux difficultés. En effet, la centrale de Gardanne-Meyreuil compte une tranche biomasse, autorisée il y a près de dix ans maintenant, par le gouvernement de l'époque. Le contrat de rachat de l'énergie produite suit un mécanisme classique, correspondant à l'ancienne politique de soutien à l'électricité produite à partir de biomasse.
J'y insiste, ce n'est pas une spécificité de Gardanne : plusieurs dizaines de lauréats ont été désignés entre 2005 et 2019, à l'issue d'appels d'offres. Certes, le contrat de rachat prévoit des pénalités si l'installation n'atteint pas une disponibilité minimale ; mais, dans le cas de Gardanne, il a été jugé que la longueur, l'ampleur et les causes de la grève qui a paralysé le site ces dernières années justifiaient de ne pas les appliquer pour les années 2018 à 2020, ce qui explique la situation que vous mentionnez ! (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Guy Benarroche, pour la réplique.
M. Guy Benarroche. Madame la ministre, je vous remercie de répondre à cette question posée au ministre de l'économie et des finances…
Je vous ai également adressé une question écrite sur les problèmes posés par les méga-centrales biomasse, notamment l'approvisionnement en bois : elle est toujours sans réponse. Cette préoccupation a d'ailleurs été relayée dans une tribune du Monde d'hier, signée par 500 scientifiques et experts internationaux.
De plus, cette centrale se trouve dans un bassin industriel à l'avenir obscur, avec les boues rouges aux incidences écologiques préoccupantes – toujours acceptées par votre gouvernement –, et au devenir économique incertain après le rachat de l'usine par une entreprise guinéenne.
J'attendais aujourd'hui une position du Gouvernement sur l'aspect concurrentiel ou non de cette méga-centrale biomasse et des précisions sur un contrat qui reste opaque.
Enfin, j'aurais aimé apprendre du Gouvernement la véritable nature des relations liant sa politique énergétique au propriétaire, le groupe EPH du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, acquéreur de nombreuses centrales à charbon en Europe,…
M. le président. Il faut conclure.
M. Guy Benarroche. … intéressé par l'énergie lorsqu'elle est subventionnée par l'État et par ailleurs repreneur de nombreux médias français ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Source : senat.fr ↗
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