Psychiatrie
I Isabelle Raimond-PaveroLes Républicains Sénatrice — Indre-et-LoireLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/09/2021Mme Isabelle Raimond-Pavero. Madame la ministre, la crise sanitaire de la covid-19 a affecté tous les secteurs de la santé, plus particulièrement celui de la psychiatrie. L'enjeu est majeur, puisque l'on estime qu'une personne sur cinq sera potentiellement atteinte d'une maladie psychiatrique. Les confinements successifs, conjugués aux difficultés économiques et sociales, ont eu pour effet d'augmenter les syndromes dépressifs, anxieux et les addictions. Cette situation a engendré de nouveaux besoins en matière de santé mentale.
Avant même le début de la crise sanitaire, le contrôleur général des lieux de privation de liberté se faisait l'écho des nombreuses difficultés des établissements de santé mentale, au premier rang desquelles figurait la suroccupation constante, la pénurie de personnel soignant compétent ne permettant pas aux établissements d'offrir une même qualité de prise en charge. Dans tous les cas, la prise en charge reste insuffisante.
En dépit du professionnalisme et de la remarquable adaptabilité dont fait preuve le personnel soignant, les confinements successifs ont évidemment aggravé la situation. Durant cette même période, nombre de structures extrahospitalières, notamment les hôpitaux de jour, ont dû fermer.
Dans son dernier rapport d'activité publié au mois de juillet 2021, le contrôleur général des lieux de privation de liberté a relevé que, durant cette période, à défaut de directives de portée nationale, la situation a été gérée sur le fondement de décisions locales, avant qu'une concertation ne se mette en place autour des structures qui pilotent la psychiatrie au quotidien. Cela n'a pas été sans conséquence pour les patients qui, dans ce contexte, ont subi des restrictions excessives de leurs droits. Ainsi, il n'est pas surprenant de constater que, après le confinement, les services de santé mentale aient vu affluer des patients ayant renoncé à leurs soins pendant cette période, leur pathologie s'étant parfois aggravée.
Face à une crise inédite, à laquelle s'ajoute la mutation de la patientèle et de la demande collective, tout concourt au découragement et à l'épuisement des professionnels de la filière psychiatrique et à une baisse de la qualité et de l'efficacité des soins.
Madame la ministre, alors que se déroulent en ce moment même les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, quelles mesures concrètes envisagez-vous de prendre pour que le personnel soignant puisse travailler dans de meilleures conditions et offrir aux patients l'accompagnement et les soins de qualité auxquels ils ont légitimement droit ?
Mme le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargée de l'autonomie. Madame la sénatrice Isabelle Raimond-Pavero, vous l'avez rappelé, en ce moment même se déroule la deuxième journée des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie. S'il était besoin de démontrer l'intérêt que nous portons à cette question, ces Assises parlent d'elles-mêmes. Elles seront d'ailleurs également conclues par le Président de la République.
Dans le contexte sanitaire actuel qui met à rude épreuve l'ensemble de la société depuis plus de dix-huit mois, ces Assises vont permettre aux professionnels, aux patients, à leurs familles, ainsi qu'à tous les citoyens de s'informer et de débattre des sujets de santé mentale et de psychiatrie dans leurs grandes orientations.
J'ai eu l'honneur de conclure hier la première journée de ces Assises. J'ai été particulièrement impressionnée par la qualité des intervenants et des interventions, ainsi que par la pluralité des thématiques abordées. Je suis convaincue que ces Assises marqueront une étape clef et permettront d'avancer vers une meilleure prise en charge de la santé mentale des Français.
Si les conséquences de la crise sanitaire ont mis davantage en exergue l'enjeu majeur que constituent la psychiatrie et la santé mentale, notre mobilisation en faveur du renforcement de la psychiatrie est antérieure.
Nous avons soutenu financièrement les établissements de psychiatrie : 110 millions d'euros de crédits pérennes supplémentaires ont été octroyés aux établissements de psychiatrie publique par une dotation annuelle de financement en 2020 et en 2021. C'était l'une des priorités fixées dans la feuille de route de la psychiatrie et de la santé mentale.
Les appels à projets nationaux mis en place depuis 2019 concernant le fonds d'innovation en psychiatrie et en pédopsychiatrie ont été reconduits en 2020 et en 2021 afin de renforcer l'offre de psychiatrie et la qualité des soins aux patients. Ils ont permis, notamment, la création de lits dans les territoires les plus dépourvus, en particulier pour proposer des conditions adaptées à l'hospitalisation des mineurs.
Le Ségur de la santé renforce les centres médico- psychologiques (CMP) et les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) en psychologues. La revalorisation salariale et l'exercice mixte en ville et à l'hôpital contribueront à l'attractivité de cet exercice pour les psychiatres.
Nous sommes déterminés sur ce sujet et notre ambition pour la psychiatrie est constante. Le rendez-vous des Assises vient précisément le rappeler.
Source : senat.fr ↗
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