Concessions autoroutières
M Marie-Noëlle LienemannCRCE Sénatrice — ParisLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/02/2023M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Avant de répondre à Mme la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, je voudrais compléter en quelques mots ma réponse à M. Delahaye : le Gouvernement est prêt à travailler avec vous, monsieur le sénateur, sur l'avenir des concessions et la manière dont il convient d'en préparer la sortie, quand nous aurons clos la phase contentieuse que j'évoquais tout à l'heure, donc certainement après le mois de mars prochain.
Madame la sénatrice, le Gouvernement est-il prêt à travailler à la perspective de la renationalisation des autoroutes ? Ma réponse est la même que celle que la Haute Assemblée a apportée à la proposition de loi déposée par votre groupe : non. (Ah ! sur les travées du groupe CRCE.)
La renationalisation, c'est 50 milliards d'euros ! Or nous avons la conviction que nous devons utiliser cette somme non pas au service de la route, mais plutôt au service de la décarbonation des transports – reports fluviaux, investissements dans le ferroviaire, etc.
Dépenser de l'argent pour racheter les autoroutes irait à l'encontre de la transition écologique et se traduirait à la fin par une mauvaise allocation des ressources publiques.
M. Fabien Gay. Et les dividendes ?
M. Christophe Béchu, ministre. Je vous signale d'ailleurs que le fameux rapport sénatorial que vous avez vous-même cité, madame la sénatrice, a justement abouti à la conclusion que la renationalisation était une fausse bonne idée, une mauvaise piste. (Brouhaha sur les travées du groupe CRCE.)
La véritable question est de savoir comment augmenter la contribution des sociétés d'autoroutes. C'est dans cette voie que nous nous sommes engagés dans le cadre de la loi de finances pour 2020, en indexant sur l'inflation la taxe d'aménagement du territoire. Je rappelle aussi, de ce point de vue, la victoire juridique que nous avons enregistrée au début du mois de janvier et dont j'ai déjà parlé.
Nous continuons à travailler dans ce sens avec le même objectif : financer via la route une partie du report modal. D'ailleurs, nos réflexions sur l'équilibre général des contrats de concession doivent intégrer la question de la décarbonation, y compris celle des transports routiers, qui nécessite d'importants engagements.
Mme Cathy Apourceau-Poly. Il n'y a pas que des dépenses ; il y a aussi des recettes !
Source : senat.fr ↗
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