Suicides et malaises dans la police
Pierre-Antoine LeviUCI
Sénateur — Tarn-et-Garonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/01/2022M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, je m'associe évidemment à votre message de soutien face à la détresse des policiers et des gendarmes qui se sont suicidés depuis le début de l'année.
En moyenne, il y a plusieurs dizaines de suicides par an – c'était le cas l'année dernière – au sein de l'administration que j'ai l'honneur de diriger. Et cela se produit souvent avec l'arme de service, dans les locaux des brigades de gendarmerie ou dans les commissariats de police.
Je connaissais le fonctionnaire que vous évoquez. Major de sa promotion, il faisait partie de la centaine de nouveaux effectifs que nous avions envoyés à Marseille. Il avait choisi les quartiers nord. Il était courageux ; le Président de la République l'avait également rencontré. Il était plein de jeunesse. Son geste touche bien entendu toute la police nationale, ses collègues de Marseille et pose des questions à l'administration qui le dirigeait.
Si l'essentiel de ces suicides – et je ne dis évidemment pas cela pour les minimiser – ont un lien direct avec la vie personnelle des fonctionnaires concernés, et si le fait d'être policier ou gendarme et d'avoir son arme de service contribue malheureusement à des passages à l'acte plus que dans d'autres services de l'État, l'administration ne se dédouane pas face aux drames que nous connaissons.
En 2019, mon prédécesseur avait mobilisé des moyens très importants pour pouvoir lutter contre les suicides dans la police nationale. J'ai décidé de les faire évaluer par une société de conseil extérieure.
La semaine dernière, à ma demande, le directeur général de la police nationale a réuni l'ensemble des syndicats. D'un commun accord, il a été décidé de recruter une vingtaine de psychologues dans les services les plus difficiles de la police nationale et d'accorder davantage de moyens budgétaires et humains aux associations, notamment à celles qui aident les familles des policiers qui se suicident. En outre, indépendamment des conseils de leur hiérarchie, les agents pourront contacter une cellule « policiers victimes » lorsqu'ils se sentent en difficulté.
Je vous remercie d'avoir posé cette question délicate, monsieur le sénateur. Il n'existe pas de mesures miracles, mais je vous assure que nous essayons de faire le maximum pour les policiers. (MM. Ludovic Haye, François Patriat, Arnaud de Belenet et Pierre Louault applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Pierre-Antoine Levi, pour la réplique.
M. Pierre-Antoine Levi. Je vous remercie pour vos explications, monsieur le ministre.
Les faits sont têtus : tous les jours, des policiers commettent l'irréparable, en dépit de toutes les mesures qui sont prises. C'est sans doute le signe que celles-ci ne sont pas suffisantes et que ces actes traduisent un mal beaucoup plus profond.
Il faut aussi écouter et accompagner, car la dimension humaine est beaucoup plus importante que les aspects matériels. (Applaudissements sur les travées du groupe UC et sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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