Soutien de l'éducation nationale au film consacré à Samuel Paty
Pierre-Antoine LeviUC
Sénateur — Tarn-et-Garonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/07/2026M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Monsieur le sénateur Levi, vous avez raison de souligner la qualité de L'Abandon. C'est un film objectivement remarquable, qui décortique la mécanique délétère ayant entraîné l'assassinat par un terroriste islamiste de Samuel Paty, mort pour avoir exercé son métier de professeur. Qui l'a vu - et j'imagine que vous êtes nombreux à l'avoir déjà fait - ne peut qu'en ressortir profondément touché et ébranlé. C'est l'un des rares films où, à la fin, le public reste assis pendant la quasi-totalité du générique, tant il est touché au coeur par ce qu'il a vu et par ce qui s'est passé.
Ce film est donc, à mon sens, d'intérêt général. Nous faisons en sorte que tous les enseignants qui veulent le voir puissent le faire, mais surtout qu'ils soient outillés pour en discuter avec leurs élèves. La raison en est simple : un jeune collégien d'aujourd'hui était un enfant, et même un assez jeune enfant, à l'époque des faits. En réalité, cette tragédie ne parle déjà plus à beaucoup de nos élèves. Il est donc essentiel de remettre le film dans son contexte, de leur expliquer ce qui s'est passé et d'ouvrir ensuite le débat, notamment sur la liberté d'expression, sur le rôle du professeur et sur tout ce qui s'ensuit. Cela me semble essentiel. Un dossier pédagogique est en cours de finalisation ; il sera publié et mis à la disposition de tous les professeurs pour la préparation de ces séances dans le cadre des équipes pédagogiques.
Faut-il maintenant franchir le cap de rendre le visionnage du film obligatoire ? De mon point de vue, la réponse est non, et je vais vous expliquer pourquoi. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) En application du principe de liberté pédagogique, tout professeur doit avoir le choix de le diffuser ou pas. Certains enseignants, d'ailleurs, ne sont pas en situation objective de le regarder, pour des raisons évidentes que chacun peut comprendre. J'en ai discuté avec un certain nombre d'entre eux.
Nous opterons donc pour une incitation massive, notamment à l'occasion de la cérémonie du 16 octobre. Il ne s'agira pas d'une obligation, mais j'espère bien que nous tous, ici, participerons à la diffusion de ce film d'intérêt général. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes UC et RDSE.)
Source : senat.fr ↗
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