Réforme du baccalauréat
Sonia de La ProvôtéUCI
Sénatrice — Calvados
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/07/2021M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Madame la sénatrice Sonia de la Provôté, votre question est importante, comme l'est le baccalauréat pour notre pays.
D'emblée, je veux préciser que le cadre général ne change pas : 60 % de contrôle général et 40 % de contrôle continu. La philosophie de ce choix, c'est d'avoir justement les vertus de l'un et de l'autre système : le contrôle général pour assurer à la fois une objectivation nationale et la capacité à avoir un moment de contrôle de l'élève, avec le risque de bachotage dont beaucoup se plaignaient auparavant ; 40 % de contrôle continu pour favoriser le travail continu de l'élève en première et en terminale. Je le répète, cela ne change pas : ce qui change, c'est que, à l'intérieur des 40 %, au lieu d'avoir les épreuves communes que nous avions installées voilà deux ans, il y a tout simplement le contrôle continu à l'échelle de l'établissement.
Nous avons proposé ces évolutions, car nous sommes à l'écoute de tous les acteurs et des organisations représentatives, regroupés dans un comité de suivi du baccalauréat. Je veux être clair : c'est dans ce cadre-là que j'ai procédé à tous les ajustements. Je rappelle, d'ailleurs, que cette réforme elle-même a été conçue en consultant énormément.
Je rappelle aussi que les évaluations communes ont été critiquées ici même, parfois par certains, qui, aujourd'hui, critiquent le passage au contrôle continu ; les mêmes, qui, d'ailleurs, ont manifesté voilà un mois ou deux pour que le contrôle continu passe à 100 % pour cette session.
Notre position est une position d'équilibre, c'est-à-dire qu'elle permet de bénéficier des vertus des deux systèmes, tout en instaurant de la simplicité. Elle va surtout nous permettre de faire évoluer des choses qui étaient vues comme des défauts jusqu'à 2018.
En effet, les problèmes que vous évoquez existaient déjà. Les notes pour être admis dans l'enseignement supérieur, même avant Parcoursup, étaient les notes de contrôle continu de tous les établissements de France. Votre reproche porte donc sur les années antérieures. Maintenant, nous pourrons contrôler les moyennes données par un établissement dans le cadre du contrôle continu et celles qu'obtiennent les élèves dans le cadre du contrôle général.
Nous allons progressivement objectiver le contrôle continu, ce qui fera progresser l'objectivité de la notation dans chaque établissement.
Madame la sénatrice, contrairement à ce que vous dites, nous avons la volonté de renforcer le baccalauréat, et on le voit d'ailleurs avec le grand oral, en ce moment même…
M. le président. Il faut conclure !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Cette réforme vise la régénération du baccalauréat. Plus que jamais, il aura de la valeur et un caractère national ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Sonia de La Provôté, pour la réplique.
Mme Sonia de La Provôté. Monsieur le ministre, vous comprendrez que nous soyons inquiets, et le flou de votre réponse aggrave cette inquiétude.
Où en est la promesse d'égalité républicaine, qui justifiait cette réforme, quand la première mesure d'ajustement est, au contraire, potentiellement source de plus d'inégalité ?
Où en est-on, monsieur le ministre, des mesures visant à ce que les jeunes des quartiers et des territoires ruraux aient les mêmes chances que ceux des centres-villes, alors que l'ascenseur social est en panne ?
Il faudra contrôler cette évaluation, et de très près ! (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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