Lutte contre la pollution industrielle et COP27
A Alain RichardRDPI Sénateur — Val-d'OiseLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/11/2022M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Richard, laissez-moi vous raconter une histoire… (Exclamations.) Pas une histoire à dormir debout, une histoire à rêver debout !
Cette histoire, c'est celle du site de Solvay, que nous avons visité ce matin avec Roland Lescure, le ministre chargé de l'industrie.
M. Jean-François Husson. En Meurthe-et-Moselle !
M. Bruno Le Maire, ministre. Le site a un siècle d'histoire industrielle derrière lui. Il fabrique des produits chimiques – carbonate de soude, bicarbonate de soude –, en utilisant comme énergie du charbon importé de Russie. Il émet donc beaucoup de CO2, rencontre des problèmes de compétitivité et ne répond plus aux standards les plus innovants ni à nos exigences environnementales.
Ce site est en train d'opérer une révolution énergétique et industrielle. Il va transformer sa ressource énergétique à base de charbon en utilisant les déchets recyclables de tout le bassin géographique, pour réduire son empreinte carbone, améliorer sa compétitivité et ouvrir un nouveau siècle d'histoire industrielle.
Je veux rendre hommage aux ouvriers, aux ingénieurs, aux techniciens, aux entrepreneurs, à Solvay, qui opèrent cette révolution industrielle et environnementale.
Cette décarbonation – cette histoire à rêver debout – doit être l'histoire de tous les grands sites industriels français, notamment des 50 sites industriels choisis par le Président de la République, auxquels nous allons apporter 5 milliards d'euros d'aide immédiatement et 5 milliards d'euros d'aide complémentaire, s'ils nous suivent dans cette voie de la décarbonation, dont l'objectif est de nous permettre d'avoir, demain, l'industrie la plus décarbonée de la planète.
Voilà une grande ambition pour la France ! Voilà l'objectif que nous nous sommes fixé, avec le Président de la République !
Pour atteindre cet objectif, nous allons compléter l'accompagnement de chacun de ces 50 sites par deux décisions.
La première consiste à soutenir ces entreprises dans les mois à venir pour leur permettre de faire face à l'explosion de leurs factures d'énergie et, donc, d'accomplir une transition avec l'accompagnement de l'État.
La seconde est d'accélérer la mise en place d'une taxe carbone aux frontières.
Mme Marie-Noëlle Lienemann. Avec trente ans de retard !
M. Bruno Le Maire, ministre. En effet, la décarbonation de notre industrie, condition de la construction de l'avenir industriel français, doit aussi se faire sur la base d'une concurrence équitable, en évitant d'importer des produits fabriqués en dehors des frontières de l'Union européenne qui, eux, continuent d'engendrer de la pollution. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI et sur des travées du groupe RDSE.)
Source : senat.fr ↗
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