Situation dans les EHPAD
Philippe MouillerLes Républicains
Sénateur — Deux-Sèvres
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/06/2021M. Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargé de l'enfance et des familles. Monsieur le sénateur Mouiller, comme vous l'avez souligné, la crise sanitaire a mis en lumière les difficultés que rencontrent les métiers du soin dans leur ensemble, notamment un déficit d'attractivité lié aux salaires, ainsi que les établissements, qui sont souvent vétustes.
Dans le même temps, la pression s'accentue : d'ici à dix ans, plus de deux millions de personnes de plus de 75 ans supplémentaires seront en perte d'autonomie dans notre pays.
Cette question appelle une double réponse : à la fois d'un point de vue humain, en améliorant l'attractivité des métiers – je ne reviendrai pas sur les différentes mesures du Ségur de la santé –, et d'un point de vue structurel, en soutenant l'investissement dans les établissements. Nous menons une politique volontariste, sous l'autorité de Brigitte Bourguignon.
Le 9 mars dernier, le Premier ministre a lancé dans les Ehpad un grand plan d'aide à l'investissement de 2,1 milliards d'euros sur cinq ans, avec plus de 450 millions d'euros mobilisés dès cette année : 330 millions d'euros pour la rénovation, la reconstruction et l'extension des établissements et services médico-sociaux, 125 millions d'euros pour les investissements du quotidien dans les Ehpad, 20 millions d'euros pour les résidences autonomie et 5 millions d'euros pour des appels à projets nationaux.
La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, la CNSA, a d'ores et déjà élaboré un cahier des charges pour le versement de ces subventions. Nous incitons les établissements à se saisir rapidement de cette occasion sans précédent pour se moderniser et, ainsi, améliorer le quotidien des personnes âgées et des professionnels qui prennent soin de ces dernières.
M. le président. La parole est à M. Philippe Mouiller, pour la réplique.
M. Philippe Mouiller. Monsieur le secrétaire d'État, nous entendons les chiffres que vous nous donnez sur le volet immobilier du Ségur de la santé ; nous les connaissons et nous les saluons.
Toutefois, je ne suis pas certain que nous soyons capables de répondre aux besoins financiers dans l'ensemble des départements.
Le débat porte non seulement sur les conséquences de la crise sanitaire, mais aussi sur l'ensemble des décrets. Il faudrait une suspension ou un moratoire, à mon avis, car on demande aux structures de mener l'ensemble des investissements sur une même période, ce qui n'est pas tenable.
Vous l'avez dit, monsieur le secrétaire d'État, les chiffres annoncés à l'horizon de 2030 sont inquiétants. Le nombre de personnes en perte d'autonomie devrait être relativement élevé. Sans anticipation, nous serons en difficulté. Or 2030, en matière d'investissements, c'est demain matin.
Gouverner, c'est prévoir : nous sommes toujours dans l'attente d'une hypothétique grande loi sur l'autonomie, annoncée voilà trois ans par le Président de la République. Nous avons par anticipation voté la création d'une cinquième branche de sécurité sociale consacrée à l'autonomie voilà quelques mois, mais nous n'en connaissons ni les contours ni les grands enjeux.
Gouverner, c'est prévoir, et j'espère que vous n'avez pas en tête cet autre adage : « Gouverner, c'est faire croire. » (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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