Quartiers disciplinaires
Guy BenarrocheGEST
Sénateur — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/01/2023M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, ministre de la justice. Monsieur le sénateur Benarroche, je vous communiquerai très volontiers les chiffres ; je demanderai à la direction de l'administration pénitentiaire de me les transmettre.
De grâce, ne laissons pas entendre que le quartier disciplinaire, autrement appelé « mitard », serait le lieu de l'arbitraire absolu. Je le rappelle, un détenu, lorsqu'il est envoyé au mitard, comparaît devant une commission composée du directeur de l'établissement pénitentiaire et d'un assesseur venant de la société civile. Il peut également être défendu par un avocat.
Nous avons évoqué au Sénat, dans le cadre de l'examen d'une proposition de loi déposée par M. François-Noël Buffet,…
M. Marc-Philippe Daubresse. Par l'excellent François-Noël Buffet ! (Sourires.)
M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux. … les conditions indignes, auxquelles nous sommes particulièrement sensibles, qui concernent la détention ordinaire comme les quartiers disciplinaires.
À ce titre, je vous indique que nous avons consacré plus de 130 millions d'euros par an à la rénovation des prisons. Reste que les choses ne se font pas en un claquement de doigts ! J'ai déjà eu, hélas ! le déplaisir de le dire, la justice a subi un abandon de trois décennies sur les plans humain, budgétaire et politique.
Par ailleurs, s'agissant des suicides, le quartier disciplinaire peut bien évidemment constituer un facteur « favorisant », si j'ose dire. Nous sommes très attentifs à ce point. Le personnel pénitentiaire prend un certain nombre de dispositions et nous faisons venir des médecins. Vous l'avez compris, le suicide d'un détenu, c'est un échec.
Monsieur le sénateur, je vous ouvre la porte de la Chancellerie, afin de vous communiquer très prochainement les chiffres sur ce sujet. Nous réfléchirons ensemble à ce que vous avez proposé. Toutefois, je le dis, ce point n'est pas, pour le moment, à l'ordre du jour. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Guy Benarroche, pour la réplique.
M. Guy Benarroche. Je vous remercie de votre réponse, monsieur le garde des sceaux. Simplement, certains processus administratifs sont susceptibles de créer des problèmes.
Par exemple, des détenus sont au quartier disciplinaire parce que leurs téléphones portables ne sont pas ceux qui sont mis à disposition par l'administration. Or, en vertu de contrats passés par le ministère, le coût d'un appel autorisé est dix fois plus élevé que celui d'un appel ordinaire ! Il faut donc prendre les mesures nécessaires, y compris s'agissant des marchés publics conclus pour ces matériels.
Source : senat.fr ↗
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