Crise énergétique
Posée le 26/03/2026 • Ministère interrogé : Premier ministre
Thierry Cozic SER
Sénateur — Sarthe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/03/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'énergie, porte-parole du Gouvernement.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, vous l'avez dit, monsieur le sénateur, des conséquences évidentes affectent la vie économique française. Il manque aujourd'hui 16 millions de barils par jour en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent en temps normal 20 % du pétrole et 20 % du gaz à l'échelle mondiale.
Nous sommes tous conscients des répercussions de cette situation sur les familles françaises et, potentiellement, sur les secteurs économiques. Récemment encore, mes collègues et moi-même avons rencontré les agriculteurs, les pêcheurs et les transporteurs.
Il convient d'aborder l'évolution des prix avec une grande humilité. Vous évoquez le cours du baril : entre les valeurs d'hier et celles d'aujourd'hui, au gré des déclarations du président américain, une volatilité absolument inouïe s'observe et nous conduit, les uns et les autres, à la plus grande prudence dans nos prises de parole.
Nous avons rencontré les distributeurs à plusieurs reprises. Vous mentionnez l'encadrement des marges : nous ne sommes pas dans une économie administrée. Notre responsabilité, en revanche, consiste à nous assurer de l'absence de marge indue ou d'augmentation du niveau des marges par les distributeurs. C'est ce que nous vérifions quotidiennement avec mon collègue Serge Papin.
En l'occurrence, d'après toutes les mesures à notre disposition - et nous avons les remontées des prix sur tout le territoire national, station-service par station-service -, aucune augmentation indue des marges n'a été constatée de la part des distributeurs.
De même, nous veillons à ce que la répercussion des baisses du cours du baril de Brent à la pompe se fasse aussi rapidement que pour les hausses.
Enfin, nous agissons pour accompagner les secteurs économiques. Un certain nombre d'entre eux - le Premier ministre vient de le dire - ne peuvent attendre. Je le répète, ce que nous avons présenté ne vaut pas solde de tout compte. Nous commençons par les accompagner avec des mesures sur la trésorerie, des reports possibles de charges fiscales et sociales et la mobilisation du secteur bancaire. Celui-ci s'engage à suivre, situation par situation, les entreprises, notamment les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME) en difficulté, pour leur apporter, là encore, des solutions. Nous resterons bien évidemment mobilisés.
Je conclurai par un mot concernant le déficit public, que nous devons maintenir à 5 %. Cet objectif revêt une grande importance, car c'est ce qui nous permettra d'investir, notamment dans la transition énergétique.
M. le président. Il faut conclure.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. L'argent magique n'existe pas.
M. Thierry Cozic. Ce n'est pas le sujet !
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Ce que le consommateur ne paie pas aujourd'hui, le contribuable le paiera demain. Je ne le dis pas spécifiquement à votre attention, monsieur le sénateur, mais il me semble utile de le rappeler. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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