Situation des sages-femmes
É Émilienne PoumirolSER Sénatrice — Haute-GaronneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/10/2021M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice Poumirol, je vous remercie de votre question. Ici, sur toutes les travées, tout le monde est d'accord pour dire que les sages-femmes font un travail formidable et précieux, et qu'elles méritent la reconnaissance de la représentation nationale.
Madame la sénatrice, pardonnez-moi, mais, à la mi-septembre, à la suite des travaux menés par l'IGAS, j'ai annoncé non pas une revalorisation des salaires des sages-femmes exerçant à l'hôpital de 100 euros, mais une revalorisation de 365 euros par mois en moyenne. Ce n'est pas tout à fait la même chose !
Grâce au Ségur de la santé et à quelques annonces complémentaires, les sages-femmes exerçant à l'hôpital percevront 4 500 euros net de plus par an. (M. François Patriat applaudit.) Personne ne dit que c'est trop, mais je vous défie de trouver dans les archives un exemple de revalorisation salariale d'agents publics qui équivaudrait à plus de 4 000 euros net par an. C'est simple, il n'y en a pas !
Grâce aux mesures annoncées par ce gouvernement, une sage-femme percevra près de 4 000 euros net par mois en fin de carrière. Encore une fois, personne ne dit que c'est trop, mais, de grâce, ne limitez pas le montant ce cette revalorisation à un niveau qui ne correspond pas à la réalité : ce n'est pas 100 euros, mais 360 euros net par mois en moyenne dont bénéficieront les sages-femmes, dont 180 euros grâce au Ségur de la santé, 100 euros de primes, et l'équivalent de 60 à 70 euros qui découle de la révision des grilles indiciaires.
Cet effort de la Nation représente 80 millions d'euros par an ; c'est un effort justifié, tout à fait normal, auquel il faut ajouter 18 millions d'euros dans le cadre de la convention médicale en cours de signature entre les syndicats libéraux et l'assurance maladie.
Madame la sénatrice, je veux vous dire, sans aucune provocation, que depuis un an et demi et mon entrée en fonction, ce gouvernement a autant augmenté les salaires des soignants de notre pays que les gouvernements de droite et de gauche réunis depuis plus d'un siècle. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Protestations sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
Mme Sophie Primas. Et les sages-femmes exerçant une activité libérale ?
M. Olivier Véran, ministre. Encore une fois, personne ne dit que c'est trop, mesdames, messieurs les sénateurs, mais, vous le constaterez, dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, cela correspondra à 10 milliards d'euros de revalorisation salariale.
Par ailleurs, les sages-femmes ont demandé la création d'une sixième année d'études : avec Frédérique Vidal, nous avons donc décidé de lancer une mission de préfiguration sur le sujet. Elles ont également demandé à être reconnues en tant que profession médicale : on va le leur accorder en créant une filière médicale au sein de la fonction publique hospitalière et en faisant en sorte qu'elles relèvent désormais des directions des affaires médicales.
Votre question, madame la sénatrice, m'a permis à la fois de redonner les chiffres exacts et de réaffirmer le soutien du Gouvernement à cette profession médicale. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Mme Sophie Primas. Quid des sages-femmes libérales ?
M. le président. La parole est à Mme Émilienne Poumirol, pour la réplique.
Mme Émilienne Poumirol. Certes, monsieur le ministre, j'entends bien les réformes que vous avez menées et les efforts très récents que vous avez consentis, mais il n'en demeure pas moins qu'il reste beaucoup de travail, notamment en ce qui concerne la réforme des études ou le statut des sages-femmes, qui constituent, je crois, le sujet le plus important, puisqu'il s'agit de leur principale revendication. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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