Pandora papers
Thierry CozicSER
Sénateur — Sarthe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/10/2021M. Olivier Dussopt, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargé des comptes publics. Comme je l'ai indiqué en réponse aux questions précédentes sur le même sujet, la direction générale des finances publiques (DGFiP) est pleinement mobilisée pour exploiter et analyser l'intégralité des données révélées par la presse dans le cadre de l'affaire Pandora Papers, et ce sur ma demande et celle de Bruno Le Maire.
Cette affaire, je tiens à le préciser, est une affaire internationale concernant 117 pays dans lesquels 600 journalistes ont mené des investigations. Les chiffres « énormissimes » qui viennent d'être rappelés ne concernent donc pas uniquement la France.
J'ai également eu l'occasion de souligner que, dans le cadre d'un autre scandale financier – les Panama Papers –, les investigations de la DGFiP ont permis de régulariser 657 dossiers, les autres dossiers ne concernant pas des contribuables français.
Que faire, me demandez-vous, monsieur le sénateur Cozic ? Nous appliquons la loi de 2018, avec la création d'une politique fiscale. Nos services, malgré le confinement et l'arrêt des contrôles sur pièces que celui-ci a entraîné en 2020, sont parvenus à encaisser près de 8 milliards d'euros de redressements et de sanctions, uniquement en France, dans le cadre de la lutte contre la fraude fiscale.
Au niveau européen, les échanges de données, portant sur 84 millions de comptes et concernant plusieurs milliers de milliards d'euros d'actifs, ont permis à l'Europe de détecter des fraudes et d'encaisser plus de 100 milliards d'euros de revenus complémentaires.
Nous avons mis en place des systèmes nouveaux, y compris d'information. Nous avons par exemple pérennisé le système de la rémunération des aviseurs, système proposé par votre collègue de l'Assemblée nationale, Christine Pires Beaune. Nous avons aussi développé des systèmes d'analyse de données – data mining, en mauvais français – et cette analyse de données, associée à l'intelligence artificielle, nous a permis de procéder à 800 millions d'euros de redressements l'année dernière.
C'est pourquoi, monsieur le sénateur Cozic, face à votre colère, je ne peux qu'exprimer un regret : vous auriez pu voter les outils et les crédits permettant à l'administration fiscale de développer cette analyse de données ; vous ne l'avez pas fait ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Exclamations sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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