Situation judiciaire du garde des sceaux
Guillaume GontardGEST
Sénateur — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/10/2022Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président Gontard, comme j'ai eu l'occasion de le dire hier à l'Assemblée nationale, j'ai pris acte de la décision rendue lundi de renvoyer Éric Dupond-Moretti devant la Cour de justice de la République. Comme chacun d'entre vous, je suis attachée à la séparation de l'exécutif, du législatif et de l'autorité judiciaire. Je ne commenterai donc pas cette décision.
En revanche, je veux rappeler deux éléments fondamentaux pour notre État de droit. Le premier, c'est l'indépendance de la justice – l'un des piliers de notre démocratie.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. On parle du garde des sceaux !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Le second, c'est la présomption d'innocence ; elle aussi protège chacun, elle aussi est primordiale dans un État démocratique. Ces principes n'appellent ni commentaire ni exception.
Dès lors, une seule question se pose : cette situation affecte-t-elle le fonctionnement du ministère de la justice ? (Oui ! sur plusieurs travées.) Ma réponse est claire et se fonde sur plusieurs mois de travail avec le ministre. Le ministère de la justice se réforme, se transforme, avance et il voit ses moyens atteindre des niveaux inédits.
M. Guy Benarroche. Quel rapport ?
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Des réformes profondes s'engagent, notamment à la suite des États généraux de la justice. L'engagement du ministre est résolu, solide et indéfectible.
M. Jean-Pierre Sueur. Cela n'a rien à voir avec le sujet.
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Pour les dossiers où Éric Dupond-Moretti est un justiciable comme les autres…
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Il est garde des sceaux, pas un justiciable comme les autres…
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. … ou pour ceux qu'il a pu connaître en tant qu'avocat, nous avons mis en place un dispositif de déport exigeant et efficace. Ce dispositif me conduit à piloter en direct une série de sujets. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI et sur des travées du groupe INDEP.)
M. le président. La parole est à M. Guillaume Gontard, pour la réplique.
M. Guillaume Gontard. Madame la Première ministre, je pense que vous n'avez pas bien compris.
Ici, le sujet n'est pas la présomption d'innocence, mais le respect de la parole donnée, qui plus est celui de la parole présidentielle.
Le sujet, c'est de ne pas ternir l'image du gouvernement de la France.
Le sujet, c'est de disposer de ministres à temps plein au service des Françaises et des Français.
Le sujet, c'est la sérénité dans laquelle doit être prise la décision de justice, a fortiori quand le justiciable est le garde des sceaux.
Le sujet, c'est la préservation de l'indépendance de la justice.
Emmanuel Macron nous avait promis l'exemplarité politique, de mise sous François Hollande, mais il nous ramène aux pratiques délétères des présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.), alors que la crise démocratique est plus profonde que jamais, que l'extrême droite est aux portes du pouvoir et que les fascistes l'ont conquis de l'autre côté des Alpes.
Votre responsabilité devant l'Histoire est considérable, madame la Première ministre, et il est encore temps de prendre la bonne décision ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées des groupes GEST et SER.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Guillaume Gontard
Gestion des risques incendie des panneaux photovoltaïques
Publication des derniers décrets d'application de la loi relative à la protection des enfants
Gestion de la canicule par le Gouvernement et inaction climatique
Conditions d'enseignement et d'examen durant les canicules