Calcul de la dotation globale de fonctionnement
P Philippe BonnecarrèreUC Sénateur — TarnLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/01/2023M. Philippe Bonnecarrère. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur le caractère que j'ai qualifié, par pudeur, de « difficilement explicable et justifiable » de la dotation globale de fonctionnement perçue par la commune de Labastide-de-Lévis. Cette commune particulièrement honorable du département du Tarn compte près de 1 000 habitants et perçoit une DGF de 58 euros par habitant en 2022.
Je me suis permis de transmettre, à l'intention du ministère du budget, un tableau faisant apparaître deux éléments. Tout d'abord, il existe un écart d'un à six en matière de DGF au sein de l'intercommunalité entre la commune de Labastide-de-Lévis et la commune qui perçoit le plus haut niveau de DGF. Ensuite, la commune la moins dotée après Labastide-de-Lévis perçoit tout de même le double de ce que celle-ci perçoit.
Nous avons eu beaucoup de difficultés à obtenir des réponses. Une réponse récente, qui ne convainc pas du tout la commune, met en avant le niveau des revenus, dont nous ne pouvons obtenir de justificatif de la part de l'administration, et les valeurs locatives, dont le Gouvernement sait bien qu'elles sont obsolètes.
En résumé, nous avons l'impression de nous trouver dans une situation de profonde injustice. Madame la secrétaire d'État, êtes-vous en mesure d'apporter une réponse constructive à cette commune, afin de corriger une situation que je qualifierai d'« anormalement défavorable » ?
M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Sarah El Haïry, secrétaire d'État auprès du ministre des armées et du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, chargée de la jeunesse et du service national universel. Monsieur le sénateur, il ne faut pas laisser s'installer des sentiments d'injustice : notre pacte social est en jeu quand surgissent de telles incompréhensions ou lorsque l'on ne parvient pas à obtenir de réponse à ses interrogations. Au-delà même de la question technique se pose celle de la relation entre l'État et les élus locaux.
En 2022, le potentiel financier par habitant de la commune de Labastide-de-Lévis est passé de 753 euros à 809 euros. Cette progression est pour une grande partie attribuable à la modification de la répartition et de l'enveloppe dédiée aux attributions de compensation de l'intercommunalité.
Jusqu'à l'année 2020 incluse, la communauté d'agglomération prélevait 7,4 millions d'euros sur ses communes membres. À partir de 2022, la communauté d'agglomération leur a reversé 5,8 millions d'euros. Le niveau de la DGF alloué en 2022 à la commune de Labastide-de-Lévis a ainsi été orienté à la baisse, diminuant de 66 591 euros à 56 195 euros.
Cela s'explique par deux mécanismes de répartition distincts, qui s'appuient sur des indicateurs parfaitement objectifs. La commune dispose depuis 2022 d'un niveau de ressources fiscales réelles et potentielles qui est globalement supérieur à la moyenne – les fameux 809 euros par habitant, contre 757 euros en moyenne dans les communes comptant entre 500 et 1 000 habitants. Elle a donc subi un écrêtement de sa dotation forfaitaire conduisant à sa diminution d'environ 1 885 euros.
Ce mécanisme est suspendu par la loi de finances pour 2023 et n'affectera donc pas la DGF de la commune en 2023. Si la population de la commune augmente, cette dotation forfaire en fera de même.
S'agissant des dotations de péréquation, l'augmentation du potentiel financier de la commune en 2021 et 2022 a fait perdre à cette dernière son éligibilité à la dotation nationale de péréquation, qui représentait 9 318 euros en 2021.
Monsieur le sénateur, la suite de la réponse est technique. Je me tiens à votre disposition pour vous la communiquer ultérieurement, de même que l'ensemble des réponses attendues par les élus locaux, afin de ne pas laisser s'installer un sentiment d'injustice.
M. le président. La parole est à M. Philippe Bonnecarrère, pour la réplique.
M. Philippe Bonnecarrère. Je vous remercie de ces éléments, madame la secrétaire d'État. Je ne suis pas tout à fait convaincu par l'argument de la dotation de compensation par l'agglomération, puisque nous aurions, le cas échéant, des effets homogènes sur l'ensemble des communes de cette intercommunalité.
Tout en prenant acte de vos indications, nous avons vraiment le sentiment qu'il y a une injustice.
Si je devais résumer la situation, lorsqu'une équation aboutit à un résultat absurde, on la refait. Et si l'on obtient toujours un résultat absurde, il y a deux solutions : soit la formule n'est pas bonne, soit les données que l'on intègre ne sont pas bonnes.
Notre sentiment est que les données intégrées ne sont pas bonnes. Aussi, nous vous demandons, madame la secrétaire d'État, de les vérifier de nouveau.
Source : senat.fr ↗
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