Blocages dans les raffineries et les centrales nucléaires
Claude MalhuretLes Indépendants
Sénateur — Allier
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/10/2022Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président Malhuret, le conflit social chez Total et Esso a des répercussions dans tout notre pays et touche le quotidien de millions de Français.
Comme vous, monsieur le président, j'entends et je partage les préoccupations de nos concitoyens, qui craignent de ne pas avoir de carburant pour aller travailler, de ne plus voir leur aide à domicile qui ne peut plus circuler, ou de devoir renoncer à retrouver leurs proches pendant les vacances de la Toussaint.
Pour eux, nous devions agir fort et vite. En lien avec le Président de la République, le Gouvernement est totalement mobilisé et je réunis quotidiennement une cellule interministérielle de crise pour coordonner l'action des services de l'État.
Dès les premiers jours de la grève, nous avons pris des mesures pour augmenter les livraisons de carburant dans les stations-service. Nous avons notamment libéré des stocks stratégiques de l'État, nous avons augmenté les importations, nous avons autorisé l'ouverture des dépôts et les livraisons le week-end.
Ces mesures ont eu des effets importants sur les livraisons de carburant et, ces derniers jours, celles-ci étaient jusqu'à deux fois plus nombreuses qu'en temps normal.
Mais, compte tenu des inquiétudes des Français face au risque de pénurie, nous avons assisté à une augmentation de la demande plus forte que cette augmentation des livraisons. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Sophie Primas. C'est la faute des Français…
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Aussi, il était essentiel de sortir du conflit social. Je me suis impliquée personnellement pour que le dialogue social ait lieu chez Esso et chez Total. Dans ces deux entreprises, des accords ont pu être signés avec des syndicats représentant une majorité de salariés.
Quand il y a un accord majoritaire, le travail doit reprendre ! Une minorité ne peut pas, ne doit pas bloquer le pays. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, INDEP, RDSE et UC.)
M. Loïc Hervé. Très bien !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé aux préfets de réquisitionner, dans certains dépôts, les personnels nécessaires à leur fonctionnement. Aujourd'hui, avec la fin du conflit social chez Esso et l'ensemble des mesures prises par le Gouvernement, la situation continue à s'améliorer nettement.
Sur le plan national, ce matin, 20 % des stations étaient en rupture sur au moins un produit ; elles étaient 30 % ce week-end.
Puisque la situation peut être contrastée selon les territoires, je voudrais souligner que la situation s'améliore partout. Dans les Hauts-de-France, on était à 55 % de stations en rupture il y a une semaine ; nous sommes aujourd'hui à 15 %. En Île-de-France, la situation s'améliore également, le taux de stations bloquées ayant diminué de 8 points. Dans votre région, en Auvergne-Rhône-Alpes, le déblocage du dépôt de Feyzin permet des améliorations sensibles : depuis hier matin, nous sommes passés de 36 % à 26 % de stations en rupture.
Mme Anne Chain-Larché. Tout va bien !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Je sais que la situation est encore difficile pour beaucoup de nos compatriotes, mais la dynamique est là et je veux une nouvelle fois appeler les salariés grévistes à reprendre le travail. Il est inacceptable qu'une minorité bloque un pays. De notre côté, monsieur le président Malhuret, nous continuerons à agir jusqu'au retour à la normale. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, RDSE et INDEP, ainsi que sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Claude Malhuret
Violences ayant eu lieu en France le 17 octobre 2026
Régulation des outils d'intelligence artificielle dans la perspective des échéances électorales
Régime des congés pour raisons de santé des agents publics hospitaliers atteints de maladies neurodégénératives évolutives, et particulièrement de la maladie de Parkinson
Déduction fiscale liées aux travaux réalisés sur les monuments historiques